mercredi 27 juin 2012

Phénomènes extraordinaires

      Rien que d'y repenser, ma poitrine se serre. Ce sont des doigts fébriles qui attaquent le clavier de l'ordinateur. J'ai besoin d'en parler, j'ai la sensation que si je ne le fais pas, je vais exploser. Je viens d'être témoin de l'expérience la plus vraie, la plus forte et la plus touchante et déchirante à la fois. Ca a emporté une partie de moi. D'une certaine façon je ne serai plus jamais le même. J'ai vu la foudre s'abattre si près que j'ai cru en mourir. Un amour instantané tombé du ciel à la vitesse de la lumière sur un presqu'inconnu assis en face de moi.

      Le coup de foudre, je n'y croyais pas avant aujourd'hui. Si vous pensez que j'étais cynique, vous êtes loin du compte. Ceux d'entre vous qui me connaissent, le savent, je suis un rêveur doublé d'un grand romantique. Je crois en l'amour, je crois en la passion dévorante qui fait trembler les corps. Mais les livres, les films et la télévision ont tellement utilisé, rabâché, et détourné cet amour inconditionnel au premier regard qu'il en est devenu un mythe à mes yeux. Une chimère. Du bonheur à l'hollywoodienne. Les femmes de ma vie m'ont conquis, avec pugnacité. Une lutte quotidienne pour obtenir le monopole de mon coeur. J'avais donc du mal à imaginer qu'une si parfaite et totale reddition puisse exister. Mais ce que j'ai entrevu dans les yeux de ce quasi inconnu, le miracle dont tout le monde parle mais que personne n'a jamais vécu.

      Assis tous les deux à la terrasse d'un café parisien, nous attendions la venue de X, notre ami commun. C'était la première fois que nous nous retrouvions seuls tous les deux sans la présence d'une tiers personne. Il était de ces "amis" que l'on ne voit qu'aux soirées des autres. Assez souvent pour se souvenir de nos prénoms ou pour apprécier notre compagnie mutuelle, un verre à la main. Mais pas assez souvent apparemment pour ne pas se trouver gêné par un long silence qui s'installe. En avance l'un comme l'autre à notre rendez-vous, nous échangeâmes des banalités polies, des souvenirs et anecdotes mondaines, feignant une complicité surfaite. Pourquoi ne pas profiter de ce moment pour mieux faire connaissance? Repartir sur de réelles bases amicales? C'eût été admettre que les simagrées que nous venions d'échanger n'étaient que de la poudre aux yeux. La timidité et la maladresse sont l'apanage des hommes.

      Après un chassé croisé de regards fuyants, j'aperçus au loin derrière lui, une femme qui se rapprochait. Corsaire ocre, talons aiguilles rouges, tunique chamarrée au tissu léger laissant les épaules pratiquement nues. Une belle métisse aux cheveux coiffés en une longue natte reposant au creux de la clavicule. Apprêtée avec goût, sans excès. Le genre de beauté qui ne me touchent pas d'habitude, et pourtant mes yeux ne pouvaient se détacher tandis qu'elle avançait vers nous, sans doute pour s'installer en terrasse elle aussi. Bientôt je fixais mon regard sur mon "ami", absorbé dans l'étude des nuages au dessus de mon épaule. Je voulais ne rien rater de sa réaction lorsqu'il verrait apparaître la féline créature.

      Distraitement, ses yeux l'accompagnèrent du regard alors qu'elle dépassait notre table pour s'installer. Curiosité paresseuse du mâle Lambda. Et puis, comme si quelque chose d'étrange avait capté son attention, il commença à se redresser pour mieux l'observer. Une lente ascension. Peut-être quelque chose dans la grâce de ses mouvements. La bouche entrouverte, sans un mot, il la fixa plus attentivement. Avant qu'un orage n'éclate, on ressent comme une tension électrique au niveau de l'épiderme. Les poils des bras se dressent. A fleur de peau. En observant les pupilles de mon "ami" se dilater c'est ce que je ressentis. Sans doute le reflet du Soleil sur la peau cuivrée de son cou. Peut-être cette mèche de cheveux qui avait échappé à la brosse et qu'elle remit d'un geste négligé en s'asseyant sur son siège en osier. Je devenais peu à peu transparent. Le monde entier était en train de disparaître autour d'elle. Les mains de mon acolyte agrippèrent soudain la table, et tout dans son corps indiqua qu'il était sur le point de se lever, saisi d'une folie passagère. Ça tient à peu de choses. La clarté de ses yeux noisettes. La façon élégante qu'elle eut de croiser les jambes. Cette petite langue rose qui vint attraper la paille de son diabolo. Les poumons de mon voisin se gonflèrent violemment. Comme s'il s'éveillait d'un rêve oppressant. Comme si c'était la première fois de sa vie qu'il respirait. Sous mes yeux, elle venait de frapper. La foudre. 
      Cet homme d'habitude si ordinaire, venait d'être transfiguré sous mes yeux en une existence supérieure. Je me sentis tout à coup ému aux larmes. Chaque fibre de son être se mettait à vibrer à l'unisson. On eut dit, l'espace d'un instant, qu'il dégageait de la lumière. Terriblement gêné aussi. J'assistais à cette scène si intime, mais qui étais-je pour lui? A peine une connaissance assistant au plus bel évènement de sa vie. Je ne me l'avouais qu'après coup, mais j'étais incroyablement jaloux également. Des sentiments que jamais je ne connaîtrai le possédaient si violemment qu'il failli en éclater. Il voyait soudain avec des yeux nouveaux, des choses que je ne verrai sans doute jamais. Investi par un désir de vivre et d'aimer d'une intensité hors de portée des simples mortels.

