mardi 31 janvier 2012

Fiction

C’est toujours comme ça. Je rentre à la maison fatigué de ma journée. Aujourd’hui, comme tous les jours, les ennuis se sont succédés à un rythme effréné.
D’abord Francis, le type de la comptabilité, qui m’annonce qu’on doit faire une modification dans une vingtaine de programmes d’ici ce soir pour résoudre un plantage qui est de LEUR faute. Comme je me doute que les clients aimeraient recevoir l’argent qui leur est dû en temps et en heure, je dois abandonner mon projet actuel et faire plancher toute mon équipe sur le problème de cet enculé de Francis. Nous avons déjà accumulé vingt jours de retard sur le planning initial. Ensuite, c’est mon chef qui vient me trouver pour me dire que je suis un trou du cul. Texto. Selon lui mes projets sont bâclés, je dépasse allègrement les charges définies, et puis j’ai une tenue inadéquate. Je ne comprends pas. Costume marron foncé, chaussures marron, chemise blanche et cravate dorée unie. Je suis impeccable. Le costume sort du pressing et ma chemise  repassée du matin. Je suis rasé, mon haleine est fraiche. Je ne comprends pas. Et puis soudain je comprends. Ce type me déteste et n’importe quel prétexte sera bon pour me saquer. Il a de la bile à revendre, et il a choisi de la déverser sur MOI. C’est ainsi on y peut rien. Je me tais et pense à autre chose. Comme ça serai bien d’avoir un travail épanouissant. Je m’imagine, lui tranchant la gorge. Son regard surpris tandis que le sang inonderait son costume clair bon marché. De retour à mon bureau je constate que mes collègues sont déjà tous partis manger. Personne ne m’a attendu. Je déteste manger seul, seul à en crever. Je sors donc m’acheter un sandwich que je mange devant mon PC en continuant de travailler, ça m’occupe l’esprit. Il est 18 heures quand nous arrivons enfin à résoudre le problème de ce connard de Francis. Merci, me dit-il par mail, tu as assuré. J’aimerai planter un couteau dans son ventre pour voir ce qui en sortirait. Nous partons célébrer notre victoire de la journée à la machine à café. Quand je reviens, un petit malin a envoyé de mon poste un mail dégueulasse à toute la direction. J’avais oublié de verrouiller mon PC. Mon chef trouve alors un magnifique prétexte pour me renvoyer, ce qu’il fait 30 minutes plus tard. Je quitte son bureau, suivi des yeux par tout mon service. Je prends mon manteau et ma mallette pour pouvoir enfin rentrer chez moi me reposer. Je m’apprête à descendre les escaliers quand Berthier s’interpose. Je suis désolé, me dit-il penaud, je vais tout de suite aller voir le chef et lui dire que c’est moi. Le mail n’était que pour notre équipe normalement.Je sais pas ce qui s'est passé. Il se confond en excuses. Je le regarde. Il me regarde.... Je le pousse dans les escaliers. Excuses refusées.Je vais prendre l’ascenseur finalement.
Et me voilà enfin à la maison. Après deux heures coincé dans le RER sous les aisselles d'un géant suintant et puant. Après 19 étages montés à pied (les trois ascenseurs sont tombés en panne). Elle est là, à me parler de je ne sais quoi pendant que je me sers un verre de porto. Je n'ai même pas eu le temps de retirer mon manteau qu'elle m'est tombé dessus. Elle me reproche tout un tas de choses comme d'habitude. Son discours est complexe et pars dans de nombreuses digressions. Je sirote mon verre et fait mine d'écouter . Lorsque je veux la dépasser pour déposer mes affaires. Elle me barre le chemin et me repousse violemment. Tu ne m'écoutes pas! Tu ne m'écoutes jamais! me hurle-t-elle. Oula! Ca dégénère apparemment. Je ferai mieux d'écouter maintenant qu'elle pleure. Je dépose mon verre et m'apprête à parler. Désolé, j'ai eu une journée de...Elle ne me laisse pas finir et me jette mon apéritif au visage. Pourquoi aujourd'hui?...Elle me regarde à bout de nerf. Moi, mpassible, fatigué, usé, désabusé. Sa colère monte d'un cran. Elle m'envoie une gifle. Pourquoi est-ce qu'elle a décidé de me casser les couilles aujourd'hui? Elle me donne une autre gifle. Plus forte cette fois. Chérie s'il te plaît, calme-toi. Elle n'écoute plus et devient hystérique. Elle hurle et bondit en tout sens. Elle me griffe le visage. Je suis fatigué, j'en ai marre de ces jérémiades. Elle me frappe de toutes ses forces, mais les coups ne me font plus rien. Je regarde la scène en dehors de mon corps. Je n'ai plus aucune prise. Mon double serre les poings, le sang palpite fort dans ses tempes. Tu as choisi la mauvaise journée mon amour, je suis désolé.

lundi 30 janvier 2012

Sans queue ni tête...Un cheval peut-être?

