Ca avait commencé dès le matin au réveil. En sortant du lit, il lui manquait son pied gauche. Des petites choses comme ça qui font qu'une journée commence mal.
- Tu n'aurais pas vu mon pied chérie? lui avais demandé Nicolas en cherchant sous le lit.
- Hier soir, tu l'as pris un court moment et ensuite tu t'es endormi. Je ne sais pas ce que tu en as fait moi. Avais répondu Elise en changeant le filtre de la cafetière. Une brave fille cette Elise, elle supporte toutes les excentricités de son copain avec flegme. Une jolie fille un peu bête, mais pleine de bon sens. Sans son café elle n'arrive jamais à rien, alors elle s'en prépare un avant d'aider Nicolas à chercher son pied.
Il était dans la douche. Les trente minutes qu'il a passé à fouiller le duplex ont finit par le mettre de franchement mauvaise humeur. Nicolas n'a pas eu le temps de prendre un café, lui, il a juste eu le temps de prendre le bus. Un bus plein de gens qui lui ressemblent, les coins de bouche tendant vers le bas, les yeux vitreux. Il n'a même pas eu le temps d'enfiler de vêtements, ça lui arrive souvent. Mais le temps c'est de l'argent, il lui suffira donc d'arriver en avance pour pouvoir s'acheter un costume flambant neuf une fois arrivé à la gare. Soudain quelque chose vient s'écraser violemment contre son crâne dans un bruit mat.
- Jeudi! s'exclame-t-il en se protégeant la tête avec les mains.
- Quel sale temps pas vrai? lui adjoint son camarade de bus avec une mine compatissante. Ca faisait longtemps qu'il n'avait pas plut des cordes par-ici. Celles-là ont même des noeuds dites-donc.
Nicolas contemple le noeud marin qui git à ses pieds en songeant qu'il devra aussi s'acheter un parapluie.
Le nez dans sa feuille, Nicolas a du mal à respirer, alors il recule un peu. Voilà, c'est bien mieux maintenant. Enfin pas vraiment. Sur la feuille il y a des chiffres et des lettres de différentes tailles, assemblées aléatoirement en cercles concentriques, qui tournent en sens inverses les uns par rapport aux autres. Il ne comprend pas ce qu'il doit faire. La seule indication lisible est le titre: "CECI EST UN TEST", écrit en caractère gras, italique souligné, et police gothique. Bien qu'il ai étudié le norvégien trois années durant, il ne comprend pas bien ce qu'il doit faire. Les gens autour de lui grattent frénétiquement des piles de feuilles de brouillon avec leurs ongles acérés. Ce sont tous des rapaces, il paraît que c'est ce que recherchent les employeurs dans son secteur. Résigné, Nicolas regarde au-dehors, à travers la large baie vitrée du bureau dans lequel il l'ont installé. Il a arrêté de pleuvoir. Les nuages ont de jolis sourires et de longs cheveux soyeux. Il fait beau.
- Bien, montrez moi votre CV jeune homme. Lui demande le RH à grosse tête. Nicolas lui pointe du doigt un bout de papier qui traine sur la table.
- Très bien jeune homme! s'exclame-t-il étonné. Vous avez un superbe sens de l'observation. Il était, en effet, sur la table! Il marque une pause, admiratif, avant de reprendre. Je vois également que vous n'avez fait aucune faute à notre test de logique.
- Je n'ai répondu à aucune question Monsieur...Répond Nicolas d'un air las.
- Oui mais au moins, vous ne chiez pas sur les sièges, et vous ne foutez pas des plumes partout comme les autres! Il part soudain dans un grand rire vaginal, aigu et hoquetant. Il rigole tellement bien qu'on dirait qu'il va s'étouffer. Nicolas, pragmatique se lève et fait le tour de la table. Il lui assène une grande gifle puis va se rassoir.
- Vous m'avez sauvé la vie! J'ai failli mourir de rire! Comment avez-vous su?
- Vous étiez bleu Monsieur...Et puis vous ne respiriez plus...
Le RH essuie du revers de la manche les quelques larmes qui glissent contre sa joue et reprend son souffle, un sourire goguenard aux lèvres.
- Vous me plaisez beaucoup jeune homme!!
- J'ai 67 ans Monsieur...
- Et bien moi j'en ai 35. Voilà, les présentations sont faites!
Le recruteur à grosse tête se lève et lui tend la main, visiblement ému. Nicolas l'imite sans trop de conviction. Ils se serrent la main.
- Vous commencez demain! A bientôt!
Sur le retour il avait plut aussi, mais des chiens et des chats cette fois, car il y avait un anglais dans le bus. Il avait raconté sa journée à Elise. La pluie, les rapaces, le RH à grosse tête...Elle avait sourit et l'avait embrassé tendrement.
- Tu as passé une dure journée...euh...
- Nicolas.
- Oui, c'est ça! Tu as passé une dure journée Nicolas. Prends un bon café et ça ira mieux.
Le café semblait régler tous les problèmes d'Elise, mais pas les siens. D'ailleurs que faisait elle à la maison toute la journée à part en boire des litres entiers?
- C'était un entretien pour quoi au fait? lui demande-t-elle soudain en amenant la cafetière à sa bouche.
- Je ne me souviens plus...Je verrai demain.
Des mots, des textes, divagations de l'auteur. Je cultive l'étrange et le sensuel, le non-sens. Ce qui donne du piquant à la vie. J'aime écrire et j'espère que vous aimerez aussi...N'oubliez pas de tirer la chasse en partant.
mardi 28 juillet 2009
lundi 6 juillet 2009
Je mange un chien...
C'est fou cet amour que j'ai pour les titres idiots, cette propension que j'ai à tenter de créer des effets d'annonces. Une volonté farouche de forcer le décalé, de faire l'imbécile et de jouer avec les mots, les sons, juste pour le plaisir de tapoter mon clavier. Une sorte de branlette de l'égo en somme? C'est marrant, parce que si j'avais prononcé la phrase précédente à haute voix, on aurait pu croire que je tentais de masturber un jouet danois, alors qu'en fait il n'en est rien. C'est fascinant non?
