Seul devant son pc. La lumière blanche allume son visage fatigué, faisant voler sa tête dans le noir. Une fenêtre Blogger le dévisage, le nargue en faisant clignoter nerveusement le curseur sur la page blanche. "Créer un article". Ca fait une demi heure qu'il le regarde clignoter ce curseur de merde.
Il s'était dit qu'avec son talent, son blog serait très vite remarqué et qu'un buzz incroyable secouerait l'internet multimédia 2.0. On lui proposerai des contrats avec des maisons d'éditions et il deviendrait célèbre. Il y aurait plein de fête avec de la cocaïne, des filles en bikini, et du champagne, comme à la télévision. Et ce serait bien...
Ca fait une semaine qu'il sèche devant cette putain de fenêtre, avec ce putain de curseur qui clignote dans une putain de page vide...Vide!! Il a essayé pourtant. Tous les jours il essaye...Il jette quelques mots dans l'espoir qu'ils feront mouche, qu'ils déclencheront la machine. Des jeux de mots débiles, des antinomies, antanaclases, et autres figures de style qu'il affectionne mais dont il ne connaitra jamais le nom. Mais rien ne prend. Ce n'est pas bon. Ca n'a pas aucune âme. Pas étonnant: quand on se met deux doigts dans la gorge, il faut s'attendre au résultat.
C'est dur de tenir le rythme des fois. La page est désespérément vide. Comme lui. Ses courbes Google Analytics qui font la gueule. C'est tout un monde qui s'écroule. Son rêve blogosphère 2.0... Ce soir, c'est la dernière fois qu'il se force. Tant d'efforts.Et pour quoi? Il se bat pour se prouver qu'il existe, qu'il a quelque chose que les autres n'ont pas, qu'il est unique et différent...Pour être reconnu. Mais qu'est-ce qu'ils en ont à branler les gens, eux?...
Il craque ses doigts et les place sur le clavier. Tout d'abord, il faut choisir un titre. Le premier pas, les premiers mots...Il sourit en pensant à l'ironie de la situation à mesure que s'enfoncent les touches: "La page blanche..." Un titre adéquat. C'est un peu aussi pour lui qu'il écrit, après tout.
Des mots, des textes, divagations de l'auteur. Je cultive l'étrange et le sensuel, le non-sens. Ce qui donne du piquant à la vie. J'aime écrire et j'espère que vous aimerez aussi...N'oubliez pas de tirer la chasse en partant.
mardi 12 mai 2009
dimanche 3 mai 2009
Un jour votre voisin vous tuera...Et vous adorerez ça! (FIN)
A l’intention de Joëlle Moche
22 rue Saint-Abri
92220 Bagneux
Bonjour,
Si vous parvenez à lire ces lignes Mlle Moche, c’est que je suis un très mauvais assassin. Il faut dire que je ne suis pas doué pour grand-chose, à part bien sûr ne rien faire, et être con. Mais cela je vous l’avais déjà expliqué dans ma première lettre.
La jaune est près du pc et la noire est près de la table. Je vous parle de mes chaises bien entendu. J’ai finalement réussi à les différencier. Et puis la police est arrivée. Et ils ont tout mélangé. Du coup, de mon lit j’arrivai à voir ma troisième chaise, mais celle là, je ne parviens toujours pas à me souvenir de quelle couleur elle était. Soit jaune, soit noire, ça c’est une chose certaine.
Désormais je ne suis plus seul. J’ai un compagnon de cellule formidable. Nous échangeons nos nouvelles et participons à des lectures et des concours de poésie. Son écriture est légère et pleine de lyrisme. Nous discutons mobilier et excrément également. Malgré l’excellente compagnie qu’il m’a été donné de rencontrer ici, j’en viens tout de même à regretter mes chaises. Heureusement, je peux lire et ne rien faire à loisir dans ma nouvelle résidence.
Notre rencontre fut brève, mais d’une intensité remarquable. Vous m’aviez ouvert la porte, superbe. Je vous avais offert des tulipes rouges en vous disant que vous étiez aussi belle que je me l’étais imaginé. Vous aviez alors enfourné deux fleurs dans votre bouche. Les lèvres débordantes de pétales, vous m’aviez sourit. Je vous avais donc explosé la tête d’une balle de Colt à bout portant. Je vous serai gré de pardonner mon empressement à ce moment précis. Mais vous sembliez si heureuse que j’ai voulu vous laisser partir sur cette dernière impression.