Mais si je vous jure! Il était là pourtant...Un coeur qui bat, il n'y a pas si longtemps. C'est comme se dire qu'on avale une couleuvre, quand on réfléchit ça doit être dur. Comme une orange pas mûre. Sauter d'une chaise et se casser les deux jambes, c'est idiot. Peut-être mais ça m'est déjà arrivé deux fois cette semaine. Pourquoi les gens me regardent ils méchamment dans la rue? L'amour rend nerveux. Moi je les aime bien les gens, et ils me le rendent au centuple avec des cailloux pleins d'émotions de toutes les couleurs.
Il y a un animal trop mûre qui roule sur le plancher du métro. C'est une tortue asymétrique, voir pyramidale. Les gens lui donnent des coups de pied car on est en France et c'est le sport nationale. On voit parfois des choses étranges dans le métro.
Ma foi dans la vie est égale au nombres de mots qui auraient du sortir de ma bouche tout à l'heure. C'était il y a longtemps et je ne sais pas vraiment quoi en faire. Ils dégoulinent aux commissures des lèvres. Je les laisserais sortir tout à l'heure s'ils sont sages. Mes doux agneaux. C'est bien dommage qu'il n'y ait que moi pour en profiter. J'aimerais les cracher à la figure de cette adolescente boutonneuse aux jolies habits. Sa frange me donne chaud.
Penser et écrire. Ecrire et ne rien en penser. Danser, rire, manger. Tout faire en même temps si possible, mais c'est dur, comme l'eau de ma douche. Abreuver ses meubles de paroles mielleuses et se dire que c'est géniale quand c'est sorti. Si j'avais des amis ils souriraient comme ma table basse, je lui raconte n'importe quoi. Moi aussi je souris, parce qu'elle est la seule qui m'écoute discourir sans souscis de début, de fin, de milieu, d'entre-deux, d'entre-chat, d'entracte, d'ambages, d'emballage en somme. Je me laisse aller. Parler pour parler. C'est dommage que ça rende moins bien sur un écran d'ordinateur.
Tokyo Tower! C'est loin mais qu'est-ce que c'est funky. Je regarde sa photo et je fais du break. Une vision satisfaisante de la musique en métal urbain. J'aimerai ne jamais m'arrêter, mais il faut que je donne de l'eau à mon poisson.
Une forêt de pains, dans un pays lointain. Leurs épines rentre dans le palais. Le roi avait pourtant renforcé la sécurité. La garde est débordé de levure et de farine. C'est la faim. Leroy est mort, vive Jenkins! Dans un sens c'est ce qui nous attend tous, et dans l'autre...suot dnetta suon iuq ec tse'C.
C'est souvent en fin de soirée que je me rends compte que personne n'écoute ce que je dis. Mais je le dis souvent dans ma tête aussi. S'ils pouvaient entendre, je me demande ce qu'en diraient les NSYNC. "Julien tu es un type cool...Ne t'arrête jamais." Alors je serais bien embêté du coup. J'attraperai des crampes et je serais tout lyophilisé, mais je serai heureux ça c'est sûr. Parce que j'aime beaucoup Justin Timberlake d'une part.

En conclusion, La funk japonaise ça déchire (merci Ken pour ce lien).

vendredi 27 janvier 2012

Moi à nouveau?

Ce matin, il a suffit d’une coïncidence, pour que je comprenne ce qui me ronge depuis si longtemps. Il m’a fallu du temps pour réaliser, pourtant les indices ne manquaient pas. Maintenant quoi faire ?