Bref, ce penchant, un brin déviant, pour les associations de mots peu orthodoxes me vient de la petite enfance. C'était une belle époque. Un âge d'or pour les extravagants du langage et les rigolos rigolards. Un temps où un "bébé cadum", ou encore un "prout chat rideau" ou quelques autres expressions farfelues bien placées rendaient un quidam populaire, drôle, charmant, voir parfois puissant. C'étaient les balbutiements du langage. Les mots n'avaient pas de sens réel, mais possédaient une sorte de pouvoir magique. Il fallait trouver la combinaison lexicale parfaite, dans le bon ordre et dans les bonnes proportions pour obtenir un effet maximal. Mon style, ainsi que les fondements de mon humour proviennent de cette époque, où, chaque enfant était à la fois un poète visionnaire et un Jean-Marie Bigard en puissance.
Pourquoi je vous parle de tout ça? Parce que j'avais rudement envie d'écrire et ce depuis quelques temps. D'ailleurs, quel est le crétin qui à inventé cette expression? "Rudement"...Parfois à force de les entendre ou de les dire, les mots perdent de leur sens et deviennent d'étranges étrangers. Et je dois dire que le malaise qui en découle est une de mes grandes drogues. Redécouvrir un mot est toujours une grande joie, vous ne trouvez pas? Mais je m'écarte du sujet (y en a-t-il un au moins?). Donc, j'avais envie d'écrire, et après le visionnage cette après-midi du film 'La Bostella', je me suis dit qu'il était temps de s'y remettre. Edouard Baer est un type sympa qui m'inspire énormément et je lui dédicace ce petit article inutile, qui n'a aucun autre but que celui de m'épancher.
Et surtout un joyeux Noël!
Bref, ce penchant, un brin déviant, pour les associations de mots peu orthodoxes me vient de la petite enfance. C'était une belle époque. Un âge d'or pour les extravagants du langage et les rigolos rigolards. Un temps où un "bébé cadum", ou encore un "prout chat rideau" ou quelques autres expressions farfelues bien placées rendaient un quidam populaire, drôle, charmant, voir parfois puissant. C'étaient les balbutiements du langage. Les mots n'avaient pas de sens réel, mais possédaient une sorte de pouvoir magique. Il fallait trouver la combinaison lexicale parfaite, dans le bon ordre et dans les bonnes proportions pour obtenir un effet maximal. Mon style, ainsi que les fondements de mon humour proviennent de cette époque, où, chaque enfant était à la fois un poète visionnaire et un Jean-Marie Bigard en puissance.
Pourquoi je vous parle de tout ça? Parce que j'avais rudement envie d'écrire et ce depuis quelques temps. D'ailleurs, quel est le crétin qui à inventé cette expression? "Rudement"...Parfois à force de les entendre ou de les dire, les mots perdent de leur sens et deviennent d'étranges étrangers. Et je dois dire que le malaise qui en découle est une de mes grandes drogues. Redécouvrir un mot est toujours une grande joie, vous ne trouvez pas? Mais je m'écarte du sujet (y en a-t-il un au moins?). Donc, j'avais envie d'écrire, et après le visionnage cette après-midi du film 'La Bostella', je me suis dit qu'il était temps de s'y remettre. Edouard Baer est un type sympa qui m'inspire énormément et je lui dédicace ce petit article inutile, qui n'a aucun autre but que celui de m'épancher.
Et surtout un joyeux Noël!
samedi 20 juin 2009
Projet Purple Bob: Vincent
Une coupe de champagne à la main, Vincent est le prince des débuts de soirée réussis. Les gens papillonnent autour de lui, attirés par son charisme et son sens inné de la fête. Quelque soit la personne qui se présente à lui, il a toujours un bon mot. Un truc catchy qui fait rire et laisse une forte impression. Il en a un plein carnet de ces phrases toutes faites. Quand il en trouve une nouvelle, il la note. Vincent se ballade dans la galerie, arborant un air absorbé, contemplant des photos qui ne lui évoquent rien de particulier. C’est lui qui a organisé ce vernissage. A force de persévérance, d’entêtement, d’endettement, le mensonge était devenu réalité. Ses collègues à la poste de Bagneux seraient surpris s’ils le voyaient dans cette galerie du XVIe.
-" J'adore son sens des perspectives! Il revisite la profondeur pour créer des images incroyables. Et ces couleurs!..."
Le quidam qu'il à intercepté en face d'une photo racoleuse et sans âme semble être d'accord, mais il reste sans voix face à son éloquence...Un idiot! D'ailleurs il ne le connaît pas. Il ne l'a pas invité celui-là! Dans ce cas, rien ne sert de s'attarder.
-" J'ai été ravi!"
Aucun échange de noms, pas de poignée de main. Un carnet d’adresse ça se travaille. Pas la peine de ruiner son statut en donnant sa carte à quelqu’un sans importance…Il y a si peu de temps encore, c’était lui qu’on snobait. Allez, une tape sur l'épaule suffira, pas la peine de l’humilier en public. Etre condescendant c'est sa marque de fabrique. Il s'était dit qu'il devait l'être absolument pour parfaire son personnage. L'expérience lui a, à maintes reprises, prouvé qu'il avait eu raison.
Aujourd'hui c'est sa dernière représentation. L'apothéose d'une année extraordinaire. La concrétisation d'un rêve, mais également le début de la fin probablement. Aucun regret, ce soir c'est son anniversaire...Son ultime mensonge. Après les fêtes VIP, les vêtements hors de prix, les locations de palaces, la voiture de sport, c’était son troisième crédit. Ou peut-être le quatrième, il ne se souvient plus. Tout était passé dans l’organisation de cette fête. Ca sera grandiose. En attendant, il profite de son dernier vernissage et sirote sa flute de champagne en regardant dehors d'un air absent. Bientôt le surendettement, les huissiers, la rue…Et puis il y a ce type violet qui passe à poil sur son cheval. Un happening? Il y a de drôles de types à Paris tout de même.