Mlle Moche, laissez moi vous dire que vous aviez un goût excellent. Je me suis permis de faire le tour du propriétaire une fois ma lubie pleinement accomplie. Le vin que j’ai trouvé sur votre table est sans doute le meilleur vin que j’ai jamais goûté de ma vie. Un château Margaux si je me souviens bien. Une excellente année de surcroît. Il est dommage que vous n’ayez pas pu profiter un peu plus longtemps de cette vie hypocrite et confortable. Mais que voulez-vous, je n’aime pas faire les choses à moitié, surtout une fois que j’ai décidé de faire quelque chose (ce qui est assez rare).
Bref, je tenais à vous remercier de m’avoir permis de vous tuer, et aussi pour le verre de vin. Vous pouvez donc reposer en paix. Pour ma part, je m’en retourne à mes lectures.
Bien à vous, M. Leblanc, votre assassin.
22 rue Saint-Abri
92220 Bagneux
Bonjour,
Si vous parvenez à lire ces lignes Mlle Moche, c’est que je suis un très mauvais assassin. Il faut dire que je ne suis pas doué pour grand-chose, à part bien sûr ne rien faire, et être con. Mais cela je vous l’avais déjà expliqué dans ma première lettre.
La jaune est près du pc et la noire est près de la table. Je vous parle de mes chaises bien entendu. J’ai finalement réussi à les différencier. Et puis la police est arrivée. Et ils ont tout mélangé. Du coup, de mon lit j’arrivai à voir ma troisième chaise, mais celle là, je ne parviens toujours pas à me souvenir de quelle couleur elle était. Soit jaune, soit noire, ça c’est une chose certaine.
Désormais je ne suis plus seul. J’ai un compagnon de cellule formidable. Nous échangeons nos nouvelles et participons à des lectures et des concours de poésie. Son écriture est légère et pleine de lyrisme. Nous discutons mobilier et excrément également. Malgré l’excellente compagnie qu’il m’a été donné de rencontrer ici, j’en viens tout de même à regretter mes chaises. Heureusement, je peux lire et ne rien faire à loisir dans ma nouvelle résidence.
Notre rencontre fut brève, mais d’une intensité remarquable. Vous m’aviez ouvert la porte, superbe. Je vous avais offert des tulipes rouges en vous disant que vous étiez aussi belle que je me l’étais imaginé. Vous aviez alors enfourné deux fleurs dans votre bouche. Les lèvres débordantes de pétales, vous m’aviez sourit. Je vous avais donc explosé la tête d’une balle de Colt à bout portant. Je vous serai gré de pardonner mon empressement à ce moment précis. Mais vous sembliez si heureuse que j’ai voulu vous laisser partir sur cette dernière impression.
Mlle Moche, laissez moi vous dire que vous aviez un goût excellent. Je me suis permis de faire le tour du propriétaire une fois ma lubie pleinement accomplie. Le vin que j’ai trouvé sur votre table est sans doute le meilleur vin que j’ai jamais goûté de ma vie. Un château Margaux si je me souviens bien. Une excellente année de surcroît. Il est dommage que vous n’ayez pas pu profiter un peu plus longtemps de cette vie hypocrite et confortable. Mais que voulez-vous, je n’aime pas faire les choses à moitié, surtout une fois que j’ai décidé de faire quelque chose (ce qui est assez rare).
Bref, je tenais à vous remercier de m’avoir permis de vous tuer, et aussi pour le verre de vin. Vous pouvez donc reposer en paix. Pour ma part, je m’en retourne à mes lectures.
Bien à vous, M. Leblanc, votre assassin.
samedi 2 mai 2009
Un jour votre voisin vous tuera...Et vous adorerez ça! (4)
A l’intention d’Adrien Leblanc
25 rue Saint-Abri
92220 Bagneux
Bonjour,
Je ne connaissais pas la teneur exacte de votre mobilier, mais désormais j’en ai une idée plus précise. Je vous remercie encore pour cette dernière lettre. Je tenais d’ailleurs à vous dire que je vous avais aperçut en rentrant chez moi hier soir sur les coups d’une heure du matin. Vous faisiez du roller en robe de chambre dans notre rue. Je ne vous ai pas fait signe, de crainte de vous déranger. Vous avez l’air d’être un homme fort intéressant. En d’autres circonstances, je vous aurai invité à prendre le thé afin de partager notre goût commun pour la décoration. Mais dernièrement, je suis particulièrement accaparé par mon travail.
M. Leblanc, avez-vous déjà vu cette affiche dans la rue ? Celle avec un petit teckel au poil roux qui mange son caca en souriant. Il y a une inscription en grandes lettres blanches : « Mangez bio !Mais pas n’importe quoi… ». Plus bas on peut voir un pack de yaourts Oga auréolé de lumière blanche.
