La journée avait bien commencée pourtant. Un beau Soleil d'hiver. Un temps froid et sec qui pique les sens et réveille l'esprit. Une simple balade pour aller acheter du pain à la boulangerie. Et puis le premier coup de feu avait retentit.
C'est étrange comme les gens réagissent dans ce genre de situations. Instinctivement, les corps se crispent, les têtes se rentrent, les dos se voûtent. Quand l'homme se transforme en tortue...Le miracle de la vie. Peut être qu'en des temps reculés cette position avait permis aux premiers primates d'effrayer leurs prédateurs naturels, mais désormais avoir l'air idiot ne suffisait plus à arrêter les balles. Après un temps, la curiosité l'emporte et les têtes se tournent vers l'origine supposée du bruit qui à perturbé un dimanche si tranquille. Les regards se tournent vers moi, et le pistolet qui repose fumant dans ma main droite.
Que diable peut bien faire une arme à feu dans ma main? Quel besoin pouvais-je bien avoir de transporter ce genre de choses, surtout un dimanche matin! J'ai parfois des idées saugrenues. Cette fois je me sens tout de même un peu dépassé.
Réalisant enfin qu'un réel danger se présente, moi en l'occurrence, la panique s'empare de la piétaille dominicale. Ca hurle à qui mieux-mieux, qu'on va mourir. Et que je te marche dessus, et que je m'évanouis, et que je pleure parce que ma maman est morte. Ca court et ça se bouscule dans tous les sens. C'est le bordel. Du coup je n'arrive pas vraiment à identifier la victime de mon tir. Il semblerait que c'est une femme. Elle git inerte. La chemise blanche qui cintrait si bien sa partie haute se retrouve maculée de sang. Touchée en plein coeur, pas de chance...Y a des jours comme ça où il ne vaut mieux pas sortir de son lit. Une chose est sûre: je suis bon tireur.
La scène est étrange. Je suis dans un film de John Woo. La foule court en tous sens au ralentit. Il y aurait des colombes s'élançant au ralenti que ça ne semblerait pas plus bizarre que ça. Afin de reprendre mes esprits, je décide de reprendre ma ballade initiale. Après tout le soleil brille, et ne pas en profiter serait un crime.Cet homme furieux qui se met en travers de mon chemin semble être d'accord avec moi, car il me traite de "meurtrier".
Il ne semble pas comprendre que j'ai une arme à feu en ma possession. Peut être qu'il en à une lui aussi. Je prends soudain peur...Je n'ai jamais été confronté à quelqu'un portant une arme à feu, et je ne sais vraiment pas comment je réagirais si cette situation arrivait un jour. Je pense que je serai terrifié. Le monsieur semble à la fois triste et en colère. C'est sa femme que j'ai dû atteindre en plein coeur. Il est jaloux peut être...Si je lui faisais part de mon trait d'esprit, je ne pense pas qu'il trouverait ça aussi drôle que moi. Je décide donc d'exhiber mon arme afin de lui faire reprendre ses esprits. Un canon pointé vers la caboche, notre mari furieux fait moins le malin. Il semble soudain comprendre que sa vie ne tient qu'à un fil. Si sa femme est morte par l'un de mes caprices, il pourrait tout aussi bien subir le même sort. Personne ne veut mourir, moi inclus. C'est sûrement pour ça que je me ballade avec un une arme de poing automatique pour aller chercher le pain... Notre casanova se met à pleurer à mesure que j'avance vers lui. "Pourquoi?!... S'il vous plaît!". Tantôt il s'indigne, tantôt il m'implore: il faudrait savoir.
Autant je n'avais pas senti le coup partir pour son épouse, autant je décide de tuer ce bougre de mon plein gré et avec une application exemplaire. Voyant le chien de mon arme reculer, il se laisse tomber au sol et se replie en position foetale. Ca a le don de m'énerver un peu plus. Comme ces longs insectes avec plein de pattes qui se roulent en boule quand tu les touches. Petit, je finissais toujours par les écraser du pied. C'est décidé, cette fois je le tue. Clic. Une balle dans la tête. Son corps subit un léger sursaut puis se déplie au ralentit pour finir dans une position grotesque. Clic. Une autre balle dans le torse. Je m'attends à un autre sursaut, comme dans les films. Il n'en est rien. ce n'est déjà plus qu'un cadavre sur lequel je vide le reste chargeur. Clic. Clic. Clic. Clic. Clic... Je suis un peu déçu. Je m'attendais à ce que ce soit un peu plus...Grisant. Pas même une décharge d'adrénaline, même pas la satisfaction d'un travail accompli. Juste appuyé plusieurs fois sur la gâchette pour voir ce qu'il se passerait. Tuer c'est nul. Au moins ça, maintenant, je le sais. Je mourrai moins bête.
Après un court moment de réflexion, je décide qu'il est mieux d'attendre la police. C'est une attitude raisonnable et responsable. Je m'assieds près du cadavre, laissant reposer l'arme à mes pieds. Le ciel est moins beau quand on observe son reflet dans le sang. Il en est même déprimant. Il fait si beau pourtant.
La police saura sûrement quoi faire de moi. J'ai tout de même tué deux personnes. Je ne me souviens même pas avoir jamais acheté d'arme à feu. Quel idée d'ailleurs d'en transporter une pour aller à la boulangerie...Mon cas est grave et je décide de m'en remettre à des instances compétentes. Assis sur le trottoir, les pieds trempant dans ma victime, j'attends les forces de l'ordre en fredonnant une chanson des Doors.
"People are strange when you're a stranger
Faces look ugly when you're alone
Women seem wicked when you're unwanted
Streets are uneven when you're down
When you're strange
Faces come out of the rain
When you're strange
No one remembers your name
When you're strange
When you're strange
When you're strange... "
Des mots, des textes, divagations de l'auteur. Je cultive l'étrange et le sensuel, le non-sens. Ce qui donne du piquant à la vie. J'aime écrire et j'espère que vous aimerez aussi...N'oubliez pas de tirer la chasse en partant.
mercredi 30 juin 2010
samedi 26 juin 2010
Divagations...