Ca fait plus d’un an que je n’ai rien écrit de concret et dernièrement je sens quelque chose en moi qui germe. Je me mets à penser que je devrai peut-être retravailler mon premier manuscrit que les éditeurs avaient refusés. Je me dis ça tout en commençant le premier tome de 1Q84 de Haruki Murakami. Dans ce livre un des héros est un écrivain qui n’a jamais publié, et c’est en réécrivant le manuscrit d’une inconnue qu’il se redécouvre et trouve enfin ce qui lui manquait. Il décide d’écrire un nouveau roman, convaincu, sans l’ombre d’un doute qu’il sera bientôt publié.

Cette semaine je retombe sur une vieille connaissance. Nous prenons le café et il se met à me parler de mon blog. Blog que je n’ai pas alimenté depuis plus an. « C’est vraiment dommage mec ! Tu as quelque chose, ne le perds pas. Il faut bosser, il faut t’y remettre. Ca ne tombe pas tout cru. Donne toi les moyens! » m’a-t-il dit en me regardant droit dans les yeux. C’est le genre de paroles qu’il ne jette pas en l’air. Ce n’était pas un conseil, c’était presque un ordre. Comme si je lui devais quelque chose. Trinquons à ça : au devoir.

Ce matin, le travaille n’est pas passionnant et encore moins urgent. Je découvre alors la joie d’avoir enfin Internet au travail. Lecture de mangas en ligne, site de vidéos inutiles mais très drôles, et puis un tour rapide sur mon blog. C’est étrange de se relire après tant de temps. Il y a du bon, il y a du moins bon, mais c’est moi. Au fur et à mesure que je relis mes lignes, une sensation étrange m’étreint les poumons. C’est une graine qui pousse à l’intérieur. C’est peut-être un nénuphar, et bientôt je vais mourir comme Chloé dans l’écume des jours de Boris Vian. C’est une sensation douloureuse, j’ai presque le souffle coupé. Je sais que c’est une expression un peu forte, mais c’est la réalité. J’ai soudain envie de pleurer et je ne comprends pas pourquoi. Mes collègues sont partis à la machine à café et c’est tant mieux, je préfèrerai qu’ils ne me voient pas dans cet état. Je laisse passer cinq minutes à regarder le plafond en tournant sur ma chaise de bureau. Pour penser à autre chose je décide d’aller jeter un œil aux blogs que j’avais mis en lien. Mes sites amis. Un terme étrange vu que pour la plupart nous ne nous connaissons pas. Ca ne m’empêche pas d’apprécier ce qu’ils font. En cela ce sont des amis. Je clique sur le premier site, celui à l’actualité la plus récente : Le Blavog.
Je lis, je lis, je lis, j’ai mal. Mon cœur s’accélère, mes poumons sont remplis de sensations étranges, comme si quelque main géante m’enserrait dans son creux. J’ai comprend enfin ce qui m'arrive. C’est comme si j’avais trouvé mon alter-égo idéal. Un dopplegänger venu m’annoncer que je suis un raté. Navo, c'est un peu l’autre moi que je projette en rêvant. Quand j’ai le cafard, je me grille une clope à la fenêtre et il m’arrive souvent de commencer une phrase à voix haute : « Un jour, je serai… ». Je ne finis jamais cette phrase, parce que je commence à chanter le générique de Pokémon, mais surtout parce que j’ai peur de dire à voix haute ce que je veux vraiment. Ce que je devrai avoir les couilles, le courage, et la détermination d’exiger de moi-même. Un jour je serai publié. Un jour je serai reconnu. Un jour je pourrai vivre de l’écriture. Un jour je gagnerai ma vie en faisant ce qui m’exalte le plus au monde. Un jour je me sortirai les doigts du cul, et je ferai les sacrifices nécessaires pour devenir enfin fier de moi.

Il y a une partie de moi-même qui s’est perdu en cours de route ces dernières années. Il me manquait quelque chose. Cette sensation douloureuse que j’ai ressentie, le nénuphar, c’était le vide en moi qui s’ouvrait grand. De lire mes textes, de voir des gens talentueux réussir parce qu’ils y croient, ces coïncidences qui se multiplient, je réalise soudain que je n’ai rien à faire dans ce bureau. Je réalise que ma vie ne devrait pas être celle-là. Le manque de temps c’est une excuse. Il y a tant de choses que je dois écrire, des idées qui se bousculent par centaines. Tout ça ne devrait pas passer au second plan. Cette douleur c’était de la frustration, c’était de l’impuissance. Tout ce temps perdu…

