mardi 7 février 2012

This is the End - Episode 2

Benjamin reste coi, médusé face à l’apparition publicitaire. Il s’était attendu à beaucoup de choses, mais pas à ça en allant en allant au travail ce matin. Le poisson jaune, poisseux et dégoulinant, continue inexorablement d’avancer, nageoire après nageoire, crachant un flot ininterrompu de balles. "Il recharge jamais cet enculé ?" se demande Benjamin en l’observant ainsi continuer d’arroser, un sourire gaillard aux lèvres. "Tu cheat mec ! C’est quoi ces munitions infinies ?" S’affaissant, dos contre la rambarde, il fait mine de réfléchir. "Mais qui peut le battre ?" se dit-il à demi-voix juste pour le plaisir. Il sourit, très fier de pouvoir sortir une phrase pareille dans le feu de l’action. Un peu à la façon de John Mc Lane dans Die Hard. Fini de rêvasser. Qui ou quoi que soit son assaillant, ce n’est pas avec sa bite ou son couteau qu’il en viendra à bout. Rampant à quatre pattes, il s’extirpe de sa cachette en direction de la première sortie qu’il peut trouver. Hors de portée des balles, il se relève et se met à courir, portable à la main. Composant le numéro de la police machinalement, il jette un coup d’œil alentour. Pas âme qui vive. A peine deux cadavres gisant dans une flaque de sang. Il ne finira pas comme ça. Le numéro de ne compose même pas. Incrédule, il regarde son téléphone lui annoncer « Réseau Saturé ». "Mais nique ta maman, portable de merde !" crie-t-il à son smartphone innocent. Il est entrain de passer les tourniquets lorsque les tirs cessent. Plus aucun bruit à part les pas de Benjamin qui résonnent dans la station déserte. Il faut qu’il sorte le plus vite possible. Ici il se sent piégé comme un rat. Enchaînant escaliers et escalators, il finit par déboucher sur l’esplanade de la Défense.


Enfin à l’air libre. Le vent, le Soleil, des cadavres. Des centaines de corps gisent dans leur beaux costumes, avec leurs cravates, leur chemisiers, leur gel dans les cheveux. Des cadavres corporate. Pas un bruit, pas un mouvement à part quelques feuilles de quotidien emportées par le vent. Par où aller ? Il déambule au trot, un peu au hasard. Qu’est-ce qui à bien pu se passer ? Entouré par ces gens silencieux dans cet espace démesuré, il se sent tout à coup très seul. Le réseau est toujours saturé. "Croustibat n’a pas pu faire ça tout seul", se dit-il a voix haute en marchant en rond. Il y en a forcément d’autres…La seule possibilité que d’autres poissons Findus puissent se planquer quelque part avec une arme d’assaut, le terrifie. Il s’arrête et tente d’imaginer une équipe de poissons mutants mitraillant tout ce qui bouge à la sortie du RER. Ils rient tous très fort, avec un cigare à la bouche, un rire de dément, et les douilles giclent dans tous les sens.



Perdu dans ses pensées, Benjamin ne remarque pas le petit point rouge qui tremblote sur sa poitrine. Il va mourir s’il ne bouge pas tout de suite, mais il est trop occupé à penser à des trucs idiots avec son imagination dérangée. Quelqu’un quelque part est en train de le viser avec un fusil sniper. Avant qu’il ait eu le temps de faire le moindre mouvement, quelque chose bondit et le plaque au sol. La baie vitrée derrière lui explose en milles éclats. "Putain de sa mère !!" éructe-t-il avec une voix de fille en tombant au sol. Il n'a pas le temps de réaliser la situation qu'on l'interpelle. "Ferme ta gueule gros lard et viens te planquer avec moi." Lui crie une petite asiatique à la voix nasillarde adossée derrière un pilier d’immeuble juste à côté. Benjamin rampe à toute vitesse, arrosé au petit bonheur la chance par une pluie de coups de feu. Son visage est un masque digne de la comedia del arte. Des yeux comme des fentes et une sorte de sourire constipé aux lèvres. Il gémit comme un petite fille apeurée. A force de contorsions, il arrive enfin à couvert et rejoint son sauveur. Poussant un bref soupir de soulagement, il se tourne vers elle pour la remercier. "Merci petite chinoise, tu m’as sauvé la vie ! Où est ta Maman ?" Elle lui répond du tac au tac non sans lui envoyer au passage une taloche sur le crâne. "J’ai 29 ans connard et j’ai un nom. C’est Jenny."