      Je ne sais pas si vous avez jamais été témoin d'une pareille scène, mais si oui, vous comprendrez alors pourquoi j'ai voulu la partager avec vous. C'est incroyablement beau, et ça m'a rendu si triste pourtant. Il a été voir la fille bien entendu. Les fous ne connaissent pas la timidité ni la peur, l'amour donne des ailes. La suite de l'histoire, je ne la connais pas. Je suis parti juste après. Je n'avais plus ma place dans ce tableau. L'effroyable sensation de n'être né que pour cet instant m'étreint. Etre le témoin de ce moment fugace où l'homme se transforme en dieu. Quand l'amour déchire le cocon d'une existence. Une chenille condamnée à regarder voler les papillons, pour toujours.  

mardi 12 juin 2012

Influence

         Je suis influent. Dix mille deux-cents trente et une personnes attendent chaque jour que je dise quelque chose d'intéressant. Je suis drôle alors je n'ai pas vraiment à me forcer. Je fais une blague, 135 personnes me retweetent. Je fais une photo de mon sandwich, 239 personnes aiment. Je dis que je vais chercher du lait à la supérette du coin, un millier de personnes me propose une bouteille. Je suis leur télévision, mais j'existe en vrai. Ils cherchent désespérément à attirer mon attention et ça m'exaspère. Je n'ai pas envie de lire leur blog, je n'ai pas envie de répondre à leur DM. Je ne connais pas ces gens, ils me font peur. Mais je leur dois beaucoup. Ils m'énervent. Je leur dis que ce sont des connards: "LOL t'es trop drôle!". Je chie sur leurs opinions gratuitement et ils s'excusent de les avoir un jour eu. Je lance des polémiques juste pour les voir se sauter à la gorge en mon nom. Certains me détestent et continuent de me suivre uniquement pour me pourrir l'existence. Ceux-là je les aime bien. Ils me font rire. Quand j'en ai marre, je les jette en pâture à mes bigots qui les dévorent tout cru. 
      J'ai beaucoup d'amis. Je vais à beaucoup de soirées. J'ai des invitations pour des spectacles et des festivals. Je rencontre beaucoup de gens. J'ai toujours un truc rigolo à leur dire: "Eh regarde, j'ai fait un GIF avec un chat qui fait caca dans la bouche d'un bébé." Je ne dors jamais. Parfois je me sens seul alors je leur parle, et ils me répondent. Je suis brillant et je suis content que les gens le reconnaissent. Ce que je n'aime pas c'est qu'ils soient tous si bêtes et inutiles. J'aimerais les gifler mais ils sont trop loin. Alors je les insulte pour qu'ils arrêtent de me suivre. Mais même ça, ça ne marche pas.
       Et des fois je travaille aussi. Au moins, là on me fout là paix. Mais je sais qu'ils grouillent dans l'ombre, attendant des miettes de moi. Une armée d'idiots courants en tous sens en attendant que je leur donne un ordre. Un signe. Une parole. Un GIF de lolcat. L'angoisse.

lundi 4 juin 2012

ProlapsPoésie

NDLA: Je voulais m'essayer à la poésie, en traitant un sujet méconnu.
Ne criez pas à l'hérésie, à bon entendeur salut! (Putain ça rime!)


Pratique primale pour certains
Sujet sensible s'il en est.
Jeux de mains, jeux de vilains?
Voyons l'effet que cela vous fait.

Dépassement du soi physiquement,
Où quand l'homme se transforme en gant.
Découverte intestine
Joie enfantine
Exposer, exhiber son moi profond
A celles et ceux qui le voudront.

Dévoiler son jardin secret:
Une fleur exotique au parfum entêtant.
Pourtour de pétales roses acidulés
Comme ornement d'un gouffre béant.

Célébrons le grand retournement
De la raison et de son fondement.
Sensations phénoménales
D'un prolapsus rectal.

lundi 28 mai 2012

You picked the wrong guy...