-" J'adore son sens des perspectives! Il revisite la profondeur pour créer des images incroyables. Et ces couleurs!..."
Le quidam qu'il à intercepté en face d'une photo racoleuse et sans âme semble être d'accord, mais il reste sans voix face à son éloquence...Un idiot! D'ailleurs il ne le connaît pas. Il ne l'a pas invité celui-là! Dans ce cas, rien ne sert de s'attarder.
-" J'ai été ravi!"
Aucun échange de noms, pas de poignée de main. Un carnet d’adresse ça se travaille. Pas la peine de ruiner son statut en donnant sa carte à quelqu’un sans importance…Il y a si peu de temps encore, c’était lui qu’on snobait. Allez, une tape sur l'épaule suffira, pas la peine de l’humilier en public. Etre condescendant c'est sa marque de fabrique. Il s'était dit qu'il devait l'être absolument pour parfaire son personnage. L'expérience lui a, à maintes reprises, prouvé qu'il avait eu raison.
Aujourd'hui c'est sa dernière représentation. L'apothéose d'une année extraordinaire. La concrétisation d'un rêve, mais également le début de la fin probablement. Aucun regret, ce soir c'est son anniversaire...Son ultime mensonge. Après les fêtes VIP, les vêtements hors de prix, les locations de palaces, la voiture de sport, c’était son troisième crédit. Ou peut-être le quatrième, il ne se souvient plus. Tout était passé dans l’organisation de cette fête. Ca sera grandiose. En attendant, il profite de son dernier vernissage et sirote sa flute de champagne en regardant dehors d'un air absent. Bientôt le surendettement, les huissiers, la rue…Et puis il y a ce type violet qui passe à poil sur son cheval. Un happening? Il y a de drôles de types à Paris tout de même.
mercredi 10 juin 2009
Le petit short blanc
Assis en terrasse, la buée perle le long de son demi pêche. Enfoncé dans son siège en osier tressé, il se demande ce qu'il fait ici, avec elle...Coïncidence? Non, elle l'a sûrement fait exprès. Il est à peine dix-neuf heures, le soleil à encore du chemin à faire avant de quitter l'horizon. Il fait chaud. Dans un troquet sans nom place Saint Michel, il regarde la vie grouiller, une main qui passe machinalement dans les longs cheveux blonds de sa voisine. Il a envie de tirer dessus de toutes ses forces. De renverser sa chaise et de rouer son jolie visage de coups poings. Elle lui sourit et amène une cigarette à sa bouche. Les volutes de fumée dansent à la surface de ses grandes lunettes de soleil. Il se dit que ce soir il vont faire l'amour et se demande comment ça va se passer. Va-t-elle l'embrasser tendrement sur le chemin du retour? Ses lèvres pulpeuses qui se posent un instant dans sa nuque, au coin de sa bouche, sur son oreille. Elle explosera sûrement dans un de ses rires tonitruants dans la rame de métro tandis qu'elle glissera discrètement une main dans son pantalon. Extravagante petite garce. Lubrique et sensuelle... Arrivé à l'appartement, elle fera mine de ne plus avoir envie de lui et s'assira sur le canapé devant la télé. Et tandis qu'il se préparera un martini dans la cuisine, elle surgira sans crier gare. A genoux, elle le rendra fou avec ses lèvres, avec sa langue.
Il sirote à nouveau sa bière sucrée en regardant les jolies filles à travers ses lunettes. Peut-être qu'il réussira à trouver mieux. A lui échapper. Elle glisse sa main contre sa cuisse et constate son érection. Elle part dans un de ces éclats de rire, graves et explosifs, qui l'énervent tant. Il la déteste car il est faible...Elle le tue à petit feu, lui vole toute sa sève. Il n'est plus lui même, il est son jouet, son esclave. Elle a volé son âme. Tout ça à cause de ce petit short blanc.
Il y a quelques mois, il était exactement au même endroit. Avec une fille différente...La femme de sa vie. Une grande brune, à la peau diaphane. Douce et intelligente. Celle qui devait un jour être la mère de ses enfants. Même si ces mots n'avaient jamais été prononcés, il les avait bel et bien pensé un jour au cours des deux années qu'avaient duré leur relation. Et voilà ce short blanc qui traverse sous ses yeux. Sulfureux petit bout de femme. Blonde flamboyante aux lèvres sensuelles, envoutante. Elle danse sur ses talons et s'accapare l'espace. Tout n'est soudain plus là que pour la faire briller. Les hommes se retournent, les femmes grincent des dents et la traitent de pute. Des hanches pleines qui dansent en rythme, des fesses fermes qui tendent ce short indécent. Une cambrure qui fait battre son coeur très fort. Il tremble. Il n'aurait jamais cru qu'une fille puisse un jour lui faire cet effet. Ces seins qui tendent son T-shirt échancré en un décolleté vertigineux. Elle n'a pas de soutien gorge, et il peut voir ses seins rebondir à chacun de ses pas. Galbés, parfaits. Son sang se met à bouillir. Il perd la raison. Il ne parvient plus à penser. Il a envie de la toucher. Enlever ses vêtements et parcourir son corps de ses mains. La pénétrer...Soudain il n'arrive plus à penser, il ne peut plus la lâcher des yeux. Il la veut. Il n'a jamais connu un désir aussi puissant de toute sa vie...
Il s'était levé, sans un regard pour sa compagne, pour aller la rejoindre. A sa hauteur, il l'avait attrapé par le bras. Elle s'était retourné et il l'avait embrassé. Elle s'était laissé faire en rigolant. Ce rire, qui aujourd'hui lui donne la nausée, mais qui alors, l'avait tellement excité qu'il en avait oublié la femme assise à la terrasse qui pleurait de rage. Maintenant il était coincé avec cette petite femme blonde, avec ce rire. Le diable en petit short blanc.