Cette fille ne parle pas, elle scande, avec une voix de poissonnière sur le marché. Comme si chacune de ses phrases annonçait une réduction exceptionnelle sur le kilo de sole. Les oreilles de Benjamin ont du mal à s’en remettre. C’est la première fois qu’il entend quelqu’un lui parler aussi fort que lui. "Moi c’est Ben." lui répond-il en hurlant, histoire de lui montrer qui a la plus grosse voix. "Eh ! Ben et Jenny, remarque-t-il soudain, comme la glace! C’est pas trop badass ça ?" Benjamin n’a toujours pas compris qu’il y a un temps pour les calembours et un temps pour survivre. Jenny quant à elle, ne semble pas relever son trait d’esprit, trop occupé à réfléchir. "Qu’est-ce que tu fous ici bordel ? Il y a des bonhommes Cétélem planqués partout dans les immeubles." A ces mots il s’imagine le bonhomme en verdure, allongé sur le sol, le Soleil se reflétant dans ses lunettes noires, il les scrute implacablement à travers la lunette de son fusil sniper. Il trouve ça trop cool, dommage qu’il soit la cible. Jenny a continué de parler mais il n’écoutait pas. "Moi j’étais au café dans cet immeuble là, dit elle en montrant l’immeuble non loin, et puis y a trois types déguisés en Cétélem qui ont débarqués. Enfin quand je dis déguisé, c’était trop vrai et trop bizarre en même temps. Leur regard flippant, leurs sourires, c’étaient vraiment des buissons en forme de bonhomme. Ils sont arrivés et ont commencés à flinguer tout le monde à notre étage avec des pistolets automatiques, des fusils à lunettes en bandoulière dans leur dos. Je leur ai balancé quelques collègues à moi pour les occuper. Cette pute de Sylvia de la prod, Marc et Andrew de la compta, et un type que je connaissais pas. Tu aurais vu leurs yeux. Les yeux de ces buissons ambulants, pendant qu’ils vidaient leurs chargeurs sur eux. Des yeux rieurs, des bouches énormes largement ouvertes en sourires déments. Moi j’en ai profité pour filer par les escaliers." Elle à un certain sens de la survie la petite se dit Ben en l’écoutant finir son histoire. Il lui raconte rapidement ses déboires avec le poisson de la marine. "Y a Croustibat aussi alors ?" répond-elle machinalement. "Mais c’est quoi ce bordel putain ? enchaine Ben. Comment ça se fait que les bonhommes de pub apparaissent comme ça les un après les autres pour dézinguer tout le monde ici ?" Jenny affiche un regard sombre, elle semble avoir décrypté quelque chose dans la succession de ces évènements étranges. Ses yeux bridés, deviennent encore plus bridés. "Moi je crois savoir ce qui se passe annonce-t-elle. Tu sais quel jour on est ?" Benjamin répond par la négative d’un signe de tête. "On est le 21 décembre 2012 gros !! Putain c’est la fin du monde !"

Roland Emmerich peut aller se rhabiller, c’est la pub qui va tous nous crever. A suivre…

jeudi 2 février 2012

This is the End - Episode 1

Le RER encore et toujours. Traverser la région parisienne, balloté contre des centaines d’inconnus. Regarder le paysage défiler. Les gens sur les quais, les tunnels, les immeubles gris. Ecouter de la musique sur son MP3, lire un livre, regarder le furoncle de son voisin, détailler la robe moulante de sa voisine, imaginer leur vie. Etre fatigué, être heureux, sourire à l’idée d’être en Week-end, s’enfermer dans le stress de la journée. Les journées se répètent et se ressemblent. Benjamin, Ben pour les intimes, se laisse porter par le flot des jours, mallette à la main, la cravate noué autour du cou. La trentaine, le crâne rasé, le visage rond, les joues pleines. Ses lunettes noires à bord épais soulignent le regard malicieux de ses yeux verts, sa seule fierté. Il n’est ni petit, ni grand. Un léger excédent de poids qu’il perdra un jour lorsqu’il se motivera pour faire du sport. Benjamin est las, fatigué, mais ses yeux continuent de sourire. Comme souvent il a fait la fête avec des amis la veille. Boire, parler de rien d’important. Crier plus fort que ton voisin, vanner le plus possible, trouver des jeux de mots improbables pour faire rire tout le monde. Jouer à la console, regarder la télé réalité en se moquant des idiots qui y participent, draguer un peu aussi. Se sentir léger, se sentir ivre, se sentir vivant. La banque ce n’est pas sa vie, c’est juste un moyen de la gagner. La vie pour lui c’est hier soir, c’est ce soir, c’est demain soir. C’est rire et profiter de ses amis. Faire n’importe quoi, rencontrer des gens, vivre des trucs.