Les choses sont tellement plus simples lorsque l'on est saoûl. Je ne parle pas de jolies paraboles ou d'ébriétés légères, je parle de cuites sales. Je parle vomissures qui tâchent à côté de la cuvette. Je parle des choses dont on est capable qu'avec un verre de trop dans le sang. Je parle de ces expériences que l'on renit en souriant au détour d'une conversation en disant: "Ah ce soir là, qu'est-ce que j'étais bourré." Tout ça n'est que prétexte. Et les choses que l'on a bien voulu faire sous influence, sont celles qu'ont aura toujours voulu faire sans se l'avouer.
Ainsi, toi, tu sera sorti avec cette fille un peu trop grasse mais qui t'excite d'une façon que tu es incapable d'expliquer. Et tu n'as pas besoin de t'expliquer ma foi. Ces choses là tiennent de l'alchimie, de la magie...une odeur, une impression, un mouvement qui font de ce repoussoir un ange lubrique qui hante tes rêves les plus délurés. Elle ne tient pas des plus fiables canons de beauté, mais pourtant la langue qu'elle fait virevolter dans ta bouche électrise ton corps, ses caresses sont autant de braises jetées sur un feu déjà sauvage. Elle est le X de "sexe", la personne qui représente le fantasme inavoué, l'insondable perversité de ton être. Vos corps nus en frictions, produisent une énergie sans fin. Le souffle qui caresse sa nuque est chaud et humide. Votre étreinte lors de l'utlime spasme semble durer jusqu'à l'éternité....Pourtant demain tu riras à gorge déployé avec tes amis, de tes ébats déplacés. "J'étais bourré!" Que c'est drôle ma foi...Pourtant, aucune parcelle de ton être ne regrette cette soirée passée en compagnie du boudin de la promo, de celle dont personne ne veut. Parce que cette soirée est une des plus belle de ta vie et que tu ne te l'avouera jamais, tu es un être humain comme les autres: tu n'as rien compris. Ce qui fais de toi un exemple, l'évolution d'un genre en extinction, tu le renies en riant. "J'étais bourré"... Agir selon ses instincts et en accord avec ses émotions. Voilà pour moi ce qui fait de l'homme un être supérieur à l'animal. Si seulement la morale et la religion ne s'en étaient jamais mêlées, nous serions le sommet de la chaîne alimentaire. Le prédateur absolu. Alerte. Conscient de son environnement, de ses émotions, à l'écoute de soi. Un être sans honte et sans hésitations. Alors le monde serai meilleur. Alors je serai le roi des primates. Alors seulement, je serai heureux. Dans un monde où les gens sont désespérément honnêtes, ivres de vie, lubriques, idiots, déments...Vrais...
Ainsi, toi, tu sera sorti avec cette fille un peu trop grasse mais qui t'excite d'une façon que tu es incapable d'expliquer. Et tu n'as pas besoin de t'expliquer ma foi. Ces choses là tiennent de l'alchimie, de la magie...une odeur, une impression, un mouvement qui font de ce repoussoir un ange lubrique qui hante tes rêves les plus délurés. Elle ne tient pas des plus fiables canons de beauté, mais pourtant la langue qu'elle fait virevolter dans ta bouche électrise ton corps, ses caresses sont autant de braises jetées sur un feu déjà sauvage. Elle est le X de "sexe", la personne qui représente le fantasme inavoué, l'insondable perversité de ton être. Vos corps nus en frictions, produisent une énergie sans fin. Le souffle qui caresse sa nuque est chaud et humide. Votre étreinte lors de l'utlime spasme semble durer jusqu'à l'éternité....Pourtant demain tu riras à gorge déployé avec tes amis, de tes ébats déplacés. "J'étais bourré!" Que c'est drôle ma foi...Pourtant, aucune parcelle de ton être ne regrette cette soirée passée en compagnie du boudin de la promo, de celle dont personne ne veut. Parce que cette soirée est une des plus belle de ta vie et que tu ne te l'avouera jamais, tu es un être humain comme les autres: tu n'as rien compris. Ce qui fais de toi un exemple, l'évolution d'un genre en extinction, tu le renies en riant. "J'étais bourré"... Agir selon ses instincts et en accord avec ses émotions. Voilà pour moi ce qui fait de l'homme un être supérieur à l'animal. Si seulement la morale et la religion ne s'en étaient jamais mêlées, nous serions le sommet de la chaîne alimentaire. Le prédateur absolu. Alerte. Conscient de son environnement, de ses émotions, à l'écoute de soi. Un être sans honte et sans hésitations. Alors le monde serai meilleur. Alors je serai le roi des primates. Alors seulement, je serai heureux. Dans un monde où les gens sont désespérément honnêtes, ivres de vie, lubriques, idiots, déments...Vrais...
vendredi 31 juillet 2009
Les voies du Seigneur sont impénétrables.
Mathieu c'est un beau nom pour un prêtre, alors appelons le ainsi. Mathieu est un beau prêtre, athlétique, jeune, un regard bleu qui fait fantasmer les ménagères le dimanche matin. Il n'en a jamais profité, et ça ne lui manque absolument pas. Il n'a jamais connu l'amour, il n'a jamais connu la chair. Le Seigneur est venu "le cueillir" avant, comme il l'explique parfois aux jeunes de son aumônerie. D'ailleurs ce soir c'est avec eux qu'il a passé la soirée. Deux fois par an, il organisait une fête avec les jeunes paroissiens, histoires de leur montrer que l'église sait aussi profiter de la vie, et que le Seigneur aime bien les gens qui s'amusent. C'était une fête réussie, il y avait de la musique, des jus, et des sodas. Certains avaient apporté de l'alcool en douce, et ils les avaient sermonnés l'air de rien, comme s'il parlait à lui même. Les bouteilles étaient rentrées dans les sacs et n'en sortirent sûrement qu'après qu'il eut le dos tourné. Ces rassemblements étaient l'occasion de prendre le pouls de la nouvelle génération. De savoir qu'elle direction prenait le monde. Avoir des conversations "Off" sur des sujets variés. C'était un moment rare qu'il appréciait entre tous. Dimanche prochain il redeviendra à leurs yeux le Père Gardet, qui radotera les mêmes préchi-précha, dans un habit d'un autre temps...Mathieu vérifie une dernière fois qu'il a bien verrouillé les portes de la salle de l'aumônerie, puis il sort un paquet de cigarettes d'une poche de sa veste. Il regarde alentour et allume une cigarette avec un air ravit. C'est son pêché mignon, il en fume une de temps en temps, en se promenant dans sa rue déserte le soir. Et puis une grande camionette blanche s'arrête à sa hauteur. "Vous avez du feu mon Père?" lui demande une voix de femme. Il se rapproche et fait le tour pour voir qui lui parle et lui apporter le briquet. Alors qu'il est à hauteur du siège conducteur, trois paires de bras le saisissent par derrière. Tout va très vite. Une serviette trempé de chloroforme est appliqué sur sa bouche et son nez. Il crie, mais le tissu est appliqué avec fermeté et seul un faible son traverse. Ses forces l'abandonnent. "Seigneur protégez moi!" pense-t-il une dernière fois avant de tomber, inconscient.