Qu’est-ce qu’il me reste à faire maintenant que j’ai réalisé?! Quitter mon job ? Tout plaquer ? Aujourd’hui je me suis retrouvé. Je bouillonne, je vais exploser, je ne sais pas comment faire, ni quoi faire. Trop de temps perdu à rattraper. Je veux me sentir vivant à nouveau, mais j’ai perdu le mode d’emploi.

mardi 17 mai 2011

Nathalie

La plupart des gens pensent que c'est une perte de temps d'aller aux toilettes. Moi, je pense que c'est un moment privilégié. Une parenthèse dans la journée, un moment d'intimité absolu. Souvent, je laisse mon esprit digresser, partir de rien pour aboutir aux idées les plus folles, les histoires les plus délirantes. Le rêve s'installe et le temps s'étire à l'infini.
- Alors qu'est-ce que tu en as pensé?
Mathieu sirote son mojito en tapant du pied contre la barre du comptoir. Les cheveux ébouriffés, le poil hirsute, de perpétuels cernes violets sous les yeux. Les gens le prennent pour un poète avec son air lunaire, mais il ressemble plutôt à ce type éméché qui se retourne vers toi en fin de soirée pour te taxer une cigarette, chancelant , le sourire goguenard. Un air perpétuellement ahuri.
-De quoi?
J'ai du mal à rester concentrer, il y a une chanson des doors qui passe à la radio. Il sourit en secouant le tête. Ce petit sourire malicieux. Ce genre de sourire qui attire les jeunes filles, ça fait partie de son charme il paraît.
-De mon dernier album putain! T'écoutes rien depuis tout à l'heure...
Mais ce que les gens ne savent pas, c'est que ce sourire d'adolescent facétieux, masque souvent une grande irritation.
-C'est de la merde Mathieu si tu me demandes...Un peu trop pompeux à mon goût.
Il sourit à nouveau. Ses yeux deviennent comme deux petites fentes. Du bout des doigts il pousse son verre au bord du comptoir, d'un petit coup sec. Le mojito se répand. Des yeux, je suis le verre dans sa chute. Les visages se tournent vers Mathieu tandis q'il pointe un doigt vengeur dans ma direction, l'éclatement du verre couvre un instant le vacarme du pub.
-Va te faire foutre!
D'un bond il quitte son tabouret et disparaît du pub en quelques foulées.
-Je l'imaginais plus grand s'exclame ma voisine.
-Je t'imaginais moins belle...
Elle rit. En expirant de l'air par le nez en petites saccades, la bouche pincée. Même son rire est mignon. Je m'étais toujours demandé ce que je pourrais lui raconter si je la rencontrais un jour, et elle est là à côté de moi: Nathalie Portman. Je ne suis pas un fan. Je n'ai jamais été fan de rien, et pour moi ce mot à une connotation horrible. Un raccourci pour fanatique. C'est juste que si je devais rencontrer une star internationale, c'est elle que je choisirais. Ou bien Scarlett Johanson. Non, en fait elle me fait un peu flipper. Alors de quoi on parle avec une star du box-office? De quoi parle-t-on pour connaître une personne qui à pour profession de duper le monde entier en permanence? Comment faire pour découvrir une personne que l'on croit connaître?
-Je t'offre un verre, Nathalie Portman?
Elle acquiesce. Ses cheveux sont merveilleux. La regarder me fait mal au coeur. J'ai envie de pleurer et je ne sais pas pourquoi. Parfois mon imagination me joue des tours et c'est presque à bout de souffle que je reprends mes esprits, assis sur la cuvette. Les yeux grands écarquillés je fixe une feuille de papier souillée dans ma main. A peine 30 secondes se sont écoulées.
Aux toilettes, les mondes se font et se défont en un battement de cil. A peine le temps de vider son colon.

mercredi 30 juin 2010

When you are strange....

La journée avait bien commencée pourtant. Un beau Soleil d'hiver. Un temps froid et sec qui pique les sens et réveille l'esprit. Une simple balade pour aller acheter du pain à la boulangerie. Et puis le premier coup de feu avait retentit.

C'est étrange comme les gens réagissent dans ce genre de situations. Instinctivement, les corps se crispent, les têtes se rentrent, les dos se voûtent. Quand l'homme se transforme en tortue...Le miracle de la vie. Peut être qu'en des temps reculés cette position avait permis aux premiers primates d'effrayer leurs prédateurs naturels, mais désormais avoir l'air idiot ne suffisait plus à arrêter les balles. Après un temps, la curiosité l'emporte et les têtes se tournent vers l'origine supposée du bruit qui à perturbé un dimanche si tranquille. Les regards se tournent vers moi, et le pistolet qui repose fumant dans ma main droite.