La Défense, lui annonce les haut-parleurs. C’est là qu’il descend. Alors qu’il franchit les portes, poussé par une foule de jeunes cadres dynamiques, on entend un cri. "Allez-vous en bordel ! Il arrive !" Tout le monde tourne les yeux en continuant de marcher. Tout au bout du quai, à gauche, il y a un homme qui court de toutes ses forces vers le train. Sa chemise est parsemée de tâches rouges et son visage est recouvert d’égratignures. Il tente de rejoindre une porte, mais la foule le repousse. "Barrez-vous putain !" hurle-t-il désespéré. Encore un mec qui pète un câble se dit Benjamin avant d’entendre plusieurs détonations. L’homme s’étale de tout son long ainsi qu’une jeune fille en tailleur. C’étaient des coups de feu, les premiers que Benjamin entend de toute sa vie, à part à la télévision bien sûr. Instantanément, il tente de remonter dans la rame, mais c’est déjà la panique. Tous les passagers qui étaient sortis tentent de rentrer à nouveau dans le RER. Dans la bousculade, quelqu’un lui fait perdre l’équilibre, il tombe comme au ralentit. Une autre série de coups de feu vait voler en éclat une fenêtre tout près. Dans la rame, plusieurs personnes sont touchées, elles s’affaissent. Des hurlements, des cris de terreur, le sifflement des portes qui se referment. "Je vais crever ici." se dit Benjamin. Le train démarre à toute vitesse, encore arrosé d’une salve nourrie. Une arme automatique sûrement. "Reviens-ici tout de suite connard de train !!" hurle-t-il à plein poumons. C’est la seule chose intelligente qu’il trouve à raconter en pareille situation. Une balle vient siffler à son oreille. Il manque de mouiller son pantalon. Instinctivement il se retourne. Ses yeux ont beau scruter frénétiquement dans tous les sens, il n’arrive pas à voir le tireur. "Plutôt mourir que de crever ici" siffle-t-il en se relevant d’un bond. L’adrénaline commence à avoir un effet productif, il se met à courir. Mais vers où ? Les balles le frôlent encore une fois et vont éclater une poubelle à sa droite. Par déduction, le tireur est à gauche. Il accélère en direction de l’escalator à sa droite. Jetant un coup d’œil par-dessus l'épaule, il entrevoit une vague forme jaune et bleue qui se dégage de derrière une colonne d’ascenseur plus loin sur le quai. Une autre salve est tirée dans sa direction, mais aucun projectile ne fait mouche. Benjamin à une course complètement aléatoire, on le croirait agité par la danse de Saint-guy. La tête rentrée au maximum dans les épaules, il bondit d’un côté, roule de l’autre, accélère et change de direction en permanence. S’il y a bien une chose qu’il aura appris en jouant en ligne, c’est qu’une trajectoire rectiligne c’est la mort. Trop facile à viser. "Tu m’auras pas fils de pute !! J’ai tous les trophées platines sur Battlefield !" Son cri est un défi à la mort. Dès qu’il a entendu la première balle, il l’a su : c’est un survivant. Il n’est pas de ceux qui se figent d’effroi face aux phares d’un camion, il est de ceux qui se protègent des balles avec un cadavre, ce qu’il aimerait bien faire s’il avait le temps. La bave aux lèvres, le visage inondé de sueur, il court dans tous les sens comme un dérangé. Il doit vivre, il doit survivre à tout prix. Il a réussi à atteindre les escalators et grimpe les marches quatre à quatre. Son souffle est une vapeur bouillante, de l’acide coule dans ses veines, et son cœur bat tout rompre, mais pourvu qu’il batte encore. Derrière lui, il entend un cri terrifiant. Quelque chose d’inhumain, d’horrible, grave comme le craquement du sol dans un tremblement de terre. Ce cri lui glace le sang, bien plus que les balles qui pleuvent sur lui depuis tout à l’heure. Un son malsain et inquiétant, vieux comme le monde. Il manque presque de perdre l’équilibre à une marche de la fin de son ascension. "Ferme ta gueule Chewbacca ! Woooooaaa !" fait-il en imitant le pote de Han Solo, caché derrière une rambarde toute proche. A l’abri, il cherche désormais à savoir qui est la menace et par où elle risque d’arriver. De son poste, il distingue beaucoup mieux son agresseur. Il n’en croit tout d’abord pas ses yeux. Ca n'est pas le genre de truc qu'on voit tous les jours. L'impossible devient possible. Une sorte de farce cosmique. Le muscle saillant, le sourire carnassier, un petit chapeau blanc de marin vissé sur le coin de la tête, l'oeil rieur, entre ses mains jaunes une kalashnikov crache des douilles fumantes sans discontinuer. C’est bien le poisson de la publicité Croustibat qui lui tire dessus en marchant sur ses petites nageoires. Pour Benjamin s'en est trop. "Mais what the fuck ?!"