J’aime beaucoup cette publicité, elle est de moi. Oui, j’ai couché avec un stagiaire, je lui ai volé l’idée, et ensuite je l’ai licencié : donc elle est de moi. Tout le staff a applaudi pendant ma présentation. Le client était aux anges. Il m’a invitée à dîner le soir même pour que l’on couche ensemble. J’ai accepté car cela fait partie de mon travail.
J’aime beaucoup cette publicité, car l’idée est de moi. Les gens admirent mon travail, ainsi que mon visage, mes fesses et ma poitrine.
Selon vous, combien de personnes peut-on licencier d’un coup ? Je crois que je vais essayer de m’en rendre compte par moi-même demain.
J’espère que vous n’avez pas oublié que vous deviez m’assassiner ? Ne m’en veuillez pas, mais je suis très stricte sur les horaires et les rendez-vous. Pourtant dans mon travail, les gens arrivent à n’importe quelle heure de la journée pour faire acte de présence et justifier leur paye astronomique de créatif dans le vent. Mon emploi du temps est surchargé, et je ne saurai dégager d’autre jour pour notre petite affaire. J’attends de vous, beaucoup plus que de ces crétins. Je vous invite donc à me rendre visite à 21H30 Dimanche prochain. En espérant que cet horaire vous conviendra, je dois désormais vous laisser. J’ai en effet des affaires urgentes à régler.
A dimanche M. Leblanc, en attendant, portez-vous bien.
25 rue Saint-Abri
92220 Bagneux
Bonjour,
Je ne connaissais pas la teneur exacte de votre mobilier, mais désormais j’en ai une idée plus précise. Je vous remercie encore pour cette dernière lettre. Je tenais d’ailleurs à vous dire que je vous avais aperçut en rentrant chez moi hier soir sur les coups d’une heure du matin. Vous faisiez du roller en robe de chambre dans notre rue. Je ne vous ai pas fait signe, de crainte de vous déranger. Vous avez l’air d’être un homme fort intéressant. En d’autres circonstances, je vous aurai invité à prendre le thé afin de partager notre goût commun pour la décoration. Mais dernièrement, je suis particulièrement accaparé par mon travail.
M. Leblanc, avez-vous déjà vu cette affiche dans la rue ? Celle avec un petit teckel au poil roux qui mange son caca en souriant. Il y a une inscription en grandes lettres blanches : « Mangez bio !Mais pas n’importe quoi… ». Plus bas on peut voir un pack de yaourts Oga auréolé de lumière blanche.
J’aime beaucoup cette publicité, elle est de moi. Oui, j’ai couché avec un stagiaire, je lui ai volé l’idée, et ensuite je l’ai licencié : donc elle est de moi. Tout le staff a applaudi pendant ma présentation. Le client était aux anges. Il m’a invitée à dîner le soir même pour que l’on couche ensemble. J’ai accepté car cela fait partie de mon travail.
J’aime beaucoup cette publicité, car l’idée est de moi. Les gens admirent mon travail, ainsi que mon visage, mes fesses et ma poitrine.
Selon vous, combien de personnes peut-on licencier d’un coup ? Je crois que je vais essayer de m’en rendre compte par moi-même demain.
J’espère que vous n’avez pas oublié que vous deviez m’assassiner ? Ne m’en veuillez pas, mais je suis très stricte sur les horaires et les rendez-vous. Pourtant dans mon travail, les gens arrivent à n’importe quelle heure de la journée pour faire acte de présence et justifier leur paye astronomique de créatif dans le vent. Mon emploi du temps est surchargé, et je ne saurai dégager d’autre jour pour notre petite affaire. J’attends de vous, beaucoup plus que de ces crétins. Je vous invite donc à me rendre visite à 21H30 Dimanche prochain. En espérant que cet horaire vous conviendra, je dois désormais vous laisser. J’ai en effet des affaires urgentes à régler.
A dimanche M. Leblanc, en attendant, portez-vous bien.
vendredi 1 mai 2009
Un jour votre voisin vous tuera...Et vous adorerez ça! (3)
A l’intention de Joëlle Moche
22 rue Saint-Abri
92220 Bagneux
Bonjour,
Tout d’abord, je vous prie d’excuser, mademoiselle, ma maladresse concernant votre prénom. Ne sortant que rarement de mon appartement, et à des horaires assez aléatoires, il ne m’a jamais été donné de vous rencontrer en personne. Je profiterai donc de notre prochaine rencontre pour vous admirer à loisir.