Il sirote à nouveau sa bière sucrée en regardant les jolies filles à travers ses lunettes. Peut-être qu'il réussira à trouver mieux. A lui échapper. Elle glisse sa main contre sa cuisse et constate son érection. Elle part dans un de ces éclats de rire, graves et explosifs, qui l'énervent tant. Il la déteste car il est faible...Elle le tue à petit feu, lui vole toute sa sève. Il n'est plus lui même, il est son jouet, son esclave. Elle a volé son âme. Tout ça à cause de ce petit short blanc.
Il y a quelques mois, il était exactement au même endroit. Avec une fille différente...La femme de sa vie. Une grande brune, à la peau diaphane. Douce et intelligente. Celle qui devait un jour être la mère de ses enfants. Même si ces mots n'avaient jamais été prononcés, il les avait bel et bien pensé un jour au cours des deux années qu'avaient duré leur relation. Et voilà ce short blanc qui traverse sous ses yeux. Sulfureux petit bout de femme. Blonde flamboyante aux lèvres sensuelles, envoutante. Elle danse sur ses talons et s'accapare l'espace. Tout n'est soudain plus là que pour la faire briller. Les hommes se retournent, les femmes grincent des dents et la traitent de pute. Des hanches pleines qui dansent en rythme, des fesses fermes qui tendent ce short indécent. Une cambrure qui fait battre son coeur très fort. Il tremble. Il n'aurait jamais cru qu'une fille puisse un jour lui faire cet effet. Ces seins qui tendent son T-shirt échancré en un décolleté vertigineux. Elle n'a pas de soutien gorge, et il peut voir ses seins rebondir à chacun de ses pas. Galbés, parfaits. Son sang se met à bouillir. Il perd la raison. Il ne parvient plus à penser. Il a envie de la toucher. Enlever ses vêtements et parcourir son corps de ses mains. La pénétrer...Soudain il n'arrive plus à penser, il ne peut plus la lâcher des yeux. Il la veut. Il n'a jamais connu un désir aussi puissant de toute sa vie...
Il s'était levé, sans un regard pour sa compagne, pour aller la rejoindre. A sa hauteur, il l'avait attrapé par le bras. Elle s'était retourné et il l'avait embrassé. Elle s'était laissé faire en rigolant. Ce rire, qui aujourd'hui lui donne la nausée, mais qui alors, l'avait tellement excité qu'il en avait oublié la femme assise à la terrasse qui pleurait de rage. Maintenant il était coincé avec cette petite femme blonde, avec ce rire. Le diable en petit short blanc.
jeudi 28 mai 2009
Apologie des gens bourrés
Il m'est apparu quelque chose d'extraordinaire il y a quelques jours. Deux doigts dans la gorge, je peinais à clore ma biture mensuelle comme il se devait. J'abandonnais cette tâche peu ragoutante et décidais de m'en remettre à mère nature. Titubant tant bien que mal jusqu'à mon lit, la lumière m'apparut soudain...En double et très floue. Et tandis que ma compagne m'exhortait à migrer vers le canapé du bas, je me promettais secrètement, à haute voix, d'écrire l'apologie des gens saouls.
Pourquoi une apologie? Parce que c'est toujours un texte assez exaltant à écrire, plein de passion et d'expressions verbeuses. Des choses qui siéent plutôt bien à une personne régulièrement atteint de diarrhée verbale comme moi. C'est d'ailleurs un aspect de ma personnalité que peu de personnes connaissent et que je réserve à l'intimité d'une conversation en tête à tête ou bien à la chaleur étroite des petits bars à 3 heures du matin. La liaison est toute faite et à ce propos je peux en revenir aux évènements de cette fameuse soirée.
Certaines personnes sont comme des fleurs qui s'épanouissent et s'ouvrent lorsqu'on les arrose correctement. Moi et mon ami S. sommes ce genre d'individus plutôt réservés d'ordinaire, sympathiques au demeurant, qui deviennent rayonnants, affables, superbes, lorsque proprement arrosés par la bonne quantité d'alcool.
Ainsi la première heure passe et quelques anges l'accompagnent tandis que nous sirotons nos bières belges, échangeant quelques mots au lance-pierre. La 2e pinte c'est le déclic, le feu aux poudres. Le verre est à moitié vide, car je suis un grand optimiste, et le nectar créé par les moines trapistes flamands allergiques à l'eau commence à faire son petit effet.
- Dis donc, elle est forte la Maredsous...
- Ouais! me répond S. dans une envolée lyrique sans précédent.
Le rouge me monte aux joues et chaque gorgée me rapproche un peu plus de l'ivresse. C'est le moment de la soirée où les souvenirs deviennent flous. Nous changeons d'endroit. Un demi et un mètre de shooters plus tard, je suis le roi du monde.