A suivre…

mardi 31 janvier 2012

Fiction

C’est toujours comme ça. Je rentre à la maison fatigué de ma journée. Aujourd’hui, comme tous les jours, les ennuis se sont succédés à un rythme effréné.
D’abord Francis, le type de la comptabilité, qui m’annonce qu’on doit faire une modification dans une vingtaine de programmes d’ici ce soir pour résoudre un plantage qui est de LEUR faute. Comme je me doute que les clients aimeraient recevoir l’argent qui leur est dû en temps et en heure, je dois abandonner mon projet actuel et faire plancher toute mon équipe sur le problème de cet enculé de Francis. Nous avons déjà accumulé vingt jours de retard sur le planning initial. Ensuite, c’est mon chef qui vient me trouver pour me dire que je suis un trou du cul. Texto. Selon lui mes projets sont bâclés, je dépasse allègrement les charges définies, et puis j’ai une tenue inadéquate. Je ne comprends pas. Costume marron foncé, chaussures marron, chemise blanche et cravate dorée unie. Je suis impeccable. Le costume sort du pressing et ma chemise  repassée du matin. Je suis rasé, mon haleine est fraiche. Je ne comprends pas. Et puis soudain je comprends. Ce type me déteste et n’importe quel prétexte sera bon pour me saquer. Il a de la bile à revendre, et il a choisi de la déverser sur MOI. C’est ainsi on y peut rien. Je me tais et pense à autre chose. Comme ça serai bien d’avoir un travail épanouissant. Je m’imagine, lui tranchant la gorge. Son regard surpris tandis que le sang inonderait son costume clair bon marché. De retour à mon bureau je constate que mes collègues sont déjà tous partis manger. Personne ne m’a attendu. Je déteste manger seul, seul à en crever. Je sors donc m’acheter un sandwich que je mange devant mon PC en continuant de travailler, ça m’occupe l’esprit. Il est 18 heures quand nous arrivons enfin à résoudre le problème de ce connard de Francis. Merci, me dit-il par mail, tu as assuré. J’aimerai planter un couteau dans son ventre pour voir ce qui en sortirait. Nous partons célébrer notre victoire de la journée à la machine à café. Quand je reviens, un petit malin a envoyé de mon poste un mail dégueulasse à toute la direction. J’avais oublié de verrouiller mon PC. Mon chef trouve alors un magnifique prétexte pour me renvoyer, ce qu’il fait 30 minutes plus tard. Je quitte son bureau, suivi des yeux par tout mon service. Je prends mon manteau et ma mallette pour pouvoir enfin rentrer chez moi me reposer. Je m’apprête à descendre les escaliers quand Berthier s’interpose. Je suis désolé, me dit-il penaud, je vais tout de suite aller voir le chef et lui dire que c’est moi. Le mail n’était que pour notre équipe normalement.Je sais pas ce qui s'est passé. Il se confond en excuses. Je le regarde. Il me regarde.... Je le pousse dans les escaliers. Excuses refusées.Je vais prendre l’ascenseur finalement.
Et me voilà enfin à la maison. Après deux heures coincé dans le RER sous les aisselles d'un géant suintant et puant. Après 19 étages montés à pied (les trois ascenseurs sont tombés en panne). Elle est là, à me parler de je ne sais quoi pendant que je me sers un verre de porto. Je n'ai même pas eu le temps de retirer mon manteau qu'elle m'est tombé dessus. Elle me reproche tout un tas de choses comme d'habitude. Son discours est complexe et pars dans de nombreuses digressions. Je sirote mon verre et fait mine d'écouter . Lorsque je veux la dépasser pour déposer mes affaires. Elle me barre le chemin et me repousse violemment. Tu ne m'écoutes pas! Tu ne m'écoutes jamais! me hurle-t-elle. Oula! Ca dégénère apparemment. Je ferai mieux d'écouter maintenant qu'elle pleure. Je dépose mon verre et m'apprête à parler. Désolé, j'ai eu une journée de...Elle ne me laisse pas finir et me jette mon apéritif au visage. Pourquoi aujourd'hui?...Elle me regarde à bout de nerf. Moi, mpassible, fatigué, usé, désabusé. Sa colère monte d'un cran. Elle m'envoie une gifle. Pourquoi est-ce qu'elle a décidé de me casser les couilles aujourd'hui? Elle me donne une autre gifle. Plus forte cette fois. Chérie s'il te plaît, calme-toi. Elle n'écoute plus et devient hystérique. Elle hurle et bondit en tout sens. Elle me griffe le visage. Je suis fatigué, j'en ai marre de ces jérémiades. Elle me frappe de toutes ses forces, mais les coups ne me font plus rien. Je regarde la scène en dehors de mon corps. Je n'ai plus aucune prise. Mon double serre les poings, le sang palpite fort dans ses tempes. Tu as choisi la mauvaise journée mon amour, je suis désolé.

lundi 30 janvier 2012

Sans queue ni tête...Un cheval peut-être?