Que diable peut bien faire une arme à feu dans ma main? Quel besoin pouvais-je bien avoir de transporter ce genre de choses, surtout un dimanche matin! J'ai parfois des idées saugrenues. Cette fois je me sens tout de même un peu dépassé.
Réalisant enfin qu'un réel danger se présente, moi en l'occurrence, la panique s'empare de la piétaille dominicale. Ca hurle à qui mieux-mieux, qu'on va mourir. Et que je te marche dessus, et que je m'évanouis, et que je pleure parce que ma maman est morte. Ca court et ça se bouscule dans tous les sens. C'est le bordel. Du coup je n'arrive pas vraiment à identifier la victime de mon tir. Il semblerait que c'est une femme. Elle git inerte. La chemise blanche qui cintrait si bien sa partie haute se retrouve maculée de sang. Touchée en plein coeur, pas de chance...Y a des jours comme ça où il ne vaut mieux pas sortir de son lit. Une chose est sûre: je suis bon tireur.
La scène est étrange. Je suis dans un film de John Woo. La foule court en tous sens au ralentit. Il y aurait des colombes s'élançant au ralenti que ça ne semblerait pas plus bizarre que ça. Afin de reprendre mes esprits, je décide de reprendre ma ballade initiale. Après tout le soleil brille, et ne pas en profiter serait un crime.Cet homme furieux qui se met en travers de mon chemin semble être d'accord avec moi, car il me traite de "meurtrier".
Il ne semble pas comprendre que j'ai une arme à feu en ma possession. Peut être qu'il en à une lui aussi. Je prends soudain peur...Je n'ai jamais été confronté à quelqu'un portant une arme à feu, et je ne sais vraiment pas comment je réagirais si cette situation arrivait un jour. Je pense que je serai terrifié. Le monsieur semble à la fois triste et en colère. C'est sa femme que j'ai dû atteindre en plein coeur. Il est jaloux peut être...Si je lui faisais part de mon trait d'esprit, je ne pense pas qu'il trouverait ça aussi drôle que moi. Je décide donc d'exhiber mon arme afin de lui faire reprendre ses esprits. Un canon pointé vers la caboche, notre mari furieux fait moins le malin. Il semble soudain comprendre que sa vie ne tient qu'à un fil. Si sa femme est morte par l'un de mes caprices, il pourrait tout aussi bien subir le même sort. Personne ne veut mourir, moi inclus. C'est sûrement pour ça que je me ballade avec un une arme de poing automatique pour aller chercher le pain... Notre casanova se met à pleurer à mesure que j'avance vers lui. "Pourquoi?!... S'il vous plaît!". Tantôt il s'indigne, tantôt il m'implore: il faudrait savoir.
Autant je n'avais pas senti le coup partir pour son épouse, autant je décide de tuer ce bougre de mon plein gré et avec une application exemplaire. Voyant le chien de mon arme reculer, il se laisse tomber au sol et se replie en position foetale. Ca a le don de m'énerver un peu plus. Comme ces longs insectes avec plein de pattes qui se roulent en boule quand tu les touches. Petit, je finissais toujours par les écraser du pied. C'est décidé, cette fois je le tue. Clic. Une balle dans la tête. Son corps subit un léger sursaut puis se déplie au ralentit pour finir dans une position grotesque. Clic. Une autre balle dans le torse. Je m'attends à un autre sursaut, comme dans les films. Il n'en est rien. ce n'est déjà plus qu'un cadavre sur lequel je vide le reste chargeur. Clic. Clic. Clic. Clic. Clic... Je suis un peu déçu. Je m'attendais à ce que ce soit un peu plus...Grisant. Pas même une décharge d'adrénaline, même pas la satisfaction d'un travail accompli. Juste appuyé plusieurs fois sur la gâchette pour voir ce qu'il se passerait. Tuer c'est nul. Au moins ça, maintenant, je le sais. Je mourrai moins bête.
Après un court moment de réflexion, je décide qu'il est mieux d'attendre la police. C'est une attitude raisonnable et responsable. Je m'assieds près du cadavre, laissant reposer l'arme à mes pieds. Le ciel est moins beau quand on observe son reflet dans le sang. Il en est même déprimant. Il fait si beau pourtant.
La police saura sûrement quoi faire de moi. J'ai tout de même tué deux personnes. Je ne me souviens même pas avoir jamais acheté d'arme à feu. Quel idée d'ailleurs d'en transporter une pour aller à la boulangerie...Mon cas est grave et je décide de m'en remettre à des instances compétentes. Assis sur le trottoir, les pieds trempant dans ma victime, j'attends les forces de l'ordre en fredonnant une chanson des Doors.