      Ca t'apprendra petit fils de pute! Tu m'as volé mon portable, moi je vole ta vie. Semer le vent, récolter la tempête. Ca te dis rien peut-être? C'est vrai, tu n'écoutes sûrement pas en cours. Tu n'as que ce que tu mérites enculé! Voilà ce que ça veut dire : tu vas crever connard! Toi qui jouais les fiers à bras..."Eh mec tu me prêtes ton portable? J'ai un appel super important à passer. Juste 30 secondes." Bien sûr j'ai répondu non. Je suis pas un couillon, et je me suis pas acheté un GS2 juste pour le filer à n'importe qui dans le RER. Alors, je me suis pris un coup de poing en plein sur la joue. Je n'ai senti la douleur qu'après. J'étais déjà le cul par terre et tu enchaînais avec des coups de pieds dans les côtes. "Tu m'le files maintenant ton portable enculé?" Tu n'aurais jamais du faire ça tu sais. Tu es la goutte qui as fait déborder mon vase. Le connard de trop dans une vie de merde. Tu payes pour les autres. Facile de te retrouver, tu es resté dans ma rame tout le reste du voyage à te pavaner et me traiter de "PD !".
      Ce que j'ai préféré, c'est ce visage surpris quand la lame s'est enfoncé la première fois dans ton ventre. Genre "putain il est ouf ce mec!" Ce genre de regard. Genre toi t'as le droit de me tabasser pour me piquer mon portable, mais moi je peux pas te filer un coup de couteau? J'ai pas trop suivi ce que t'as essayé de me dire ensuite. Sûrement une insulte. Un deuxième coup dans les poumons MEC, ça t'apprendra la vie. Et que je gargouille et que je fais des bulles quand je respire. Alors mec, t'es un dur ou pas? Pourquoi tu te pisses dessus alors enculé? T'as vu ce qu'il te fait le "PD"? Personne n'a rien remarqué. Tu penses, les gens ne veulent surtout rien voir. Ils ont fait quoi les gens quand je me suis fait dépouillé? Que dalle! Ils ont fait que dalle ces enfoirés, et ils feront rien pour toi MEC! Faut pas me regarder comme ça tu sais, ça va rien changer. Au contraire, ça me donne des idées. Le train suivant arrive déjà en gare : on parie qu'il te verra pas à temps MEC? Je vais enfin savoir à quoi ça ressemble quand un type se fait rouler dessus par le RER. Toi aussi tu vas savoir! T'es pas content MEC? Le train arrive, t'es prêt MEC? 3...2...1...

mercredi 16 mai 2012

Souvenirs de vacances (2)

Au cas où vous débarqueriez, le début de l'histoire c'est ici: Souvenirs de vacances.

Je me réveille en sursaut. L’espace d’un instant, je me suis assoupi sur mon transat près de la piscine. Rapidement, je vérifie que personne ne s’est aperçu de mon absence passagère. Les animateurs font un sketch à la Benny Hill en se courant après autour de la piscine accompagnés par la musique ringarde de l’émission. Aux 4 coins de l’esplanade, fusil à l’épaule d’autres animateurs surveillent la scène. Ils ont l’air moins détendus, eux.

Comment ai-je pu m’endormir dans ce vacarme ? C’est sûrement l’alcool. Le bar de l’hôtel nous en sert à volonté. Coup d’œil au bracelet rouge à mon poignet. Sur simple présentation de ce petit bout de plastique, cocktails et buffets à volonté. Boire et manger, ça nous occupe. Boire surtout, ça nous fait tenir. Ça nous fait oublier aussi. Oublier le gros René. Plus large que haut, les joues rouges et la blague facile malgré l’adversité. Il a simplement refusé de participer au tournoi de pétanque du 2e jour. D’un coup de machette, ils lui ont ouvert le ventre devant tout le monde. Ses entrailles se sont répandues instantanément à ses pieds dans un chuintement visqueux. Boire pour oublier ses cris d’agonie, son visage. Les animateurs nous ont forcés à faire la chorégraphie du club devant lui. Les réticents se sont pris une balle dans la tête. Les autres ont dansé. J’espère qu’il aimait la Macarena car c’est la dernière chose qu’il a vu avant de s’effondrer dans ses propres entrailles.