Mais si je vous jure! Il était là pourtant...Un coeur qui bat, il n'y a pas si longtemps. C'est comme se dire qu'on avale une couleuvre, quand on réfléchit ça doit être dur. Comme une orange pas mûre. Sauter d'une chaise et se casser les deux jambes, c'est idiot. Peut-être mais ça m'est déjà arrivé deux fois cette semaine. Pourquoi les gens me regardent ils méchamment dans la rue? L'amour rend nerveux. Moi je les aime bien les gens, et ils me le rendent au centuple avec des cailloux pleins d'émotions de toutes les couleurs.
Il y a un animal trop mûre qui roule sur le plancher du métro. C'est une tortue asymétrique, voir pyramidale. Les gens lui donnent des coups de pied car on est en France et c'est le sport nationale. On voit parfois des choses étranges dans le métro.
Ma foi dans la vie est égale au nombres de mots qui auraient du sortir de ma bouche tout à l'heure. C'était il y a longtemps et je ne sais pas vraiment quoi en faire. Ils dégoulinent aux commissures des lèvres. Je les laisserais sortir tout à l'heure s'ils sont sages. Mes doux agneaux. C'est bien dommage qu'il n'y ait que moi pour en profiter. J'aimerais les cracher à la figure de cette adolescente boutonneuse aux jolies habits. Sa frange me donne chaud.
Penser et écrire. Ecrire et ne rien en penser. Danser, rire, manger. Tout faire en même temps si possible, mais c'est dur, comme l'eau de ma douche. Abreuver ses meubles de paroles mielleuses et se dire que c'est géniale quand c'est sorti. Si j'avais des amis ils souriraient comme ma table basse, je lui raconte n'importe quoi. Moi aussi je souris, parce qu'elle est la seule qui m'écoute discourir sans souscis de début, de fin, de milieu, d'entre-deux, d'entre-chat, d'entracte, d'ambages, d'emballage en somme. Je me laisse aller. Parler pour parler. C'est dommage que ça rende moins bien sur un écran d'ordinateur.
Tokyo Tower! C'est loin mais qu'est-ce que c'est funky. Je regarde sa photo et je fais du break. Une vision satisfaisante de la musique en métal urbain. J'aimerai ne jamais m'arrêter, mais il faut que je donne de l'eau à mon poisson.
Une forêt de pains, dans un pays lointain. Leurs épines rentre dans le palais. Le roi avait pourtant renforcé la sécurité. La garde est débordé de levure et de farine. C'est la faim. Leroy est mort, vive Jenkins! Dans un sens c'est ce qui nous attend tous, et dans l'autre...suot dnetta suon iuq ec tse'C.
C'est souvent en fin de soirée que je me rends compte que personne n'écoute ce que je dis. Mais je le dis souvent dans ma tête aussi. S'ils pouvaient entendre, je me demande ce qu'en diraient les NSYNC. "Julien tu es un type cool...Ne t'arrête jamais." Alors je serais bien embêté du coup. J'attraperai des crampes et je serais tout lyophilisé, mais je serai heureux ça c'est sûr. Parce que j'aime beaucoup Justin Timberlake d'une part.

En conclusion, La funk japonaise ça déchire (merci Ken pour ce lien).

vendredi 27 janvier 2012

Moi à nouveau?

Ce matin, il a suffit d’une coïncidence, pour que je comprenne ce qui me ronge depuis si longtemps. Il m’a fallu du temps pour réaliser, pourtant les indices ne manquaient pas. Maintenant quoi faire ?

Ca fait plus d’un an que je n’ai rien écrit de concret et dernièrement je sens quelque chose en moi qui germe. Je me mets à penser que je devrai peut-être retravailler mon premier manuscrit que les éditeurs avaient refusés. Je me dis ça tout en commençant le premier tome de 1Q84 de Haruki Murakami. Dans ce livre un des héros est un écrivain qui n’a jamais publié, et c’est en réécrivant le manuscrit d’une inconnue qu’il se redécouvre et trouve enfin ce qui lui manquait. Il décide d’écrire un nouveau roman, convaincu, sans l’ombre d’un doute qu’il sera bientôt publié.

Cette semaine je retombe sur une vieille connaissance. Nous prenons le café et il se met à me parler de mon blog. Blog que je n’ai pas alimenté depuis plus an. « C’est vraiment dommage mec ! Tu as quelque chose, ne le perds pas. Il faut bosser, il faut t’y remettre. Ca ne tombe pas tout cru. Donne toi les moyens! » m’a-t-il dit en me regardant droit dans les yeux. C’est le genre de paroles qu’il ne jette pas en l’air. Ce n’était pas un conseil, c’était presque un ordre. Comme si je lui devais quelque chose. Trinquons à ça : au devoir.