Ce soir Mathieu Gardet va mourir...De plaisir. Kidnappé par Katsumi, Clara Morgane, Oksana, et Yasmine lors d'une opération commando, le Père Gardet va être amené dans un lieu inconnu puis violé en groupe par une vingtaine de stars de l'industrie pornographique française. Une nuit sans fin, aux tortures et humiliations multiples. Un bain de champagne qu'il devra prendre nu sous le regard avide de jeunes succubes lascives au corps de rêve, qui laveront chaque parcelle de sa peau avec leur langue chaude et nerveuse. Des paires de seins et des sexes humides à caresser et lécher toute une nuit durant, tandis que d'innombrables bouches viendront aspirer sa vie. Et puis un coït extatique, fiévreux, sans fin, qui repoussera le corps vierge du pauvre Mathieu dans ses derniers retranchements. Les yeux bandés, il sera relâché vers quatre heures du matin, au hasard des rues parisiennes. Souillé, exsangue, il regagnera, en état de choc, le pas mal assuré, son domicile, sa paroisse. Mathieu ne sera plus jamais le même...Mais que voulez-vous, il faut bien que les hardeuses décompressent un peu de temps en temps. Elles font ça une fois par mois. Le vendredi soir. Elles se réunissent en petite tenue sexy et décident de kidnapper un puceau au hasard dans Paris. Pour le violer en groupe et l'initier aux plaisirs de la chair. Enfin, c'est ce que j'imaginais quand j'étais jeune. Je les regardais, les yeux brillants et le sexe droit, s'ébattre sur mon écran d'ordinateur, déesses du sexe, amazones des temps modernes, et j'espérais qu'un jour, elles me choisiraient et viendraient m'emporter. Mais elles ne sont jamais venues...Salopes!
Ce soir Mathieu Gardet va mourir...De plaisir. Kidnappé par Katsumi, Clara Morgane, Oksana, et Yasmine lors d'une opération commando, le Père Gardet va être amené dans un lieu inconnu puis violé en groupe par une vingtaine de stars de l'industrie pornographique française. Une nuit sans fin, aux tortures et humiliations multiples. Un bain de champagne qu'il devra prendre nu sous le regard avide de jeunes succubes lascives au corps de rêve, qui laveront chaque parcelle de sa peau avec leur langue chaude et nerveuse. Des paires de seins et des sexes humides à caresser et lécher toute une nuit durant, tandis que d'innombrables bouches viendront aspirer sa vie. Et puis un coït extatique, fiévreux, sans fin, qui repoussera le corps vierge du pauvre Mathieu dans ses derniers retranchements. Les yeux bandés, il sera relâché vers quatre heures du matin, au hasard des rues parisiennes. Souillé, exsangue, il regagnera, en état de choc, le pas mal assuré, son domicile, sa paroisse. Mathieu ne sera plus jamais le même...Mais que voulez-vous, il faut bien que les hardeuses décompressent un peu de temps en temps. Elles font ça une fois par mois. Le vendredi soir. Elles se réunissent en petite tenue sexy et décident de kidnapper un puceau au hasard dans Paris. Pour le violer en groupe et l'initier aux plaisirs de la chair. Enfin, c'est ce que j'imaginais quand j'étais jeune. Je les regardais, les yeux brillants et le sexe droit, s'ébattre sur mon écran d'ordinateur, déesses du sexe, amazones des temps modernes, et j'espérais qu'un jour, elles me choisiraient et viendraient m'emporter. Mais elles ne sont jamais venues...Salopes!
mardi 28 juillet 2009
Un jour comme un autre...
Ca avait commencé dès le matin au réveil. En sortant du lit, il lui manquait son pied gauche. Des petites choses comme ça qui font qu'une journée commence mal.
- Tu n'aurais pas vu mon pied chérie? lui avais demandé Nicolas en cherchant sous le lit.
- Hier soir, tu l'as pris un court moment et ensuite tu t'es endormi. Je ne sais pas ce que tu en as fait moi. Avais répondu Elise en changeant le filtre de la cafetière. Une brave fille cette Elise, elle supporte toutes les excentricités de son copain avec flegme. Une jolie fille un peu bête, mais pleine de bon sens. Sans son café elle n'arrive jamais à rien, alors elle s'en prépare un avant d'aider Nicolas à chercher son pied.
Il était dans la douche. Les trente minutes qu'il a passé à fouiller le duplex ont finit par le mettre de franchement mauvaise humeur. Nicolas n'a pas eu le temps de prendre un café, lui, il a juste eu le temps de prendre le bus. Un bus plein de gens qui lui ressemblent, les coins de bouche tendant vers le bas, les yeux vitreux. Il n'a même pas eu le temps d'enfiler de vêtements, ça lui arrive souvent. Mais le temps c'est de l'argent, il lui suffira donc d'arriver en avance pour pouvoir s'acheter un costume flambant neuf une fois arrivé à la gare. Soudain quelque chose vient s'écraser violemment contre son crâne dans un bruit mat.
- Jeudi! s'exclame-t-il en se protégeant la tête avec les mains.
- Quel sale temps pas vrai? lui adjoint son camarade de bus avec une mine compatissante. Ca faisait longtemps qu'il n'avait pas plut des cordes par-ici. Celles-là ont même des noeuds dites-donc.
Nicolas contemple le noeud marin qui git à ses pieds en songeant qu'il devra aussi s'acheter un parapluie.