Boire c’est tout ce qui nous reste. Même se nourrir est devenu une épreuve. Au réfectoire, parqués les uns contre les autres, nous effleurons à peine nos assiettes. Qui pourrait avoir de l’appétit dans pareille situation, à part Wallid peut être. Le chef des animateurs se bâfre tous les jours. Se goinfrant joyeusement à tous les repas, faisant d’innombrables aller-retour jusqu’au buffet, un sourire joyeux aux lèvres. Un adolescent en pleine croissance. En d’autres circonstances, il en serait presque attendrissant de naturel. Souvent, il vient s’assoir avec nous pour faire la conversation. « Alors, ça va le jeunes ? ». Que voulez-vous répondre à ça ? Je fixe mon assiette avec intensité en pensant à autre chose. A René, le gros syndicaliste qui n’a pas voulu fermer sa gueule. Comment honorons-nous son courage ? En riant jaune aux blagues graveleuses des animateurs ? En bronzant au bord de la piscine ? En applaudissant au spectacle chaque soir ? Le spectacle…Ca me revient soudain, il faut que je me dépêche d’aller en salle de répétition. Je dois m’entraîner pour le spectacle de ce soir : Dirty Dancing. Je fais la fille, Baby. Le porté est difficile. Qui sait ce qu'ils pourraient nous faire si on venait à le rater.

Je me dégoûte. Une bande de rats, de lâches. Voilà ce que nous sommes.

lundi 14 mai 2012

Souvenirs de vacances

        Le bandeau sur les yeux j’avance à petit pas. Voilà plus de trente minutes que nous marchons de la sorte, lançant un pas après l’autre dans l’obscurité espérant trouver le sol sous nos pieds. C’est épuisant. La lumière du Soleil brûle ma peau. La chaleur est insupportable et la chemise cintrée que j’ai eu l’idiotie de choisir ce matin pour aller à l’aéroport est sûrement maculée de larges auréoles de transpiration. « Avance ! » m’invective-t-on en me poussant dans le dos. Je manque de trébucher mais parviens à me rattraper in extremis. D’autres avant moi sont tombés, ceux-là je ne les entends plus. J’en conclus qu’il ne vaut mieux pas tomber. « Où est-elle ? Où est ma femme ? » demande nerveusement quelqu’un derrière moi. C’est la voix d’un vieil homme. Une voix éraillée chevrotante. Le pauvre homme, on lui a enlevé sa moitié, il semble perdu. « Elle est avec les autres femmes. Elles vont dans un autre camp. T’inquiètes pas papy, on va bien s’occuper d’elle. » répond l’homme qui m’a sûrement poussé à l’instant. J’entends un bruit sourd et un corps qui chute au sol. Le vieil homme se met à geindre, à sangloter sûrement. Je ne peux rien faire. Je dois continuer d’avancer ou bien c’est moi qui finirai par terre. Notre bourreau part dans un grand éclat de rire. Ce rire me glace le sang. C’est un rire clair. Une voix aérienne, jeune, très jeune. Je lui donne à peine 18 ans. Qu’est-ce qui peut mener un enfant à commettre ce genre d’atrocités de son plein gré. Le désespoir ? Le chômage ? La pauvreté ? Le manque d’éducation ? Pas le temps de réfléchir, je dois continuer d’avancer. Un pas après l’autre. Les minutes passent et le vieil homme continue de sangloter, pendant un temps indéterminé. Longtemps. Et puis notre jeune bourreau reprend la parole : « C’est bon, vous êtes arrivés. Vous pouvez enlever vos bandeaux. ». Nous nous exécutons comme un seul homme. La lumière éclatante me brûle les yeux. Après quelques secondes de mise au point, je discerne enfin correctement le paysage. Des palmiers, une grande piscine à débordement, eau limpide, bleue turquoise. Nous sommes à l’entrée d’un grand bâtiment design aux larges bais vitrés. Un hôtel. Je ne comprends pas. Où sommes-nous ? Pourquoi nous avoir enlevé ? Que faisons-nous ici ? La même stupeur semble frapper mes camarades d’infortune. Un assemblage hétéroclite de personnes âgées, de piliers de bars ventripotents aux joues rouges, de familles… Nous échangeons des regards inquiets sans trop comprendre ce qui nous arrive. Soudain, en hauteur en travers de la façade de l’entrée de l’hôtel, je remarque une banderole rouge écrites en larges caractères blancs. Ce que je lis n’a aucun sens. Pourtant, plusieurs voix enjouées répètent les mêmes mots que je viens de lire. «BIENVENUE AU CLUB LOOM !!» lancent en cœur plusieurs jeunes personnes qui se dégagent de la foule. Des jeunes hommes et femmes de 18-20 ans, beaux et bronzés, même short rouge et T-shirt blanc, une arme en bandoulière. Ils se rassemblent face à nous tous devant les portes de l’hôtel et répètent à nouveau, sourire d’un blanc éclatant aux lèvres, armes pointés dans notre direction : « BIENVENUE AU CLUB LOOM !! BIENVENUE EN VACANCES ! ».