Ce matin, le travaille n’est pas passionnant et encore moins urgent. Je découvre alors la joie d’avoir enfin Internet au travail. Lecture de mangas en ligne, site de vidéos inutiles mais très drôles, et puis un tour rapide sur mon blog. C’est étrange de se relire après tant de temps. Il y a du bon, il y a du moins bon, mais c’est moi. Au fur et à mesure que je relis mes lignes, une sensation étrange m’étreint les poumons. C’est une graine qui pousse à l’intérieur. C’est peut-être un nénuphar, et bientôt je vais mourir comme Chloé dans l’écume des jours de Boris Vian. C’est une sensation douloureuse, j’ai presque le souffle coupé. Je sais que c’est une expression un peu forte, mais c’est la réalité. J’ai soudain envie de pleurer et je ne comprends pas pourquoi. Mes collègues sont partis à la machine à café et c’est tant mieux, je préfèrerai qu’ils ne me voient pas dans cet état. Je laisse passer cinq minutes à regarder le plafond en tournant sur ma chaise de bureau. Pour penser à autre chose je décide d’aller jeter un œil aux blogs que j’avais mis en lien. Mes sites amis. Un terme étrange vu que pour la plupart nous ne nous connaissons pas. Ca ne m’empêche pas d’apprécier ce qu’ils font. En cela ce sont des amis. Je clique sur le premier site, celui à l’actualité la plus récente : Le Blavog.
Je lis, je lis, je lis, j’ai mal. Mon cœur s’accélère, mes poumons sont remplis de sensations étranges, comme si quelque main géante m’enserrait dans son creux. J’ai comprend enfin ce qui m'arrive. C’est comme si j’avais trouvé mon alter-égo idéal. Un dopplegänger venu m’annoncer que je suis un raté. Navo, c'est un peu l’autre moi que je projette en rêvant. Quand j’ai le cafard, je me grille une clope à la fenêtre et il m’arrive souvent de commencer une phrase à voix haute : « Un jour, je serai… ». Je ne finis jamais cette phrase, parce que je commence à chanter le générique de Pokémon, mais surtout parce que j’ai peur de dire à voix haute ce que je veux vraiment. Ce que je devrai avoir les couilles, le courage, et la détermination d’exiger de moi-même. Un jour je serai publié. Un jour je serai reconnu. Un jour je pourrai vivre de l’écriture. Un jour je gagnerai ma vie en faisant ce qui m’exalte le plus au monde. Un jour je me sortirai les doigts du cul, et je ferai les sacrifices nécessaires pour devenir enfin fier de moi.

Il y a une partie de moi-même qui s’est perdu en cours de route ces dernières années. Il me manquait quelque chose. Cette sensation douloureuse que j’ai ressentie, le nénuphar, c’était le vide en moi qui s’ouvrait grand. De lire mes textes, de voir des gens talentueux réussir parce qu’ils y croient, ces coïncidences qui se multiplient, je réalise soudain que je n’ai rien à faire dans ce bureau. Je réalise que ma vie ne devrait pas être celle-là. Le manque de temps c’est une excuse. Il y a tant de choses que je dois écrire, des idées qui se bousculent par centaines. Tout ça ne devrait pas passer au second plan. Cette douleur c’était de la frustration, c’était de l’impuissance. Tout ce temps perdu…

Qu’est-ce qu’il me reste à faire maintenant que j’ai réalisé?! Quitter mon job ? Tout plaquer ? Aujourd’hui je me suis retrouvé. Je bouillonne, je vais exploser, je ne sais pas comment faire, ni quoi faire. Trop de temps perdu à rattraper. Je veux me sentir vivant à nouveau, mais j’ai perdu le mode d’emploi.

mardi 17 mai 2011

Nathalie

La plupart des gens pensent que c'est une perte de temps d'aller aux toilettes. Moi, je pense que c'est un moment privilégié. Une parenthèse dans la journée, un moment d'intimité absolu. Souvent, je laisse mon esprit digresser, partir de rien pour aboutir aux idées les plus folles, les histoires les plus délirantes. Le rêve s'installe et le temps s'étire à l'infini.
- Alors qu'est-ce que tu en as pensé?
Mathieu sirote son mojito en tapant du pied contre la barre du comptoir. Les cheveux ébouriffés, le poil hirsute, de perpétuels cernes violets sous les yeux. Les gens le prennent pour un poète avec son air lunaire, mais il ressemble plutôt à ce type éméché qui se retourne vers toi en fin de soirée pour te taxer une cigarette, chancelant , le sourire goguenard. Un air perpétuellement ahuri.
-De quoi?
J'ai du mal à rester concentrer, il y a une chanson des doors qui passe à la radio. Il sourit en secouant le tête. Ce petit sourire malicieux. Ce genre de sourire qui attire les jeunes filles, ça fait partie de son charme il paraît.
-De mon dernier album putain! T'écoutes rien depuis tout à l'heure...
Mais ce que les gens ne savent pas, c'est que ce sourire d'adolescent facétieux, masque souvent une grande irritation.
-C'est de la merde Mathieu si tu me demandes...Un peu trop pompeux à mon goût.
Il sourit à nouveau. Ses yeux deviennent comme deux petites fentes. Du bout des doigts il pousse son verre au bord du comptoir, d'un petit coup sec. Le mojito se répand. Des yeux, je suis le verre dans sa chute. Les visages se tournent vers Mathieu tandis q'il pointe un doigt vengeur dans ma direction, l'éclatement du verre couvre un instant le vacarme du pub.
-Va te faire foutre!
D'un bond il quitte son tabouret et disparaît du pub en quelques foulées.
-Je l'imaginais plus grand s'exclame ma voisine.
-Je t'imaginais moins belle...
Elle rit. En expirant de l'air par le nez en petites saccades, la bouche pincée. Même son rire est mignon. Je m'étais toujours demandé ce que je pourrais lui raconter si je la rencontrais un jour, et elle est là à côté de moi: Nathalie Portman. Je ne suis pas un fan. Je n'ai jamais été fan de rien, et pour moi ce mot à une connotation horrible. Un raccourci pour fanatique. C'est juste que si je devais rencontrer une star internationale, c'est elle que je choisirais. Ou bien Scarlett Johanson. Non, en fait elle me fait un peu flipper. Alors de quoi on parle avec une star du box-office? De quoi parle-t-on pour connaître une personne qui à pour profession de duper le monde entier en permanence? Comment faire pour découvrir une personne que l'on croit connaître?
-Je t'offre un verre, Nathalie Portman?
Elle acquiesce. Ses cheveux sont merveilleux. La regarder me fait mal au coeur. J'ai envie de pleurer et je ne sais pas pourquoi. Parfois mon imagination me joue des tours et c'est presque à bout de souffle que je reprends mes esprits, assis sur la cuvette. Les yeux grands écarquillés je fixe une feuille de papier souillée dans ma main. A peine 30 secondes se sont écoulées.
Aux toilettes, les mondes se font et se défont en un battement de cil. A peine le temps de vider son colon.