Le nez dans sa feuille, Nicolas a du mal à respirer, alors il recule un peu. Voilà, c'est bien mieux maintenant. Enfin pas vraiment. Sur la feuille il y a des chiffres et des lettres de différentes tailles, assemblées aléatoirement en cercles concentriques, qui tournent en sens inverses les uns par rapport aux autres. Il ne comprend pas ce qu'il doit faire. La seule indication lisible est le titre: "CECI EST UN TEST", écrit en caractère gras, italique souligné, et police gothique. Bien qu'il ai étudié le norvégien trois années durant, il ne comprend pas bien ce qu'il doit faire. Les gens autour de lui grattent frénétiquement des piles de feuilles de brouillon avec leurs ongles acérés. Ce sont tous des rapaces, il paraît que c'est ce que recherchent les employeurs dans son secteur. Résigné, Nicolas regarde au-dehors, à travers la large baie vitrée du bureau dans lequel il l'ont installé. Il a arrêté de pleuvoir. Les nuages ont de jolis sourires et de longs cheveux soyeux. Il fait beau.
- Bien, montrez moi votre CV jeune homme. Lui demande le RH à grosse tête. Nicolas lui pointe du doigt un bout de papier qui traine sur la table.
- Très bien jeune homme! s'exclame-t-il étonné. Vous avez un superbe sens de l'observation. Il était, en effet, sur la table! Il marque une pause, admiratif, avant de reprendre. Je vois également que vous n'avez fait aucune faute à notre test de logique.
- Je n'ai répondu à aucune question Monsieur...Répond Nicolas d'un air las.
- Oui mais au moins, vous ne chiez pas sur les sièges, et vous ne foutez pas des plumes partout comme les autres! Il part soudain dans un grand rire vaginal, aigu et hoquetant. Il rigole tellement bien qu'on dirait qu'il va s'étouffer. Nicolas, pragmatique se lève et fait le tour de la table. Il lui assène une grande gifle puis va se rassoir.
- Vous m'avez sauvé la vie! J'ai failli mourir de rire! Comment avez-vous su?
- Vous étiez bleu Monsieur...Et puis vous ne respiriez plus...
Le RH essuie du revers de la manche les quelques larmes qui glissent contre sa joue et reprend son souffle, un sourire goguenard aux lèvres.
- Vous me plaisez beaucoup jeune homme!!
- J'ai 67 ans Monsieur...
- Et bien moi j'en ai 35. Voilà, les présentations sont faites!
Le recruteur à grosse tête se lève et lui tend la main, visiblement ému. Nicolas l'imite sans trop de conviction. Ils se serrent la main.
- Vous commencez demain! A bientôt!
Sur le retour il avait plut aussi, mais des chiens et des chats cette fois, car il y avait un anglais dans le bus. Il avait raconté sa journée à Elise. La pluie, les rapaces, le RH à grosse tête...Elle avait sourit et l'avait embrassé tendrement.
- Tu as passé une dure journée...euh...
- Nicolas.
- Oui, c'est ça! Tu as passé une dure journée Nicolas. Prends un bon café et ça ira mieux.
Le café semblait régler tous les problèmes d'Elise, mais pas les siens. D'ailleurs que faisait elle à la maison toute la journée à part en boire des litres entiers?
- C'était un entretien pour quoi au fait? lui demande-t-elle soudain en amenant la cafetière à sa bouche.
- Je ne me souviens plus...Je verrai demain.
- Tu n'aurais pas vu mon pied chérie? lui avais demandé Nicolas en cherchant sous le lit.
- Hier soir, tu l'as pris un court moment et ensuite tu t'es endormi. Je ne sais pas ce que tu en as fait moi. Avais répondu Elise en changeant le filtre de la cafetière. Une brave fille cette Elise, elle supporte toutes les excentricités de son copain avec flegme. Une jolie fille un peu bête, mais pleine de bon sens. Sans son café elle n'arrive jamais à rien, alors elle s'en prépare un avant d'aider Nicolas à chercher son pied.
Il était dans la douche. Les trente minutes qu'il a passé à fouiller le duplex ont finit par le mettre de franchement mauvaise humeur. Nicolas n'a pas eu le temps de prendre un café, lui, il a juste eu le temps de prendre le bus. Un bus plein de gens qui lui ressemblent, les coins de bouche tendant vers le bas, les yeux vitreux. Il n'a même pas eu le temps d'enfiler de vêtements, ça lui arrive souvent. Mais le temps c'est de l'argent, il lui suffira donc d'arriver en avance pour pouvoir s'acheter un costume flambant neuf une fois arrivé à la gare. Soudain quelque chose vient s'écraser violemment contre son crâne dans un bruit mat.
- Jeudi! s'exclame-t-il en se protégeant la tête avec les mains.
- Quel sale temps pas vrai? lui adjoint son camarade de bus avec une mine compatissante. Ca faisait longtemps qu'il n'avait pas plut des cordes par-ici. Celles-là ont même des noeuds dites-donc.
Nicolas contemple le noeud marin qui git à ses pieds en songeant qu'il devra aussi s'acheter un parapluie.
Le nez dans sa feuille, Nicolas a du mal à respirer, alors il recule un peu. Voilà, c'est bien mieux maintenant. Enfin pas vraiment. Sur la feuille il y a des chiffres et des lettres de différentes tailles, assemblées aléatoirement en cercles concentriques, qui tournent en sens inverses les uns par rapport aux autres. Il ne comprend pas ce qu'il doit faire. La seule indication lisible est le titre: "CECI EST UN TEST", écrit en caractère gras, italique souligné, et police gothique. Bien qu'il ai étudié le norvégien trois années durant, il ne comprend pas bien ce qu'il doit faire. Les gens autour de lui grattent frénétiquement des piles de feuilles de brouillon avec leurs ongles acérés. Ce sont tous des rapaces, il paraît que c'est ce que recherchent les employeurs dans son secteur. Résigné, Nicolas regarde au-dehors, à travers la large baie vitrée du bureau dans lequel il l'ont installé. Il a arrêté de pleuvoir. Les nuages ont de jolis sourires et de longs cheveux soyeux. Il fait beau.
- Bien, montrez moi votre CV jeune homme. Lui demande le RH à grosse tête. Nicolas lui pointe du doigt un bout de papier qui traine sur la table.
- Très bien jeune homme! s'exclame-t-il étonné. Vous avez un superbe sens de l'observation. Il était, en effet, sur la table! Il marque une pause, admiratif, avant de reprendre. Je vois également que vous n'avez fait aucune faute à notre test de logique.
- Je n'ai répondu à aucune question Monsieur...Répond Nicolas d'un air las.