       Si la suite vous intéresse: suffit de demander.

jeudi 12 avril 2012

Le pervers

Note de l'auteur:
 Le texte qui va suivre est très particulier et va sûrement vous choquer. Mais surtout, si vous décidez de le lire, LISEZ LE JUSQU'A LA FIN car il n'est pas dénué de sens.
Pour ce texte, il fallait que je me dépasse, que je repousse mes limites habituelles. Fini, la sensualité et l'érotisme. Aller chercher du côté obscure de la perversité, la déviance, la maladie mentale. C'était un travail assez éprouvant. Mais enrichissant dans un sens.
Je le répète, je suis quelqu'un d'équilibré et de sain d'esprit, alors si vous ne lisez pas jusqu'à la fin, vous ne saurez pas ce que je voulais dire avec ce texte. Âmes sensibles et -18 ans s'abstenir.



Lorsque je t’ai aperçue, me donnant si innocemment le dos,  j’ai tout de suite su que ça serait toi. Jambes finement galbées dans un collant résille à motifs. De petites fesses rebondies moulées dans un très court short en jean coupé. Un large T-shirt gris imprimé "BITCH", repose mollement sur ton corps, épousant l'arrondi de tes seins, glissant de ton épaule, découvrant largement ta nuque bronzée, marquant la cambrure de tes reins. De longs cheveux châtains clairs aux mèches blondes qui ruissellent dans ton dos. Une silhouette élancée, pleine de vie. Une étudiante sûrement. Pourtant, un charme adolescent.
Malheureusement,  je ne peux plus m’attarder dans l’étude de ton corps, la masse compacte des salariés pressés derrière moi exige, par poussées intermittentes, que je m’avance enfin dans la rame. Les passagers ont fini de descendre, l’instant est crucial. En quelques foulées, parvenir à me placer près de toi et laisser la foule faire le reste du travail. Au fur et à mesure que le wagon se remplit nos corps se rapprochent, s’effleurent, puis se touchent totalement. Tu dodeline de la tête en secouant tes cheveux, l’air de rien, de la musique dans les oreilles. Le signal de fermeture des portes retentit, mais des gens continuent de monter au mépris d’élémentaires soucis de civilité. Je les en remercie, car à présent mon corps est totalement blotti contre le tien. Ma pauvre enfant, te voilà tout à fait coincée contre la barre, emprisonnée par une muraille d’épaules et de mallettes.
Et derrière toi, il y a moi, emboité dans une position inextricable. En équilibre précaire, les bras soudés les long du corps par la pression des autres usagers, incapable de faire le moindre mouvement pour me dégager. La foule nous comprime l’un contre l’autre. Mon entrejambe collé à ton short, mon buste tout serré contre ton dos. La plupart des gens seraient terriblement gênés dans une telle position, mais moi, je ne boude pas mon plaisir. Les portes se ferment enfin et le train se met en branle, ballotant nos corps l’un contre l’autre. Tu es plus petite que moi, ainsi j’ai le nez au sommet de ton crâne que je peux humer à loisir. Tes cheveux sentent bon. Une senteur exotique et sucrée. Dans tes fines oreilles au duvet doré, des écouteurs diffusent une musique que je ne reconnais pas. Quelque chose de rythmé en tout cas. Tu te balances, ondules, imperceptiblement au rythme de la musique, pressant de tes fesses mon sexe qui durcit.
Tu sais ce que tu fais, provocante. Peu à peu tu me rends fou.  Ton parfum m’intoxique, parasite mon cerveau. Ces légers frottements de nos tissus, je les ressens à présent dans tout mon corps. Chaque fibre résonne en moi.  Peu à peu je me laisse envahir par la montée du désir. Une intense chaleur diffuse depuis mon bas ventre à travers tout mon corps. La chaleur de ses cuisses, de son con qui m’attend. Mon sexe, s’est fait pierre, palpitant et sensible, prêt à exploser. Des bouffées de chaleur m’envahissent par vagues successives et tu continues de danser. Insolente petite pute. Tu fais semblant que je n’existe pas, mais tu as mis le feu aux poudres. Je ne cherche pas à juguler les émotions contradictoires qui m’assaillent, je me laisse envahir tout à fait. Délicieuse perte de contrôle programmée. Le corps qui palpite au rythme du sang pulsant dans ma verge. Les poumons saturés de sensations qui affluent. La peau à vif. Ma raison se dilue un peu plus à chacun de tes mouvements de bassin. Et le parfum de tes cheveux qui me rend fou. Il monte à mon cerveau détruire mes neurones, dissoudre ma volonté.
Ce moment où mon corps semble développer sa propre conscience, je presse un peu plus mon aine contre tes fesses. Tu fais mine de soudain réaliser ma présence. Tu te retournes, feignant un air indigné en sentant mon vit qui palpite entre tes fesses rebondies. Le rouge t’es venu aux joues. C’est mon sexe qui te met dans de tels états jeune fille ? Tu n’as pas à faire semblant devant ces gens, avec cet air outré. Ton regard noir, ta petite bouche boudeuse. J’imagine ces lèvres minuscules qui s’ouvrent en grand pour engloutir ce tison ardent qui brûle mes cuisses à présent. J’ai soudain envie de lécher ce visage mutin. De t’agripper violemment par les joues et parcourir tes paupières, ton front, ton menton avec ma langue. Te salir car tu es tellement belle. Petite garce, tu fais bien semblant d’être dérangée alors que tu m’excites depuis tout à l’heure avec ce corps effronté. Ce que j’aimerais libérer de