mercredi 30 juin 2010

When you are strange....

La journée avait bien commencée pourtant. Un beau Soleil d'hiver. Un temps froid et sec qui pique les sens et réveille l'esprit. Une simple balade pour aller acheter du pain à la boulangerie. Et puis le premier coup de feu avait retentit.

C'est étrange comme les gens réagissent dans ce genre de situations. Instinctivement, les corps se crispent, les têtes se rentrent, les dos se voûtent. Quand l'homme se transforme en tortue...Le miracle de la vie. Peut être qu'en des temps reculés cette position avait permis aux premiers primates d'effrayer leurs prédateurs naturels, mais désormais avoir l'air idiot ne suffisait plus à arrêter les balles. Après un temps, la curiosité l'emporte et les têtes se tournent vers l'origine supposée du bruit qui à perturbé un dimanche si tranquille. Les regards se tournent vers moi, et le pistolet qui repose fumant dans ma main droite.

Que diable peut bien faire une arme à feu dans ma main? Quel besoin pouvais-je bien avoir de transporter ce genre de choses, surtout un dimanche matin! J'ai parfois des idées saugrenues. Cette fois je me sens tout de même un peu dépassé.
Réalisant enfin qu'un réel danger se présente, moi en l'occurrence, la panique s'empare de la piétaille dominicale. Ca hurle à qui mieux-mieux, qu'on va mourir. Et que je te marche dessus, et que je m'évanouis, et que je pleure parce que ma maman est morte. Ca court et ça se bouscule dans tous les sens. C'est le bordel. Du coup je n'arrive pas vraiment à identifier la victime de mon tir. Il semblerait que c'est une femme. Elle git inerte. La chemise blanche qui cintrait si bien sa partie haute se retrouve maculée de sang. Touchée en plein coeur, pas de chance...Y a des jours comme ça où il ne vaut mieux pas sortir de son lit. Une chose est sûre: je suis bon tireur.
La scène est étrange. Je suis dans un film de John Woo. La foule court en tous sens au ralentit. Il y aurait des colombes s'élançant au ralenti que ça ne semblerait pas plus bizarre que ça. Afin de reprendre mes esprits, je décide de reprendre ma ballade initiale. Après tout le soleil brille, et ne pas en profiter serait un crime.Cet homme furieux qui se met en travers de mon chemin semble être d'accord avec moi, car il me traite de "meurtrier".
Il ne semble pas comprendre que j'ai une arme à feu en ma possession. Peut être qu'il en à une lui aussi. Je prends soudain peur...Je n'ai jamais été confronté à quelqu'un portant une arme à feu, et je ne sais vraiment pas comment je réagirais si cette situation arrivait un jour. Je pense que je serai terrifié. Le monsieur semble à la fois triste et en colère. C'est sa femme que j'ai dû atteindre en plein coeur. Il est jaloux peut être...Si je lui faisais part de mon trait d'esprit, je ne pense pas qu'il trouverait ça aussi drôle que moi. Je décide donc d'exhiber mon arme afin de lui faire reprendre ses esprits. Un canon pointé vers la caboche, notre mari furieux fait moins le malin. Il semble soudain comprendre que sa vie ne tient qu'à un fil. Si sa femme est morte par l'un de mes caprices, il pourrait tout aussi bien subir le même sort. Personne ne veut mourir, moi inclus. C'est sûrement pour ça que je me ballade avec un une arme de poing automatique pour aller chercher le pain... Notre casanova se met à pleurer à mesure que j'avance vers lui. "Pourquoi?!... S'il vous plaît!". Tantôt il s'indigne, tantôt il m'implore: il faudrait savoir.
Autant je n'avais pas senti le coup partir pour son épouse, autant je décide de tuer ce bougre de mon plein gré et avec une application exemplaire. Voyant le chien de mon arme reculer, il se laisse tomber au sol et se replie en position foetale. Ca a le don de m'énerver un peu plus. Comme ces longs insectes avec plein de pattes qui se roulent en boule quand tu les touches. Petit, je finissais toujours par les écraser du pied. C'est décidé, cette fois je le tue. Clic. Une balle dans la tête. Son corps subit un léger sursaut puis se déplie au ralentit pour finir dans une position grotesque. Clic. Une autre balle dans le torse. Je m'attends à un autre sursaut, comme dans les films. Il n'en est rien. ce n'est déjà plus qu'un cadavre sur lequel je vide le reste chargeur. Clic. Clic. Clic. Clic. Clic... Je suis un peu déçu. Je m'attendais à ce que ce soit un peu plus...Grisant. Pas même une décharge d'adrénaline, même pas la satisfaction d'un travail accompli. Juste appuyé plusieurs fois sur la gâchette pour voir ce qu'il se passerait. Tuer c'est nul. Au moins ça, maintenant, je le sais. Je mourrai moins bête.
Après un court moment de réflexion, je décide qu'il est mieux d'attendre la police. C'est une attitude raisonnable et responsable. Je m'assieds près du cadavre, laissant reposer l'arme à mes pieds. Le ciel est moins beau quand on observe son reflet dans le sang. Il en est même déprimant. Il fait si beau pourtant.
La police saura sûrement quoi faire de moi. J'ai tout de même tué deux personnes. Je ne me souviens même pas avoir jamais acheté d'arme à feu. Quel idée d'ailleurs d'en transporter une pour aller à la boulangerie...Mon cas est grave et je décide de m'en remettre à des instances compétentes. Assis sur le trottoir, les pieds trempant dans ma victime, j'attends les forces de l'ordre en fredonnant une chanson des Doors.