- Oui mais au moins, vous ne chiez pas sur les sièges, et vous ne foutez pas des plumes partout comme les autres! Il part soudain dans un grand rire vaginal, aigu et hoquetant. Il rigole tellement bien qu'on dirait qu'il va s'étouffer. Nicolas, pragmatique se lève et fait le tour de la table. Il lui assène une grande gifle puis va se rassoir.
- Vous m'avez sauvé la vie! J'ai failli mourir de rire! Comment avez-vous su?
- Vous étiez bleu Monsieur...Et puis vous ne respiriez plus...
Le RH essuie du revers de la manche les quelques larmes qui glissent contre sa joue et reprend son souffle, un sourire goguenard aux lèvres.
- Vous me plaisez beaucoup jeune homme!!
- J'ai 67 ans Monsieur...
- Et bien moi j'en ai 35. Voilà, les présentations sont faites!
Le recruteur à grosse tête se lève et lui tend la main, visiblement ému. Nicolas l'imite sans trop de conviction. Ils se serrent la main.
- Vous commencez demain! A bientôt!
Sur le retour il avait plut aussi, mais des chiens et des chats cette fois, car il y avait un anglais dans le bus. Il avait raconté sa journée à Elise. La pluie, les rapaces, le RH à grosse tête...Elle avait sourit et l'avait embrassé tendrement.
- Tu as passé une dure journée...euh...
- Nicolas.
- Oui, c'est ça! Tu as passé une dure journée Nicolas. Prends un bon café et ça ira mieux.
Le café semblait régler tous les problèmes d'Elise, mais pas les siens. D'ailleurs que faisait elle à la maison toute la journée à part en boire des litres entiers?
- C'était un entretien pour quoi au fait? lui demande-t-elle soudain en amenant la cafetière à sa bouche.
- Je ne me souviens plus...Je verrai demain.
lundi 6 juillet 2009
Je mange un chien...
C'est fou cet amour que j'ai pour les titres idiots, cette propension que j'ai à tenter de créer des effets d'annonces. Une volonté farouche de forcer le décalé, de faire l'imbécile et de jouer avec les mots, les sons, juste pour le plaisir de tapoter mon clavier. Une sorte de branlette de l'égo en somme? C'est marrant, parce que si j'avais prononcé la phrase précédente à haute voix, on aurait pu croire que je tentais de masturber un jouet danois, alors qu'en fait il n'en est rien. C'est fascinant non?
Bref, ce penchant, un brin déviant, pour les associations de mots peu orthodoxes me vient de la petite enfance. C'était une belle époque. Un âge d'or pour les extravagants du langage et les rigolos rigolards. Un temps où un "bébé cadum", ou encore un "prout chat rideau" ou quelques autres expressions farfelues bien placées rendaient un quidam populaire, drôle, charmant, voir parfois puissant. C'étaient les balbutiements du langage. Les mots n'avaient pas de sens réel, mais possédaient une sorte de pouvoir magique. Il fallait trouver la combinaison lexicale parfaite, dans le bon ordre et dans les bonnes proportions pour obtenir un effet maximal. Mon style, ainsi que les fondements de mon humour proviennent de cette époque, où, chaque enfant était à la fois un poète visionnaire et un Jean-Marie Bigard en puissance.
Pourquoi je vous parle de tout ça? Parce que j'avais rudement envie d'écrire et ce depuis quelques temps. D'ailleurs, quel est le crétin qui à inventé cette expression? "Rudement"...Parfois à force de les entendre ou de les dire, les mots perdent de leur sens et deviennent d'étranges étrangers. Et je dois dire que le malaise qui en découle est une de mes grandes drogues. Redécouvrir un mot est toujours une grande joie, vous ne trouvez pas? Mais je m'écarte du sujet (y en a-t-il un au moins?). Donc, j'avais envie d'écrire, et après le visionnage cette après-midi du film 'La Bostella', je me suis dit qu'il était temps de s'y remettre. Edouard Baer est un type sympa qui m'inspire énormément et je lui dédicace ce petit article inutile, qui n'a aucun autre but que celui de m'épancher.
Et surtout un joyeux Noël!
Bref, ce penchant, un brin déviant, pour les associations de mots peu orthodoxes me vient de la petite enfance. C'était une belle époque. Un âge d'or pour les extravagants du langage et les rigolos rigolards. Un temps où un "bébé cadum", ou encore un "prout chat rideau" ou quelques autres expressions farfelues bien placées rendaient un quidam populaire, drôle, charmant, voir parfois puissant. C'étaient les balbutiements du langage. Les mots n'avaient pas de sens réel, mais possédaient une sorte de pouvoir magique. Il fallait trouver la combinaison lexicale parfaite, dans le bon ordre et dans les bonnes proportions pour obtenir un effet maximal. Mon style, ainsi que les fondements de mon humour proviennent de cette époque, où, chaque enfant était à la fois un poète visionnaire et un Jean-Marie Bigard en puissance.
Pourquoi je vous parle de tout ça? Parce que j'avais rudement envie d'écrire et ce depuis quelques temps. D'ailleurs, quel est le crétin qui à inventé cette expression? "Rudement"...Parfois à force de les entendre ou de les dire, les mots perdent de leur sens et deviennent d'étranges étrangers. Et je dois dire que le malaise qui en découle est une de mes grandes drogues. Redécouvrir un mot est toujours une grande joie, vous ne trouvez pas? Mais je m'écarte du sujet (y en a-t-il un au moins?). Donc, j'avais envie d'écrire, et après le visionnage cette après-midi du film 'La Bostella', je me suis dit qu'il était temps de s'y remettre. Edouard Baer est un type sympa qui m'inspire énormément et je lui dédicace ce petit article inutile, qui n'a aucun autre but que celui de m'épancher.
Et surtout un joyeux Noël!
samedi 20 juin 2009
Projet Purple Bob: Vincent
Une coupe de champagne à la main, Vincent est le prince des débuts de soirée réussis. Les gens papillonnent autour de lui, attirés par son charisme et son sens inné de la fête. Quelque soit la personne qui se présente à lui, il a toujours un bon mot. Un truc catchy qui fait rire et laisse une forte impression. Il en a un plein carnet de ces phrases toutes faites. Quand il en trouve une nouvelle, il la note. Vincent se ballade dans la galerie, arborant un air absorbé, contemplant des photos qui ne lui évoquent rien de particulier. C’est lui qui a organisé ce vernissage. A force de persévérance, d’entêtement, d’endettement, le mensonge était devenu réalité. Ses collègues à la poste de Bagneux seraient surpris s’ils le voyaient dans cette galerie du XVIe.