leur prison ces seins ronds qui donnent un si joli relief à ton T-shirt. Mon corps frémit tout entier à l’idée qu’il serait si facile de déchirer ce bout de tissu inutile. Déchiqueter ces fripes pour admirer la splendeur de cette peau ferme et délicatement ambrée, la façon dont se tiennent tes seins. T’arracher ce short, déchirer tes sous-vêtements, tes collants. Caresser cette toison bien entretenue en petit triangle, car tu es ce genre de jeune fille perverse qui jouent les innocentes mais qui s’épilent le sexe pour se faire prendre par le premier venu. J’enfilerai deux doigts dans ton con déjà trempé, car tu mouilles, oui je le vois bien malgré tes faux airs outrés. Je me délecterai de cette expression lubrique qui passera sur ton visage d’ange quand mes doigts s’enfonceront profondément. Très vite, je n’y tiendrais plus, enlevant mon pantalon d’un geste, je planterai mon vit brûlant en toi. A voir ton corps si menu, tu dois avoir une chatte bien serrée. Quelle bonheur ça serait de le sentir s’enrouler autour de moi, me presser la moelle, me téter jusqu’à la dernière goutte. Mon cœur s’emballe. Rien que d’y penser, j’ai du mal à respirer, je deviens fiévreux.
Je dois faire peur à voir car tu prends un air dégouté. Tu as réveillé la bête tapie au fond de moi, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même. Tu ne peux même pas fuir, le destin nous a réunis et la foule nous tient prisonniers l’un de l’autre. Avec de minuscules pas, tu tentes de passer de l’autre côté de la barre, mettre un obstacle entre nous. Mais l’entreprise n’est pas aisée. Des employés de bureau, tailleurs et costumes, casques sur les oreilles, livres à la main, t’empêchent de progresser du moindre centimètre. Tu te tortilles néanmoins frénétiquement dans l’espoir de m’échapper, mais ces mouvements nerveux de fesses et de bassin frottent énergiquement mon entrejambe d’une délicieuse façon. Je me presse encore un peu plus contre toi. Mon cerveau est vide, mon esprit est blanc, ma poitrine me fait mal. Tu te démènes à présent pour tenter de mettre de la distance entre nous. Ton corps mince qui se trémousse. Je perds la raison. Je ne suis plus qu’un pénis turgescent et des couilles vibrantes, prêtes à exploser.
Je t’imagine nue à nouveau. Je suis derrière toi. Je m’enfonce dans ton petit cul serré. Tu t’agites nerveusement en poussant de petits gémissements de truie en chaleur. Ta crinière qui ondule, ta peau bronzée. Tes fesses fermes qui rebondissent au rythme de mes reins. Je viens d’atteindre le point de non-retour. Je vais jouir je le sens. Ici, dans cette voiture de RER. Debout, au milieu de ces inconnus. Je ne vois plus rien. Comme un poisson, ma bouche s’ouvre et se ferme à la recherche d’un oxygène disparu. Chaque muscle de mon corps se tend à l’extrême. Mes mains agrippent tes deux poignets que j’attire à moi avec force. Collée contre moi, tu te débats en hurlant. Je n’entends plus. Je ne vois plus. Mais dans ma tête j’ai ton visage. Ta petite bouche aux lèvres d’un rouge tapageur entrouverte dans l’attente de ma semence. Ton regard espiègle qui m’invite à jouir sans retenue. Ce visage de petite catin lubrique.
Ah…J’y suis. Vite ! A la hâte je baisse ma braguette et place mon sexe dans tes mains. Je jouis. Un long et puissant râle s’envole de ma gorge tandis que j’envoie la purée. Dans mon rêve, je t’éclabousse et recouvre ton beau visage de giclées blanches que tu lapes goulument et recueilles du bout du doigt. Dans le RER, je sens tes doigts qui tentent de m’échapper, mais l’extase me donne une puissance insoupçonnée. De longs jets brûlants viennent souiller tes petites paumes et tes vêtements sexys. Ca ne veut pas s’arrêter. J’agite frénétiquement tes mains poisseuses sur mon vit. Je jouis sans fin et mes poumons vibrent de ce cri qui me vide.
En entendant tes cris de panique et mon hurlement bestial, les gens se sont écartés et tu réussis à te dégager. La foule me regarde partagé entre le dégout et la haine. Je les vois comme à travers la brume, spectres d’une autre réalité. Je suis un monstre. Le sexe à l’air, je continue de jouir, le corps secoué de spasmes. Et puis le premier coup s’abat sur moi, me ramenant à la réalité. Au visage, de plein fouet. Je recule en titubant sous l’impact et les gens s’écarte sur mon passage. Je suis une ordure dégoutante, personne ne saurait vouloir me toucher. Ca ne s’arrête pas tout de suite pourtant. Encore tétanisé de plaisir, je reprends enfin mon souffle et la douleur me cueille stoppant net tous résidus de plaisir. La brume disparaît soudain. Ils sont là, tous à me regarder. Les poings serrés, les mâchoires crispées. Derrière eux tu pleures. Calmement, mais d’un geste rapide, je remets mon sexe en place et referme ma braguette. Au moins ça qu’ils n’auront pas. Ils vont me tabasser je le sais, pour se défouler un peu sur le pervers. Et puis ils appelleront la police. Je peux endurer leurs coups. Je peux endurer l'emprisonnement. Ça ne me dérange pas. La prison est un endroit confortable, et je n’y serai sûrement pas très longtemps de toute façon. Je suis un homme patient. Après quelques temps, je sortirai de nouveau. J'arpenterai les rames de RER bondés, à la recherche d’une nouvelle fille docile comme toi.