"People are strange when you're a stranger
Faces look ugly when you're alone
Women seem wicked when you're unwanted
Streets are uneven when you're down

When you're strange
Faces come out of the rain
When you're strange
No one remembers your name
When you're strange
When you're strange
When you're strange... "

samedi 26 juin 2010

Divagations...

Les choses sont tellement plus simples lorsque l'on est saoûl. Je ne parle pas de jolies paraboles ou d'ébriétés légères, je parle de cuites sales. Je parle vomissures qui tâchent à côté de la cuvette. Je parle des choses dont on est capable qu'avec un verre de trop dans le sang. Je parle de ces expériences que l'on renit en souriant au détour d'une conversation en disant: "Ah ce soir là, qu'est-ce que j'étais bourré." Tout ça n'est que prétexte. Et les choses que l'on a bien voulu faire sous influence, sont celles qu'ont aura toujours voulu faire sans se l'avouer.
Ainsi, toi, tu sera sorti avec cette fille un peu trop grasse mais qui t'excite d'une façon que tu es incapable d'expliquer. Et tu n'as pas besoin de t'expliquer ma foi. Ces choses là tiennent de l'alchimie, de la magie...une odeur, une impression, un mouvement qui font de ce repoussoir un ange lubrique qui hante tes rêves les plus délurés. Elle ne tient pas des plus fiables canons de beauté, mais pourtant la langue qu'elle fait virevolter dans ta bouche électrise ton corps, ses caresses sont autant de braises jetées sur un feu déjà sauvage. Elle est le X de "sexe", la personne qui représente le fantasme inavoué, l'insondable perversité de ton être. Vos corps nus en frictions, produisent une énergie sans fin. Le souffle qui caresse sa nuque est chaud et humide. Votre étreinte lors de l'utlime spasme semble durer jusqu'à l'éternité....Pourtant demain tu riras à gorge déployé avec tes amis, de tes ébats déplacés. "J'étais bourré!" Que c'est drôle ma foi...Pourtant, aucune parcelle de ton être ne regrette cette soirée passée en compagnie du boudin de la promo, de celle dont personne ne veut. Parce que cette soirée est une des plus belle de ta vie et que tu ne te l'avouera jamais, tu es un être humain comme les autres: tu n'as rien compris. Ce qui fais de toi un exemple, l'évolution d'un genre en extinction, tu le renies en riant. "J'étais bourré"... Agir selon ses instincts et en accord avec ses émotions. Voilà pour moi ce qui fait de l'homme un être supérieur à l'animal. Si seulement la morale et la religion ne s'en étaient jamais mêlées, nous serions le sommet de la chaîne alimentaire. Le prédateur absolu. Alerte. Conscient de son environnement, de ses émotions, à l'écoute de soi. Un être sans honte et sans hésitations. Alors le monde serai meilleur. Alors je serai le roi des primates. Alors seulement, je serai heureux. Dans un monde où les gens sont désespérément honnêtes, ivres de vie, lubriques, idiots, déments...Vrais...