-" J'adore son sens des perspectives! Il revisite la profondeur pour créer des images incroyables. Et ces couleurs!..."
Le quidam qu'il à intercepté en face d'une photo racoleuse et sans âme semble être d'accord, mais il reste sans voix face à son éloquence...Un idiot! D'ailleurs il ne le connaît pas. Il ne l'a pas invité celui-là! Dans ce cas, rien ne sert de s'attarder.
-" J'ai été ravi!"
Aucun échange de noms, pas de poignée de main. Un carnet d’adresse ça se travaille. Pas la peine de ruiner son statut en donnant sa carte à quelqu’un sans importance…Il y a si peu de temps encore, c’était lui qu’on snobait. Allez, une tape sur l'épaule suffira, pas la peine de l’humilier en public. Etre condescendant c'est sa marque de fabrique. Il s'était dit qu'il devait l'être absolument pour parfaire son personnage. L'expérience lui a, à maintes reprises, prouvé qu'il avait eu raison.
Aujourd'hui c'est sa dernière représentation. L'apothéose d'une année extraordinaire. La concrétisation d'un rêve, mais également le début de la fin probablement. Aucun regret, ce soir c'est son anniversaire...Son ultime mensonge. Après les fêtes VIP, les vêtements hors de prix, les locations de palaces, la voiture de sport, c’était son troisième crédit. Ou peut-être le quatrième, il ne se souvient plus. Tout était passé dans l’organisation de cette fête. Ca sera grandiose. En attendant, il profite de son dernier vernissage et sirote sa flute de champagne en regardant dehors d'un air absent. Bientôt le surendettement, les huissiers, la rue…Et puis il y a ce type violet qui passe à poil sur son cheval. Un happening? Il y a de drôles de types à Paris tout de même.
-" J'adore son sens des perspectives! Il revisite la profondeur pour créer des images incroyables. Et ces couleurs!..."
Le quidam qu'il à intercepté en face d'une photo racoleuse et sans âme semble être d'accord, mais il reste sans voix face à son éloquence...Un idiot! D'ailleurs il ne le connaît pas. Il ne l'a pas invité celui-là! Dans ce cas, rien ne sert de s'attarder.
-" J'ai été ravi!"
Aucun échange de noms, pas de poignée de main. Un carnet d’adresse ça se travaille. Pas la peine de ruiner son statut en donnant sa carte à quelqu’un sans importance…Il y a si peu de temps encore, c’était lui qu’on snobait. Allez, une tape sur l'épaule suffira, pas la peine de l’humilier en public. Etre condescendant c'est sa marque de fabrique. Il s'était dit qu'il devait l'être absolument pour parfaire son personnage. L'expérience lui a, à maintes reprises, prouvé qu'il avait eu raison.
Aujourd'hui c'est sa dernière représentation. L'apothéose d'une année extraordinaire. La concrétisation d'un rêve, mais également le début de la fin probablement. Aucun regret, ce soir c'est son anniversaire...Son ultime mensonge. Après les fêtes VIP, les vêtements hors de prix, les locations de palaces, la voiture de sport, c’était son troisième crédit. Ou peut-être le quatrième, il ne se souvient plus. Tout était passé dans l’organisation de cette fête. Ca sera grandiose. En attendant, il profite de son dernier vernissage et sirote sa flute de champagne en regardant dehors d'un air absent. Bientôt le surendettement, les huissiers, la rue…Et puis il y a ce type violet qui passe à poil sur son cheval. Un happening? Il y a de drôles de types à Paris tout de même.
mercredi 10 juin 2009
Le petit short blanc
Assis en terrasse, la buée perle le long de son demi pêche. Enfoncé dans son siège en osier tressé, il se demande ce qu'il fait ici, avec elle...Coïncidence? Non, elle l'a sûrement fait exprès. Il est à peine dix-neuf heures, le soleil à encore du chemin à faire avant de quitter l'horizon. Il fait chaud. Dans un troquet sans nom place Saint Michel, il regarde la vie grouiller, une main qui passe machinalement dans les longs cheveux blonds de sa voisine. Il a envie de tirer dessus de toutes ses forces. De renverser sa chaise et de rouer son jolie visage de coups poings. Elle lui sourit et amène une cigarette à sa bouche. Les volutes de fumée dansent à la surface de ses grandes lunettes de soleil. Il se dit que ce soir il vont faire l'amour et se demande comment ça va se passer. Va-t-elle l'embrasser tendrement sur le chemin du retour? Ses lèvres pulpeuses qui se posent un instant dans sa nuque, au coin de sa bouche, sur son oreille. Elle explosera sûrement dans un de ses rires tonitruants dans la rame de métro tandis qu'elle glissera discrètement une main dans son pantalon. Extravagante petite garce. Lubrique et sensuelle... Arrivé à l'appartement, elle fera mine de ne plus avoir envie de lui et s'assira sur le canapé devant la télé. Et tandis qu'il se préparera un martini dans la cuisine, elle surgira sans crier gare. A genoux, elle le rendra fou avec ses lèvres, avec sa langue.
Il sirote à nouveau sa bière sucrée en regardant les jolies filles à travers ses lunettes. Peut-être qu'il réussira à trouver mieux. A lui échapper. Elle glisse sa main contre sa cuisse et constate son érection. Elle part dans un de ces éclats de rire, graves et explosifs, qui l'énervent tant. Il la déteste car il est faible...Elle le tue à petit feu, lui vole toute sa sève. Il n'est plus lui même, il est son jouet, son esclave. Elle a volé son âme. Tout ça à cause de ce petit short blanc.