lundi 9 avril 2012

Shit just got surreal!

Cela fait quelques années que ça me pend au bout des fesses, comme un de ces étrons longs et collants dont on ne sait jamais comment se débarrasser. Avec un titre de blog tel que le mien, on se serait attendu à ce qu’un tel article arrive bien plus tôt. Dernièrement, je parle beaucoup d’écriture, mais si peu de mon autre grand plaisir solitaire. Et bien aujourd’hui, tenez-vous le pour dit, je vais tout lâcher sous vos yeux ébahis.

Ecrire c’est comme chier…Je vous ai largement assez bassiné je pense avec le plaisir que j’éprouve à assouvir mes besoins souvent pressants d’écriture. Du délice ressenti, du soulagement infini quand je me vide sur une page blanche. Eh bien dites-vous que j’aime autant chier que j’aime écrire. Sans blague. Ceci n’est pas un effet d’annonce. Chier ça défonce ! Enfin, dans le bon sens du terme, mais parfois ça défonce littéralement, mais cela nous y reviendrons peut-être.


Toute ma vie, je n’ai jamais réussi à comprendre pourquoi la fonction d’excrétion était à ce point tabou dans notre société. Pourquoi ne peut-on aborder la défécation que sur le thème de la blague dans les médias ? Pourquoi ne peut-on pas parler ouvertement de ça en société ? Au même titre que la respiration, l’alimentation, l’hydratation, les fonctions de déjection sont naturelles et vitales. Nos aïeux l’avaient bien compris, eux. Il fut un temps où pour s’enquérir de la bonne santé de son entourage, on lui demandait si son passage à la selle s’était déroulé convenablement. « Ça va bien aujourd’hui ? ». Eh oui, l’expression vient de là. Quelle belle époque tout de même. On pouvait alors discuter sans honte de ses productions intestinales. C’était même un sujet de première préoccupation. Quel dommage que tout cela ait tant changé. A présent, je me vois mal répondre « Oui, très bien merci. J’ai démoulé un magnifique saucisson d’une belle couleur ambrée ce matin. » à mon chef, lorsqu’il me demandera comment ça va. Et oui, la pudibonderie est venue saccager tout ce qui avait du sens.

Arrêtons ces enfantillages autour du sujet, voulez-vous ? Je parle ici de choses très sérieuses. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais quelqu’un de constipé c’est un mort en sursis, une urgence médicale au même titre qu’un arrêt respiratoire. Pourquoi ne devrait-on aborder la scatologie uniquement que sur le mode de la blague potache ? Pourquoi les personnages de livres, de séries ou de films ne passent-ils plus de temps assis sur leur cuvette ? Autant de questions auxquelles je n’ai aucune réponse à apporter. Je voulais juste attirer votre attention, et il me semble qu’à présent je l’ai. Nous pouvons donc à présent parler de la chose entre amis et avec le sérieux qu’il se doit.

En amis, oui j’ai besoin de parler à des amis ici car la conversation prend un tour plutôt intime à présent. Je vous propose en effet de discuter un peu plus avant des petites joies qui entourent le passage à l’acte. Ne rougissez pas s’il vous plaît, nous sommes entre adultes. Avec une moyenne de deux étrons minimum par jour, on peut dire de moi que je suis quelqu’un qui va plutôt bien. Et si j’exhorte les gens à ne pas lire aux toilettes, à l’instar d’Henry Miller, c’est parce qu’il faut être à tout à ce qu’on fait pour en retirer quelque chose d’intéressant.