On ne se souvient jamais clairement du moment où les choses basculent, mais à un moment je chante à tue-tête Thunderstruck de AC/DC, le pied sur un tabouret du bar. Je suis heureux et tout me ravit. J'ai soudain un avis tranché sur toutes sortes de sujets dont je n'avais moi même pas idée. Je discute à coeur ouvert de l'évolution musicale du métal avec un quinquagénaire bedonnant et moustachu. Le barman me raconte sa vie et je lui explique sans complexe pourquoi la séparation de ses parents l'a poussé à exercer ce métier. Mon pote me demande mon avis sur cette fille qui vient de lui mettre une main aux fesses. Je suis multi-tâche, omnipotent, et omniscient. Je parle à tout le monde et tout le monde me parle. J'ai une solution à tout car je suis l'alpha et l'oméga. Je suis Dieu, et le moustachu m'offre un shooter en offrande pour que je rende sa vie meilleure. Je ne fais plus qu'un avec les poivrots de tout l'univers. La clope au bec, je titube, et tout me semble génial, frais, nouveau, double, flou, mouvant...magique! Je m'incruste dans une conversation en terrasse, ils ont besoin de mon aide. Un homme élégant me tient la pige. Nous discutons de la quête de l'absolu féminin, de la beauté du monde, de la société, des femmes encore...Nous sommes brillants et nos idées révolutionneront un jour ce monde pourri. Les gens qui nous regardent débattre à grand renfort de gestes maladroits et de décibels sourient et se moquent. Tout à l'heure, c'est moi qui me moquais. Je suis passé de l'autre côté du miroir. Ce sont eux qui n'ont rien compris. Les ivrognes sont comme des aimants, ils attirent à eux leurs semblables avec une étonnante efficacité. Je suis désormais le président des poivrots. Et les conversations deviennent mythiques. Mais la magie n'opère jamais longtemps, et tandis que les verres se vident, le groupe s'effrite. La communion des poivrots est éphémère. Le teint pâle et l'haleine chargée, chacun rentre chez lui. Traînant les pieds à l'intérieur du bar je retrouve S. qui m'attend avec le demi qui me coûtera la vie. La bière, n'à plus le même goût. C'est un calvaire de la finir. J'ai envie de vomir...Le bar ferme et je me retrouve seul dans la rue, hagard et nauséeux, titubant vers un nouveu lendemain en parlant tout seul. C'est jurée, demain j'arrête de boire!
Pourquoi une apologie? Parce que c'est toujours un texte assez exaltant à écrire, plein de passion et d'expressions verbeuses. Des choses qui siéent plutôt bien à une personne régulièrement atteint de diarrhée verbale comme moi. C'est d'ailleurs un aspect de ma personnalité que peu de personnes connaissent et que je réserve à l'intimité d'une conversation en tête à tête ou bien à la chaleur étroite des petits bars à 3 heures du matin. La liaison est toute faite et à ce propos je peux en revenir aux évènements de cette fameuse soirée.
Certaines personnes sont comme des fleurs qui s'épanouissent et s'ouvrent lorsqu'on les arrose correctement. Moi et mon ami S. sommes ce genre d'individus plutôt réservés d'ordinaire, sympathiques au demeurant, qui deviennent rayonnants, affables, superbes, lorsque proprement arrosés par la bonne quantité d'alcool.
Ainsi la première heure passe et quelques anges l'accompagnent tandis que nous sirotons nos bières belges, échangeant quelques mots au lance-pierre. La 2e pinte c'est le déclic, le feu aux poudres. Le verre est à moitié vide, car je suis un grand optimiste, et le nectar créé par les moines trapistes flamands allergiques à l'eau commence à faire son petit effet.
- Dis donc, elle est forte la Maredsous...
- Ouais! me répond S. dans une envolée lyrique sans précédent.
Le rouge me monte aux joues et chaque gorgée me rapproche un peu plus de l'ivresse. C'est le moment de la soirée où les souvenirs deviennent flous. Nous changeons d'endroit. Un demi et un mètre de shooters plus tard, je suis le roi du monde.
On ne se souvient jamais clairement du moment où les choses basculent, mais à un moment je chante à tue-tête Thunderstruck de AC/DC, le pied sur un tabouret du bar. Je suis heureux et tout me ravit. J'ai soudain un avis tranché sur toutes sortes de sujets dont je n'avais moi même pas idée. Je discute à coeur ouvert de l'évolution musicale du métal avec un quinquagénaire bedonnant et moustachu. Le barman me raconte sa vie et je lui explique sans complexe pourquoi la séparation de ses parents l'a poussé à exercer ce métier. Mon pote me demande mon avis sur cette fille qui vient de lui mettre une main aux fesses. Je suis multi-tâche, omnipotent, et omniscient. Je parle à tout le monde et tout le monde me parle. J'ai une solution à tout car je suis l'alpha et l'oméga. Je suis Dieu, et le moustachu m'offre un shooter en offrande pour que je rende sa vie meilleure. Je ne fais plus qu'un avec les poivrots de tout l'univers. La clope au bec, je titube, et tout me semble génial, frais, nouveau, double, flou, mouvant...magique! Je m'incruste dans une conversation en terrasse, ils ont besoin de mon aide. Un homme élégant me tient la pige. Nous discutons de la quête de l'absolu féminin, de la beauté du monde, de la société, des femmes encore...Nous sommes brillants et nos idées révolutionneront un jour ce monde pourri. Les gens qui nous regardent débattre à grand renfort de gestes maladroits et de décibels sourient et se moquent. Tout à l'heure, c'est moi qui me moquais. Je suis passé de l'autre côté du miroir. Ce sont eux qui n'ont rien compris. Les ivrognes sont comme des aimants, ils attirent à eux leurs semblables avec une étonnante efficacité. Je suis désormais le président des poivrots. Et les conversations deviennent mythiques. Mais la magie n'opère jamais longtemps, et tandis que les verres se vident, le groupe s'effrite. La communion des poivrots est éphémère. Le teint pâle et l'haleine chargée, chacun rentre chez lui. Traînant les pieds à l'intérieur du bar je retrouve S. qui m'attend avec le demi qui me coûtera la vie. La bière, n'à plus le même goût. C'est un calvaire de la finir. J'ai envie de vomir...Le bar ferme et je me retrouve seul dans la rue, hagard et nauséeux, titubant vers un nouveu lendemain en parlant tout seul. C'est jurée, demain j'arrête de boire!
vendredi 22 mai 2009
Dur, dur la vie...