Il y a quelques mois, il était exactement au même endroit. Avec une fille différente...La femme de sa vie. Une grande brune, à la peau diaphane. Douce et intelligente. Celle qui devait un jour être la mère de ses enfants. Même si ces mots n'avaient jamais été prononcés, il les avait bel et bien pensé un jour au cours des deux années qu'avaient duré leur relation. Et voilà ce short blanc qui traverse sous ses yeux. Sulfureux petit bout de femme. Blonde flamboyante aux lèvres sensuelles, envoutante. Elle danse sur ses talons et s'accapare l'espace. Tout n'est soudain plus là que pour la faire briller. Les hommes se retournent, les femmes grincent des dents et la traitent de pute. Des hanches pleines qui dansent en rythme, des fesses fermes qui tendent ce short indécent. Une cambrure qui fait battre son coeur très fort. Il tremble. Il n'aurait jamais cru qu'une fille puisse un jour lui faire cet effet. Ces seins qui tendent son T-shirt échancré en un décolleté vertigineux. Elle n'a pas de soutien gorge, et il peut voir ses seins rebondir à chacun de ses pas. Galbés, parfaits. Son sang se met à bouillir. Il perd la raison. Il ne parvient plus à penser. Il a envie de la toucher. Enlever ses vêtements et parcourir son corps de ses mains. La pénétrer...Soudain il n'arrive plus à penser, il ne peut plus la lâcher des yeux. Il la veut. Il n'a jamais connu un désir aussi puissant de toute sa vie...
Il s'était levé, sans un regard pour sa compagne, pour aller la rejoindre. A sa hauteur, il l'avait attrapé par le bras. Elle s'était retourné et il l'avait embrassé. Elle s'était laissé faire en rigolant. Ce rire, qui aujourd'hui lui donne la nausée, mais qui alors, l'avait tellement excité qu'il en avait oublié la femme assise à la terrasse qui pleurait de rage. Maintenant il était coincé avec cette petite femme blonde, avec ce rire. Le diable en petit short blanc.
Il sirote à nouveau sa bière sucrée en regardant les jolies filles à travers ses lunettes. Peut-être qu'il réussira à trouver mieux. A lui échapper. Elle glisse sa main contre sa cuisse et constate son érection. Elle part dans un de ces éclats de rire, graves et explosifs, qui l'énervent tant. Il la déteste car il est faible...Elle le tue à petit feu, lui vole toute sa sève. Il n'est plus lui même, il est son jouet, son esclave. Elle a volé son âme. Tout ça à cause de ce petit short blanc.
Il y a quelques mois, il était exactement au même endroit. Avec une fille différente...La femme de sa vie. Une grande brune, à la peau diaphane. Douce et intelligente. Celle qui devait un jour être la mère de ses enfants. Même si ces mots n'avaient jamais été prononcés, il les avait bel et bien pensé un jour au cours des deux années qu'avaient duré leur relation. Et voilà ce short blanc qui traverse sous ses yeux. Sulfureux petit bout de femme. Blonde flamboyante aux lèvres sensuelles, envoutante. Elle danse sur ses talons et s'accapare l'espace. Tout n'est soudain plus là que pour la faire briller. Les hommes se retournent, les femmes grincent des dents et la traitent de pute. Des hanches pleines qui dansent en rythme, des fesses fermes qui tendent ce short indécent. Une cambrure qui fait battre son coeur très fort. Il tremble. Il n'aurait jamais cru qu'une fille puisse un jour lui faire cet effet. Ces seins qui tendent son T-shirt échancré en un décolleté vertigineux. Elle n'a pas de soutien gorge, et il peut voir ses seins rebondir à chacun de ses pas. Galbés, parfaits. Son sang se met à bouillir. Il perd la raison. Il ne parvient plus à penser. Il a envie de la toucher. Enlever ses vêtements et parcourir son corps de ses mains. La pénétrer...Soudain il n'arrive plus à penser, il ne peut plus la lâcher des yeux. Il la veut. Il n'a jamais connu un désir aussi puissant de toute sa vie...
Il s'était levé, sans un regard pour sa compagne, pour aller la rejoindre. A sa hauteur, il l'avait attrapé par le bras. Elle s'était retourné et il l'avait embrassé. Elle s'était laissé faire en rigolant. Ce rire, qui aujourd'hui lui donne la nausée, mais qui alors, l'avait tellement excité qu'il en avait oublié la femme assise à la terrasse qui pleurait de rage. Maintenant il était coincé avec cette petite femme blonde, avec ce rire. Le diable en petit short blanc.
jeudi 28 mai 2009
Apologie des gens bourrés
Il m'est apparu quelque chose d'extraordinaire il y a quelques jours. Deux doigts dans la gorge, je peinais à clore ma biture mensuelle comme il se devait. J'abandonnais cette tâche peu ragoutante et décidais de m'en remettre à mère nature. Titubant tant bien que mal jusqu'à mon lit, la lumière m'apparut soudain...En double et très floue. Et tandis que ma compagne m'exhortait à migrer vers le canapé du bas, je me promettais secrètement, à haute voix, d'écrire l'apologie des gens saouls.
Pourquoi une apologie? Parce que c'est toujours un texte assez exaltant à écrire, plein de passion et d'expressions verbeuses. Des choses qui siéent plutôt bien à une personne régulièrement atteint de diarrhée verbale comme moi. C'est d'ailleurs un aspect de ma personnalité que peu de personnes connaissent et que je réserve à l'intimité d'une conversation en tête à tête ou bien à la chaleur étroite des petits bars à 3 heures du matin. La liaison est toute faite et à ce propos je peux en revenir aux évènements de cette fameuse soirée.
Certaines personnes sont comme des fleurs qui s'épanouissent et s'ouvrent lorsqu'on les arrose correctement. Moi et mon ami S. sommes ce genre d'individus plutôt réservés d'ordinaire, sympathiques au demeurant, qui deviennent rayonnants, affables, superbes, lorsque proprement arrosés par la bonne quantité d'alcool.
Ainsi la première heure passe et quelques anges l'accompagnent tandis que nous sirotons nos bières belges, échangeant quelques mots au lance-pierre. La 2e pinte c'est le déclic, le feu aux poudres. Le verre est à moitié vide, car je suis un grand optimiste, et le nectar créé par les moines trapistes flamands allergiques à l'eau commence à faire son petit effet.
- Dis donc, elle est forte la Maredsous...
- Ouais! me répond S. dans une envolée lyrique sans précédent.
Le rouge me monte aux joues et chaque gorgée me rapproche un peu plus de l'ivresse. C'est le moment de la soirée où les souvenirs deviennent flous. Nous changeons d'endroit. Un demi et un mètre de shooters plus tard, je suis le roi du monde.