Prenez un jour le temps de réellement ressentir les choses. Si vous ne poussez pas comme un taré pour expulser votre « Number Two », vous pourrez alors le ressentir se balader dans votre colon. Sensation qui est loin d’être désagréable il faut l’avouer. Les homosexuels et autres adeptes de la sodomie l’ont bien compris. L’étape suivante, c’est le passage de l’anus, épreuve à laquelle la plupart d’entre nous échouent lamentablement, débitant, voir tronçonnant en petits morceaux ce qui aurait pu devenir un fier et robuste serpent. Soyez patients messieurs dames. Restez concentrés, laissez tomber quelques instants vos magazines car l’instant est grave. La délicatesse qu’exige l’opération d’expulsion va requérir beaucoup de vous, physiquement et mentalement. Il va falloir faire appel à la bonne dose de contraction abdominale et ne relâcher son sphincter anal qu’au moment opportun, avec un timing digne du saut en hauteur dans track’n field. La chirurgie du cerveau à côté de ça, c’est une partie de Dr Maboul. Parfois se présentent à nous des challenges toujours plus difficiles à relever. Une consistance particulièrement visqueuse, ou bien un diamètre à se défoncer le fondement. Devant ces adversaires plus tenaces, gardez votre sang-froid et réfléchissez à la bonne stratégie à adopter. Mais n’oubliez pas une chose, aussi dure que soit ce moment à passer, à un moment ça finira bien par sortir : alors courage !

Et vous voilà sorti vainqueur de cette lutte intestine, debout devant la cuvette, un air de triomphe sur le visage. La bataille fut âpre, mais la victoire n’en a que meilleur goût. Vous voilà vidé, mais remplit d’une immense fierté. Contemplez à présent l’ennemi défait, ou le chef d’œuvre que vous venez de créer. Je vous vois sourire, je vais trop loin peut-être ? Mais je suis plus que jamais sérieux. Regardez cette merde droit dans les yeux bon sang, vous lui devez bien ça !
Très tolérant et ouvert de nature, il n’y a qu’une seule catégorie de personne que je déteste : les gens qui répugnent à regarder avant de tirer la chasse. Cette engeance débile et si peu créative, manquant tout à fait de respect, d’estime et de considération pour leurs propres créations, sont les ennemis de l’humanité. Si d’ailleurs, vous faisiez partie de cette caste de mal torchés, je vous engage à quitter ce blog sur le champ. Je n’ai pas besoin de lecteurs dans votre genre. Ouste ! Dehors les culs serrés !

Mais je m’emporte, revenons donc à nos déjections. Soyez en fiers, ce sont vos créatures. Nées de votre travail, votre sueur et parfois votre sang. Appréciez-en la couleur, éprouvez mentalement son élasticité, absorbez-vous dans l’étude de sa forme. Cette crotte, c’est un peu de vous. Au-delà des pures émotions d’éveil artistique que pourra susciter en vous cette étude minutieuse, elle a également une fonction très pragmatique. En effet, l’état de vos selles vous renseignera sans faillir sur le bon fonctionnement du temple qu’est votre corps. Depuis l’aube des temps, la médecine a recouru à ce diagnostique certes rudimentaire mais d’une efficacité indiscutable. Devenez votre propre médecin, auscultez votre merde. La sécurité sociale, non, la France vous remerciera.

Pour les plus curieux d’entre vous, sachez qu’un éminent scientifique à mis en place une classification en différentes catégories de nos numéros deux. Grâce à ce saint homme, il nous est désormais possible de décrire avec efficacité et force détails nos plus belles réussites lors de diners en société. « Hier, je me suis délesté d’un type 3 à peau dorée d’une consistance exquise ». Vous repenserez à moi, je l’espère, quand votre auditoire se lèvera dans une standing ovation spontanée pour applaudir la justesse et la beauté poétique d’une telle description.

Ne vous reste plus qu’à tirer la chasse et regarder, la larme à l’œil, s’en aller votre nouvel ami. Oui, un ami. En si peu de temps, vous avez partagé tant d’épreuves… Je n’ai pas honte du mot, il s’agit bien d’un ami, un camarade. Si de purs soucis d’hygiène élémentaire ne m’en empêchaient, je le prendrai dans mes bras dans une ultime étreinte. Ne le quittez pas des yeux tandis qu’il tourbillonne dans la cuvette. Tel Santiago, dans le vieil homme et la mer, regardez le fruit de tant d’efforts, de batailles et de vains espoirs se faire emporter par l’inéluctable destin.

♪ C’EST L’HISTOIRE DE LA VIIIIIIEEEEEEEEEEE ! ♫ LE CYCLE ETERNEEEEEEEEEEEEEEL ! ♪ Adieu l’ami… A jamais !