Comme tous les jours de la semaine, Adrien dit bonjour au clodo du coin de la rue avant de rentrer dans la boulangerie. Il en ressort 2 minutes plus tard une baguette sous le bras, ce qui, assorti avec son costume noir à fine rayure blanche, est du plus bel effet. Le pied leste et la malette à la main il entreprend de rentrer chez lui savourer cette délicieuse miche de pain chaude. Mais au passage piéton, la tête de la petite vieille qui s'apprêtait à traverser à côté de lui explose dans un bruit tonitruand. "Pas cool" est la première pensée qui traverse Adrien, car c'est un idiot et il va mourir. Pendant 5 secondes, le temps semble se figer. La tête des gens n'explose pas spontanément à priori. "Pas cool" c'est un peu léger...Elle rigolait toujours à ses sales blagues chez la boulangère cette petite vieille. Et maintenant elle n'a plus de tête...
Une seconde détonation le tire de sa rêverie. La balle s'est logé dans son coeur. La baguette lui échappe des mains. Devant lui, un quelconque agent secret au service de sa majesté s'est lancé dans une folle course poursuite. Les balles ne le touchent pas lui. Elles semblent même l'éviter. Il n'a pas peur, il sourit même...Se jouant du danger. Quel connard. Ce sont ses dernières pensées avant de s'affaler face contre terre. Mort. Parce que le scénariste à trouvé que ça ferai bien dans cette scène.
Une seconde détonation le tire de sa rêverie. La balle s'est logé dans son coeur. La baguette lui échappe des mains. Devant lui, un quelconque agent secret au service de sa majesté s'est lancé dans une folle course poursuite. Les balles ne le touchent pas lui. Elles semblent même l'éviter. Il n'a pas peur, il sourit même...Se jouant du danger. Quel connard. Ce sont ses dernières pensées avant de s'affaler face contre terre. Mort. Parce que le scénariste à trouvé que ça ferai bien dans cette scène.
jeudi 14 mai 2009
Projet Purple Bob: Héloïse (1)
La suite de mon projet Purple Bob. Enfin un extrait.
La voiture s'arrête à son tour et vient rejoindre le flot des vacanciers. Il fait chaud, l'air est lourd. Bloqué sur l'autoroute si près de la mer. On entend les mouettes, on sent presque les embruns. Les gens tirent la langue, ils étouffent, ils s'agitent, ils klaxonnent. Héloïse regarde au loin d'un air distrait. Une main sur le volant, le visage dans l'encadrure de la fenêtre. Marc est à la place du mort et observe une petite fille qui fait ses besoins sur le bord de la route. Pierre, derrière écoute la radio, tapotant du pied en rythme. La petite fille, exulte et danse dans la brise tiède, vêtue de ses seules baskets roses et blanches. Elle suit la voiture de ses parents qui roule au ralenti, les cheveux hirsutes, la peau étincelant au Soleil. Tous les trois, il ne la quittent plus des yeux. Ils sourient de son innocence, de sa fraîcheur revigorante. Héloïse en profite pour glisser un rapide baiser sur la joue de Marc. A nouveau concentrée sur la route, elle sent sa main qui remonte le long de sa cuisse. La peau est moite. Il fait trop chaud dans cette voiture. C'est la petite fille qui a raison et Marc tente de le faire comprendre à sa compagne en faisant sauter le bouton de son petit short blanc. Elle ne cille pas lorsqu'il descend la braguette, et l'aide même un peu à l'enlever en se tortillant sans quitter les yeux de la route. L'air de rien. Pierre à l'arrière les regarde faire avec un sourire espiègle. Il se rapproche lui aussi, dégage les cheveux chataîns du revers de la main et entreprend d'essuyer du bout de la langue les perles salées de transpiration dans le cou d'Héloïse. Elle ne peut plus faire mine de rien. La voiture est à nouveau à l'arrêt. La langue glisse sur la nuque et deux mains brûlantes caressent ses seins moites sous son T-shirt. Marc glisse un doigt dans son sexe humide. Elle laisse échapper un soupir vibrant. Ils l'embrassent tous les deux sans cesser leurs caresses. Elle ferme les yeux, ondule, se cambre, frissonne. Des décharges parcourent leurs trois corps tendus par l'excitation. Un coup de klaxon appuyé derrière eux les sort soudain de leur transe. La voiture devant est déjà très loin. Tout le monde regagne sa place en rigolant, encore fiévreux. Ils la regardent tenter de se concentrer à nouveau sur la route, un sein à l'air, le short sur les mollets, et échangent des regards amusés. Un ange et deux amis inséparables sur la route pour échapper à la fin du monde. Comment en était on arrivé là? Tout ça à cause d'un type violet qui vole à poil sur un cheval.
(N'hésitez pas à lâcher des commentaires aussi bien positifs que négatifs, constructifs ou pas...Ca reste vrai pour tous mes billets ^__^)
La voiture s'arrête à son tour et vient rejoindre le flot des vacanciers. Il fait chaud, l'air est lourd. Bloqué sur l'autoroute si près de la mer. On entend les mouettes, on sent presque les embruns. Les gens tirent la langue, ils étouffent, ils s'agitent, ils klaxonnent. Héloïse regarde au loin d'un air distrait. Une main sur le volant, le visage dans l'encadrure de la fenêtre. Marc est à la place du mort et observe une petite fille qui fait ses besoins sur le bord de la route. Pierre, derrière écoute la radio, tapotant du pied en rythme. La petite fille, exulte et danse dans la brise tiède, vêtue de ses seules baskets roses et blanches. Elle suit la voiture de ses parents qui roule au ralenti, les cheveux hirsutes, la peau étincelant au Soleil. Tous les trois, il ne la quittent plus des yeux. Ils sourient de son innocence, de sa fraîcheur revigorante. Héloïse en profite pour glisser un rapide baiser sur la joue de Marc. A nouveau concentrée sur la route, elle sent sa main qui remonte le long de sa cuisse. La peau est moite. Il fait trop chaud dans cette voiture. C'est la petite fille qui a raison et Marc tente de le faire comprendre à sa compagne en faisant sauter le bouton de son petit short blanc. Elle ne cille pas lorsqu'il descend la braguette, et l'aide même un peu à l'enlever en se tortillant sans quitter les yeux de la route. L'air de rien. Pierre à l'arrière les regarde faire avec un sourire espiègle. Il se rapproche lui aussi, dégage les cheveux chataîns du revers de la main et entreprend d'essuyer du bout de la langue les perles salées de transpiration dans le cou d'Héloïse. Elle ne peut plus faire mine de rien. La voiture est à nouveau à l'arrêt. La langue glisse sur la nuque et deux mains brûlantes caressent ses seins moites sous son T-shirt. Marc glisse un doigt dans son sexe humide. Elle laisse échapper un soupir vibrant. Ils l'embrassent tous les deux sans cesser leurs caresses. Elle ferme les yeux, ondule, se cambre, frissonne. Des décharges parcourent leurs trois corps tendus par l'excitation. Un coup de klaxon appuyé derrière eux les sort soudain de leur transe. La voiture devant est déjà très loin. Tout le monde regagne sa place en rigolant, encore fiévreux. Ils la regardent tenter de se concentrer à nouveau sur la route, un sein à l'air, le short sur les mollets, et échangent des regards amusés. Un ange et deux amis inséparables sur la route pour échapper à la fin du monde. Comment en était on arrivé là? Tout ça à cause d'un type violet qui vole à poil sur un cheval.