On ne se souvient jamais clairement du moment où les choses basculent, mais à un moment je chante à tue-tête Thunderstruck de AC/DC, le pied sur un tabouret du bar. Je suis heureux et tout me ravit. J'ai soudain un avis tranché sur toutes sortes de sujets dont je n'avais moi même pas idée. Je discute à coeur ouvert de l'évolution musicale du métal avec un quinquagénaire bedonnant et moustachu. Le barman me raconte sa vie et je lui explique sans complexe pourquoi la séparation de ses parents l'a poussé à exercer ce métier. Mon pote me demande mon avis sur cette fille qui vient de lui mettre une main aux fesses. Je suis multi-tâche, omnipotent, et omniscient. Je parle à tout le monde et tout le monde me parle. J'ai une solution à tout car je suis l'alpha et l'oméga. Je suis Dieu, et le moustachu m'offre un shooter en offrande pour que je rende sa vie meilleure. Je ne fais plus qu'un avec les poivrots de tout l'univers. La clope au bec, je titube, et tout me semble génial, frais, nouveau, double, flou, mouvant...magique! Je m'incruste dans une conversation en terrasse, ils ont besoin de mon aide. Un homme élégant me tient la pige. Nous discutons de la quête de l'absolu féminin, de la beauté du monde, de la société, des femmes encore...Nous sommes brillants et nos idées révolutionneront un jour ce monde pourri. Les gens qui nous regardent débattre à grand renfort de gestes maladroits et de décibels sourient et se moquent. Tout à l'heure, c'est moi qui me moquais. Je suis passé de l'autre côté du miroir. Ce sont eux qui n'ont rien compris. Les ivrognes sont comme des aimants, ils attirent à eux leurs semblables avec une étonnante efficacité. Je suis désormais le président des poivrots. Et les conversations deviennent mythiques. Mais la magie n'opère jamais longtemps, et tandis que les verres se vident, le groupe s'effrite. La communion des poivrots est éphémère. Le teint pâle et l'haleine chargée, chacun rentre chez lui. Traînant les pieds à l'intérieur du bar je retrouve S. qui m'attend avec le demi qui me coûtera la vie. La bière, n'à plus le même goût. C'est un calvaire de la finir. J'ai envie de vomir...Le bar ferme et je me retrouve seul dans la rue, hagard et nauséeux, titubant vers un nouveu lendemain en parlant tout seul. C'est jurée, demain j'arrête de boire!
Pourquoi une apologie? Parce que c'est toujours un texte assez exaltant à écrire, plein de passion et d'expressions verbeuses. Des choses qui siéent plutôt bien à une personne régulièrement atteint de diarrhée verbale comme moi. C'est d'ailleurs un aspect de ma personnalité que peu de personnes connaissent et que je réserve à l'intimité d'une conversation en tête à tête ou bien à la chaleur étroite des petits bars à 3 heures du matin. La liaison est toute faite et à ce propos je peux en revenir aux évènements de cette fameuse soirée.
Certaines personnes sont comme des fleurs qui s'épanouissent et s'ouvrent lorsqu'on les arrose correctement. Moi et mon ami S. sommes ce genre d'individus plutôt réservés d'ordinaire, sympathiques au demeurant, qui deviennent rayonnants, affables, superbes, lorsque proprement arrosés par la bonne quantité d'alcool.
Ainsi la première heure passe et quelques anges l'accompagnent tandis que nous sirotons nos bières belges, échangeant quelques mots au lance-pierre. La 2e pinte c'est le déclic, le feu aux poudres. Le verre est à moitié vide, car je suis un grand optimiste, et le nectar créé par les moines trapistes flamands allergiques à l'eau commence à faire son petit effet.
- Dis donc, elle est forte la Maredsous...
- Ouais! me répond S. dans une envolée lyrique sans précédent.
Le rouge me monte aux joues et chaque gorgée me rapproche un peu plus de l'ivresse. C'est le moment de la soirée où les souvenirs deviennent flous. Nous changeons d'endroit. Un demi et un mètre de shooters plus tard, je suis le roi du monde.
On ne se souvient jamais clairement du moment où les choses basculent, mais à un moment je chante à tue-tête Thunderstruck de AC/DC, le pied sur un tabouret du bar. Je suis heureux et tout me ravit. J'ai soudain un avis tranché sur toutes sortes de sujets dont je n'avais moi même pas idée. Je discute à coeur ouvert de l'évolution musicale du métal avec un quinquagénaire bedonnant et moustachu. Le barman me raconte sa vie et je lui explique sans complexe pourquoi la séparation de ses parents l'a poussé à exercer ce métier. Mon pote me demande mon avis sur cette fille qui vient de lui mettre une main aux fesses. Je suis multi-tâche, omnipotent, et omniscient. Je parle à tout le monde et tout le monde me parle. J'ai une solution à tout car je suis l'alpha et l'oméga. Je suis Dieu, et le moustachu m'offre un shooter en offrande pour que je rende sa vie meilleure. Je ne fais plus qu'un avec les poivrots de tout l'univers. La clope au bec, je titube, et tout me semble génial, frais, nouveau, double, flou, mouvant...magique! Je m'incruste dans une conversation en terrasse, ils ont besoin de mon aide. Un homme élégant me tient la pige. Nous discutons de la quête de l'absolu féminin, de la beauté du monde, de la société, des femmes encore...Nous sommes brillants et nos idées révolutionneront un jour ce monde pourri. Les gens qui nous regardent débattre à grand renfort de gestes maladroits et de décibels sourient et se moquent. Tout à l'heure, c'est moi qui me moquais. Je suis passé de l'autre côté du miroir. Ce sont eux qui n'ont rien compris. Les ivrognes sont comme des aimants, ils attirent à eux leurs semblables avec une étonnante efficacité. Je suis désormais le président des poivrots. Et les conversations deviennent mythiques. Mais la magie n'opère jamais longtemps, et tandis que les verres se vident, le groupe s'effrite. La communion des poivrots est éphémère. Le teint pâle et l'haleine chargée, chacun rentre chez lui. Traînant les pieds à l'intérieur du bar je retrouve S. qui m'attend avec le demi qui me coûtera la vie. La bière, n'à plus le même goût. C'est un calvaire de la finir. J'ai envie de vomir...Le bar ferme et je me retrouve seul dans la rue, hagard et nauséeux, titubant vers un nouveu lendemain en parlant tout seul. C'est jurée, demain j'arrête de boire!
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