"People are strange when you're a stranger
Faces look ugly when you're alone
Women seem wicked when you're unwanted
Streets are uneven when you're down

When you're strange
Faces come out of the rain
When you're strange
No one remembers your name
When you're strange
When you're strange
When you're strange... "

samedi 26 juin 2010

Divagations...

Les choses sont tellement plus simples lorsque l'on est saoûl. Je ne parle pas de jolies paraboles ou d'ébriétés légères, je parle de cuites sales. Je parle vomissures qui tâchent à côté de la cuvette. Je parle des choses dont on est capable qu'avec un verre de trop dans le sang. Je parle de ces expériences que l'on renit en souriant au détour d'une conversation en disant: "Ah ce soir là, qu'est-ce que j'étais bourré." Tout ça n'est que prétexte. Et les choses que l'on a bien voulu faire sous influence, sont celles qu'ont aura toujours voulu faire sans se l'avouer.
Ainsi, toi, tu sera sorti avec cette fille un peu trop grasse mais qui t'excite d'une façon que tu es incapable d'expliquer. Et tu n'as pas besoin de t'expliquer ma foi. Ces choses là tiennent de l'alchimie, de la magie...une odeur, une impression, un mouvement qui font de ce repoussoir un ange lubrique qui hante tes rêves les plus délurés. Elle ne tient pas des plus fiables canons de beauté, mais pourtant la langue qu'elle fait virevolter dans ta bouche électrise ton corps, ses caresses sont autant de braises jetées sur un feu déjà sauvage. Elle est le X de "sexe", la personne qui représente le fantasme inavoué, l'insondable perversité de ton être. Vos corps nus en frictions, produisent une énergie sans fin. Le souffle qui caresse sa nuque est chaud et humide. Votre étreinte lors de l'utlime spasme semble durer jusqu'à l'éternité....Pourtant demain tu riras à gorge déployé avec tes amis, de tes ébats déplacés. "J'étais bourré!" Que c'est drôle ma foi...Pourtant, aucune parcelle de ton être ne regrette cette soirée passée en compagnie du boudin de la promo, de celle dont personne ne veut. Parce que cette soirée est une des plus belle de ta vie et que tu ne te l'avouera jamais, tu es un être humain comme les autres: tu n'as rien compris. Ce qui fais de toi un exemple, l'évolution d'un genre en extinction, tu le renies en riant. "J'étais bourré"... Agir selon ses instincts et en accord avec ses émotions. Voilà pour moi ce qui fait de l'homme un être supérieur à l'animal. Si seulement la morale et la religion ne s'en étaient jamais mêlées, nous serions le sommet de la chaîne alimentaire. Le prédateur absolu. Alerte. Conscient de son environnement, de ses émotions, à l'écoute de soi. Un être sans honte et sans hésitations. Alors le monde serai meilleur. Alors je serai le roi des primates. Alors seulement, je serai heureux. Dans un monde où les gens sont désespérément honnêtes, ivres de vie, lubriques, idiots, déments...Vrais...

vendredi 31 juillet 2009

Les voies du Seigneur sont impénétrables.