(N'hésitez pas à lâcher des commentaires aussi bien positifs que négatifs, constructifs ou pas...Ca reste vrai pour tous mes billets ^__^)
mercredi 13 mai 2009
L'art de tricher ou le guide des relations fausses...et intéressées
Je ne me souviens plus qui à dit un jour, et à juste titre d’ailleurs : « l’homme est un animal social». Il me semble que c’est Platon, ou bien un autre type louche en toge. Bref, l’important n’est pas là. L’essentiel, c’est le message délivré par ce gimmick digne d’une publicité pour Omo machine. Dès l’instant où tu, oui, toi lecteur abasourdi, as foulé le sol pour la première fois, tu es devenu un animal social. Ca t’en bouche un coin ! Et oui, à cet instant précis tu es devenu partie intégrante de notre société moderne. A partir de cet instant précis, toute ta vie sera régie par ta façon d’interagir avec les autres de ton espèce. Et, oui, c’est dur de se dire que l’on va passer le restant de sa vie entouré de... gens ! C’est pour ça que les bébés pleurent d’ailleurs. Ca aussi ça vous en bouche un coin !
Détrompez-vous, loin d’être le misanthrope que vous vous imaginez, je suis un philateliste convaincu : les timbres c’est ma vie ! En fait, ce qui me gêne chez les hommes (et les femmes d’ailleurs. Ne vous inquiétez pas, il y en aura pour tout le monde), c’est quand il y en a plus de 1 à la fois. Bah oui, prenez un bonhomme et vous le mettez tout seul dans une pièce. Il ne ment pas, il ne profite de personne, il ne tue pas : il est ! Et c’est largement suffisant. Il est un homme seul dans une pièce, point final. Maintenant prenez un bonhomme tout seul dans une pièce, et faites rentrer un autre bonhomme. Si vous attendez assez longtemps, ils vont commencer à se parler :
- Salut.
- Salut.
Désormais nous avons deux hommes dans une pièce qui se parlent ! Vous ne voyez toujours pas où je veux en venir. Attendons encore un peu alors.
- Moi c’est John.
- Moi c’est Thierry. Enchanté.
- Enchanté Thierry.
Enchanté ?! Est-ce que Thierry est réellement enchanté de rencontrer John dans cette pièce. Et qu’est-ce que John en a à branler de Thierry. Avant il était un homme dans une pièce et désormais c’est John et en plus il est enchanté ! Là j’espère que vous commencez à comprendre ce que j’essaye de vous raconter depuis tout à l’heure. Sinon, je veux bien attendre encore un jour ou deux jour sans leur filer à manger pour voir s’ils sont toujours aussi enchantés. L’homme est un animal social et malheureusement c’est une maladie contagieuse comme vous venez de le voir. Sous prétexte que nous sommes doués de la parole, nous nous sentons obligé d’en faire profiter le plus de monde possible : regardez, je parle ! Ca fait plaisir quand votre fille de 8 mois prononce pour la première fois un « Papa » entre deux hoquets baveux, mais est-ce que ça vous fait encore plaisir quand votre voisine de 57 ans vous raconte que son ex-mari était un horrible amant pour la 3e fois ?
Mais je m’égare. Bien, nos deux super potes John et Thierry viennent de se parler pour la première fois de leur vie, et ils sont déjà enchantés : que c’est ravissant. Ce qui me fait le plus rire dans cette situation, ce n’est pas que l’homme soit un animal social, mais qu’il soit plutôt un animal poli. J’aimerai bien que tu me dises Thierry pourquoi, bon sang, tu as dit être « enchanté » quand tu es rentré dans cette pièce.
- Bah...Je sais pas. Comme ça. L’habitude.
- Ah ah ! On y vient. Maintenant, dis-moi Thierry. Est-ce que tu penses revoir un jour John ?
- Non, je ne crois pas...Le monde est petit. On ne sait jamais.
- Et imaginons que tu sois amené à vous recroiser dans la rue, que lui dirais-tu ?
- Je lui dirai bonjour je pense.
- C’est tout ?
- Oui, je ne le connais pas plus que ça après tout.
- Bien...Désormais imaginons que ce soit ton nouveau chef. Vous vous revoyez pour la première fois. Qu’est-ce que tu lui dis cette fois ?
- « John ça alors ! Quelle coïncidence. Bonjour comment allez-vous depuis la dernière fois ? » Un truc dans ce style...
- Je pense que tout ça répond à ma première question...
Si je devais simplifier la complexité de la relation qui s’est installé entre John et Thierry lors de leur palpitant entretien, je le ferai ainsi :
- John, veux tu interagir avec moi, Thierry, dans l’espoir que nous puissions tirer un jour un quelconque profit du lien futile que nous venons de créer ?
- Oui je le veux !
Alors à quoi ça sert la politesse ? Et bien à ça ! Toutes ces grimaces que nous faisons à longueur de journée plus ou moins consciemment ; elles ont un but. Ce but c’est notre bénéfice personnel.
Mais la politesse ne sert pas qu’à ça. Il y a un deuxième effet kiss-cool, et pas des moindres. Grâce à ces grimaces permanentes, on a l’impression que tout le monde est content d’être avec tout le monde. Ce qui est bien, mais pas top quand on y songe. Car cet état de fait masque l’horrible vérité qui est la suivante : il y a forcément des gens qui ne t’aiment pas, oui toi derrière l'écran. En fait ça ne masque rien du tout, c’est un secret de polichinelle et c’est ça le plus moche. Tu sais que bidule peut pas te saquer, mais tu lui fait un grand sourire quand tu le croises. Et le pire c’est qu’il te rend ton sourire au centuple ! Mais vous pouvez pas vous voir...Et vous le savez pertinemment. Ca, ça me tue !
Donc, pour résumer la situation simplement : je hais l’homme social car il est égoïste et hypocrite. Un peu comme moi....
Détrompez-vous, loin d’être le misanthrope que vous vous imaginez, je suis un philateliste convaincu : les timbres c’est ma vie ! En fait, ce qui me gêne chez les hommes (et les femmes d’ailleurs. Ne vous inquiétez pas, il y en aura pour tout le monde), c’est quand il y en a plus de 1 à la fois. Bah oui, prenez un bonhomme et vous le mettez tout seul dans une pièce. Il ne ment pas, il ne profite de personne, il ne tue pas : il est ! Et c’est largement suffisant. Il est un homme seul dans une pièce, point final. Maintenant prenez un bonhomme tout seul dans une pièce, et faites rentrer un autre bonhomme. Si vous attendez assez longtemps, ils vont commencer à se parler :
- Salut.
- Salut.
Désormais nous avons deux hommes dans une pièce qui se parlent ! Vous ne voyez toujours pas où je veux en venir. Attendons encore un peu alors.
- Moi c’est John.
- Moi c’est Thierry. Enchanté.
- Enchanté Thierry.
Enchanté ?! Est-ce que Thierry est réellement enchanté de rencontrer John dans cette pièce. Et qu’est-ce que John en a à branler de Thierry. Avant il était un homme dans une pièce et désormais c’est John et en plus il est enchanté ! Là j’espère que vous commencez à comprendre ce que j’essaye de vous raconter depuis tout à l’heure. Sinon, je veux bien attendre encore un jour ou deux jour sans leur filer à manger pour voir s’ils sont toujours aussi enchantés. L’homme est un animal social et malheureusement c’est une maladie contagieuse comme vous venez de le voir. Sous prétexte que nous sommes doués de la parole, nous nous sentons obligé d’en faire profiter le plus de monde possible : regardez, je parle ! Ca fait plaisir quand votre fille de 8 mois prononce pour la première fois un « Papa » entre deux hoquets baveux, mais est-ce que ça vous fait encore plaisir quand votre voisine de 57 ans vous raconte que son ex-mari était un horrible amant pour la 3e fois ?
Mais je m’égare. Bien, nos deux super potes John et Thierry viennent de se parler pour la première fois de leur vie, et ils sont déjà enchantés : que c’est ravissant. Ce qui me fait le plus rire dans cette situation, ce n’est pas que l’homme soit un animal social, mais qu’il soit plutôt un animal poli. J’aimerai bien que tu me dises Thierry pourquoi, bon sang, tu as dit être « enchanté » quand tu es rentré dans cette pièce.
- Bah...Je sais pas. Comme ça. L’habitude.
- Ah ah ! On y vient. Maintenant, dis-moi Thierry. Est-ce que tu penses revoir un jour John ?
- Non, je ne crois pas...Le monde est petit. On ne sait jamais.
- Et imaginons que tu sois amené à vous recroiser dans la rue, que lui dirais-tu ?
- Je lui dirai bonjour je pense.
- C’est tout ?
- Oui, je ne le connais pas plus que ça après tout.
- Bien...Désormais imaginons que ce soit ton nouveau chef. Vous vous revoyez pour la première fois. Qu’est-ce que tu lui dis cette fois ?
- « John ça alors ! Quelle coïncidence. Bonjour comment allez-vous depuis la dernière fois ? » Un truc dans ce style...
- Je pense que tout ça répond à ma première question...
Si je devais simplifier la complexité de la relation qui s’est installé entre John et Thierry lors de leur palpitant entretien, je le ferai ainsi :
- John, veux tu interagir avec moi, Thierry, dans l’espoir que nous puissions tirer un jour un quelconque profit du lien futile que nous venons de créer ?
- Oui je le veux !
Alors à quoi ça sert la politesse ? Et bien à ça ! Toutes ces grimaces que nous faisons à longueur de journée plus ou moins consciemment ; elles ont un but. Ce but c’est notre bénéfice personnel.
Mais la politesse ne sert pas qu’à ça. Il y a un deuxième effet kiss-cool, et pas des moindres. Grâce à ces grimaces permanentes, on a l’impression que tout le monde est content d’être avec tout le monde. Ce qui est bien, mais pas top quand on y songe. Car cet état de fait masque l’horrible vérité qui est la suivante : il y a forcément des gens qui ne t’aiment pas, oui toi derrière l'écran. En fait ça ne masque rien du tout, c’est un secret de polichinelle et c’est ça le plus moche. Tu sais que bidule peut pas te saquer, mais tu lui fait un grand sourire quand tu le croises. Et le pire c’est qu’il te rend ton sourire au centuple ! Mais vous pouvez pas vous voir...Et vous le savez pertinemment. Ca, ça me tue !
Donc, pour résumer la situation simplement : je hais l’homme social car il est égoïste et hypocrite. Un peu comme moi....
Inscription à :
Articles (Atom)