Mathieu c'est un beau nom pour un prêtre, alors appelons le ainsi. Mathieu est un beau prêtre, athlétique, jeune, un regard bleu qui fait fantasmer les ménagères le dimanche matin. Il n'en a jamais profité, et ça ne lui manque absolument pas. Il n'a jamais connu l'amour, il n'a jamais connu la chair. Le Seigneur est venu "le cueillir" avant, comme il l'explique parfois aux jeunes de son aumônerie. D'ailleurs ce soir c'est avec eux qu'il a passé la soirée. Deux fois par an, il organisait une fête avec les jeunes paroissiens, histoires de leur montrer que l'église sait aussi profiter de la vie, et que le Seigneur aime bien les gens qui s'amusent. C'était une fête réussie, il y avait de la musique, des jus, et des sodas. Certains avaient apporté de l'alcool en douce, et ils les avaient sermonnés l'air de rien, comme s'il parlait à lui même. Les bouteilles étaient rentrées dans les sacs et n'en sortirent sûrement qu'après qu'il eut le dos tourné. Ces rassemblements étaient l'occasion de prendre le pouls de la nouvelle génération. De savoir qu'elle direction prenait le monde. Avoir des conversations "Off" sur des sujets variés. C'était un moment rare qu'il appréciait entre tous. Dimanche prochain il redeviendra à leurs yeux le Père Gardet, qui radotera les mêmes préchi-précha, dans un habit d'un autre temps...Mathieu vérifie une dernière fois qu'il a bien verrouillé les portes de la salle de l'aumônerie, puis il sort un paquet de cigarettes d'une poche de sa veste. Il regarde alentour et allume une cigarette avec un air ravit. C'est son pêché mignon, il en fume une de temps en temps, en se promenant dans sa rue déserte le soir. Et puis une grande camionette blanche s'arrête à sa hauteur. "Vous avez du feu mon Père?" lui demande une voix de femme. Il se rapproche et fait le tour pour voir qui lui parle et lui apporter le briquet. Alors qu'il est à hauteur du siège conducteur, trois paires de bras le saisissent par derrière. Tout va très vite. Une serviette trempé de chloroforme est appliqué sur sa bouche et son nez. Il crie, mais le tissu est appliqué avec fermeté et seul un faible son traverse. Ses forces l'abandonnent. "Seigneur protégez moi!" pense-t-il une dernière fois avant de tomber, inconscient.

Ce soir Mathieu Gardet va mourir...De plaisir. Kidnappé par Katsumi, Clara Morgane, Oksana, et Yasmine lors d'une opération commando, le Père Gardet va être amené dans un lieu inconnu puis violé en groupe par une vingtaine de stars de l'industrie pornographique française. Une nuit sans fin, aux tortures et humiliations multiples. Un bain de champagne qu'il devra prendre nu sous le regard avide de jeunes succubes lascives au corps de rêve, qui laveront chaque parcelle de sa peau avec leur langue chaude et nerveuse. Des paires de seins et des sexes humides à caresser et lécher toute une nuit durant, tandis que d'innombrables bouches viendront aspirer sa vie. Et puis un coït extatique, fiévreux, sans fin, qui repoussera le corps vierge du pauvre Mathieu dans ses derniers retranchements. Les yeux bandés, il sera relâché vers quatre heures du matin, au hasard des rues parisiennes. Souillé, exsangue, il regagnera, en état de choc, le pas mal assuré, son domicile, sa paroisse. Mathieu ne sera plus jamais le même...Mais que voulez-vous, il faut bien que les hardeuses décompressent un peu de temps en temps. Elles font ça une fois par mois. Le vendredi soir. Elles se réunissent en petite tenue sexy et décident de kidnapper un puceau au hasard dans Paris. Pour le violer en groupe et l'initier aux plaisirs de la chair. Enfin, c'est ce que j'imaginais quand j'étais jeune. Je les regardais, les yeux brillants et le sexe droit, s'ébattre sur mon écran d'ordinateur, déesses du sexe, amazones des temps modernes, et j'espérais qu'un jour, elles me choisiraient et viendraient m'emporter. Mais elles ne sont jamais venues...Salopes!

mardi 28 juillet 2009

Un jour comme un autre...

Ca avait commencé dès le matin au réveil. En sortant du lit, il lui manquait son pied gauche. Des petites choses comme ça qui font qu'une journée commence mal.
- Tu n'aurais pas vu mon pied chérie? lui avais demandé Nicolas en cherchant sous le lit.
- Hier soir, tu l'as pris un court moment et ensuite tu t'es endormi. Je ne sais pas ce que tu en as fait moi. Avais répondu Elise en changeant le filtre de la cafetière. Une brave fille cette Elise, elle supporte toutes les excentricités de son copain avec flegme. Une jolie fille un peu bête, mais pleine de bon sens. Sans son café elle n'arrive jamais à rien, alors elle s'en prépare un avant d'aider Nicolas à chercher son pied.


Il était dans la douche. Les trente minutes qu'il a passé à fouiller le duplex ont finit par le mettre de franchement mauvaise humeur. Nicolas n'a pas eu le temps de prendre un café, lui, il a juste eu le temps de prendre le bus. Un bus plein de gens qui lui ressemblent, les coins de bouche tendant vers le bas, les yeux vitreux. Il n'a même pas eu le temps d'enfiler de vêtements, ça lui arrive souvent. Mais le temps c'est de l'argent, il lui suffira donc d'arriver en avance pour pouvoir s'acheter un costume flambant neuf une fois arrivé à la gare. Soudain quelque chose vient s'écraser violemment contre son crâne dans un bruit mat.
- Jeudi! s'exclame-t-il en se protégeant la tête avec les mains.
- Quel sale temps pas vrai? lui adjoint son camarade de bus avec une mine compatissante. Ca faisait longtemps qu'il n'avait pas plut des cordes par-ici. Celles-là ont même des noeuds dites-donc.
Nicolas contemple le noeud marin qui git à ses pieds en songeant qu'il devra aussi s'acheter un parapluie.


Le nez dans sa feuille, Nicolas a du mal à respirer, alors il recule un peu. Voilà, c'est bien mieux maintenant. Enfin pas vraiment. Sur la feuille il y a des chiffres et des lettres de différentes tailles, assemblées aléatoirement en cercles concentriques, qui tournent en sens inverses les uns par rapport aux autres. Il ne comprend pas ce qu'il doit faire. La seule indication lisible est le titre: "CECI EST UN TEST", écrit en caractère gras, italique souligné, et police gothique. Bien qu'il ai étudié le norvégien trois années durant, il ne comprend pas bien ce qu'il doit faire. Les gens autour de lui grattent frénétiquement des piles de feuilles de brouillon avec leurs ongles acérés. Ce sont tous des rapaces, il paraît que c'est ce que recherchent les employeurs dans son secteur. Résigné, Nicolas regarde au-dehors, à travers la large baie vitrée du bureau dans lequel il l'ont installé. Il a arrêté de pleuvoir. Les nuages ont de jolis sourires et de longs cheveux soyeux. Il fait beau.


- Bien, montrez moi votre CV jeune homme. Lui demande le RH à grosse tête. Nicolas lui pointe du doigt un bout de papier qui traine sur la table.
- Très bien jeune homme! s'exclame-t-il étonné. Vous avez un superbe sens de l'observation. Il était, en effet, sur la table! Il marque une pause, admiratif, avant de reprendre. Je vois également que vous n'avez fait aucune faute à notre test de logique.
- Je n'ai répondu à aucune question Monsieur...Répond Nicolas d'un air las.
- Oui mais au moins, vous ne chiez pas sur les sièges, et vous ne foutez pas des plumes partout comme les autres! Il part soudain dans un grand rire vaginal, aigu et hoquetant. Il rigole tellement bien qu'on dirait qu'il va s'étouffer. Nicolas, pragmatique se lève et fait le tour de la table. Il lui assène une grande gifle puis va se rassoir.
- Vous m'avez sauvé la vie! J'ai failli mourir de rire! Comment avez-vous su?
- Vous étiez bleu Monsieur...Et puis vous ne respiriez plus...
Le RH essuie du revers de la manche les quelques larmes qui glissent contre sa joue et reprend son souffle, un sourire goguenard aux lèvres.
- Vous me plaisez beaucoup jeune homme!!
- J'ai 67 ans Monsieur...
- Et bien moi j'en ai 35. Voilà, les présentations sont faites!
Le recruteur à grosse tête se lève et lui tend la main, visiblement ému. Nicolas l'imite sans trop de conviction. Ils se serrent la main.
- Vous commencez demain! A bientôt!


Sur le retour il avait plut aussi, mais des chiens et des chats cette fois, car il y avait un anglais dans le bus. Il avait raconté sa journée à Elise. La pluie, les rapaces, le RH à grosse tête...Elle avait sourit et l'avait embrassé tendrement.
- Tu as passé une dure journée...euh...
- Nicolas.
- Oui, c'est ça! Tu as passé une dure journée Nicolas. Prends un bon café et ça ira mieux.
Le café semblait régler tous les problèmes d'Elise, mais pas les siens. D'ailleurs que faisait elle à la maison toute la journée à part en boire des litres entiers?
- C'était un entretien pour quoi au fait? lui demande-t-elle soudain en amenant la cafetière à sa bouche.
- Je ne me souviens plus...Je verrai demain.