Le saviez vous Mlle Moche? Il y a deux chaises chez moi. Enfin non, il y en a quatre. Deux jaunes et deux noires. La nuit, on fait mal la différence. Hier soir, je regardais mes deux chaises, car je n’en avais que deux dans mon champ de vision. Il y en avait une jaune, et il y en avait une noire, mais je n’arrivai pas à dire laquelle était noire ou bien laquelle était jaune. Pourtant, cela faisait bien une heure que je les regardais. Mes yeux avaient finis par s’habituer à l’obscurité. Comme je n’arrivais pas à attribuer les couleurs respectives de mes deux chaises, parmi les quatre, alors j’ai regardé ailleurs. Assis sur mon lit, j’ai donc commencé l’étude de mon appartement.
Dans mon appartement, il y a une bibliothèque gris foncé Ikea sur laquelle repose de nombreux et éclectiques ouvrages.
Dans mon appartement, il y a un bureau écru Ikea sur lequel repose l’écran Phillips 14 pouces de mon ordinateur.
Dans mon appartement, il y a une table qui a autrefois appartenu à ma sœur. Sur cette table repose une assiette sale des restes de mon repas. Ce soir j’ai mangé une boîte de maquereau à la moutarde avec une baguette de pain que j’ai acheté au Spaar à deux pas de chez moi.
Dans mon appartement, il y a une lampe a pied Ikea, qui, bien qu’elle soit éteinte impose élégamment sa silhouette malgré l’obscurité.
Dans mon appartement, il y a un frigo. A l’intérieur, il y a du gruyère râpé, du gouda entamé, des saucisses, et du Schwepps agrume. Mon frigo ronronne de temps en temps. Et mon ordinateur aussi, car il n’est jamais éteint.
Dans mon appartement, il y a deux chaises Ikea. Enfin non, il y en a quatre. Deux jaunes et deux noires. Mais de mon lit, je n’en voit que deux.
Mlle Moche, je suis seul et j’en crève. Alors je vais vous tuer.
Amicalement, M. Leblanc, votre assassin.
22 rue Saint-Abri
92220 Bagneux
Bonjour,
Tout d’abord, je vous prie d’excuser, mademoiselle, ma maladresse concernant votre prénom. Ne sortant que rarement de mon appartement, et à des horaires assez aléatoires, il ne m’a jamais été donné de vous rencontrer en personne. Je profiterai donc de notre prochaine rencontre pour vous admirer à loisir.
Le saviez vous Mlle Moche? Il y a deux chaises chez moi. Enfin non, il y en a quatre. Deux jaunes et deux noires. La nuit, on fait mal la différence. Hier soir, je regardais mes deux chaises, car je n’en avais que deux dans mon champ de vision. Il y en avait une jaune, et il y en avait une noire, mais je n’arrivai pas à dire laquelle était noire ou bien laquelle était jaune. Pourtant, cela faisait bien une heure que je les regardais. Mes yeux avaient finis par s’habituer à l’obscurité. Comme je n’arrivais pas à attribuer les couleurs respectives de mes deux chaises, parmi les quatre, alors j’ai regardé ailleurs. Assis sur mon lit, j’ai donc commencé l’étude de mon appartement.
Dans mon appartement, il y a une bibliothèque gris foncé Ikea sur laquelle repose de nombreux et éclectiques ouvrages.
Dans mon appartement, il y a un bureau écru Ikea sur lequel repose l’écran Phillips 14 pouces de mon ordinateur.
Dans mon appartement, il y a une table qui a autrefois appartenu à ma sœur. Sur cette table repose une assiette sale des restes de mon repas. Ce soir j’ai mangé une boîte de maquereau à la moutarde avec une baguette de pain que j’ai acheté au Spaar à deux pas de chez moi.
Dans mon appartement, il y a une lampe a pied Ikea, qui, bien qu’elle soit éteinte impose élégamment sa silhouette malgré l’obscurité.
Dans mon appartement, il y a un frigo. A l’intérieur, il y a du gruyère râpé, du gouda entamé, des saucisses, et du Schwepps agrume. Mon frigo ronronne de temps en temps. Et mon ordinateur aussi, car il n’est jamais éteint.
Dans mon appartement, il y a deux chaises Ikea. Enfin non, il y en a quatre. Deux jaunes et deux noires. Mais de mon lit, je n’en voit que deux.
Mlle Moche, je suis seul et j’en crève. Alors je vais vous tuer.
Amicalement, M. Leblanc, votre assassin.
mercredi 29 avril 2009
Un jour votre voisin vous tuera...Et vous adorerez ça! (2)
A l’intention d’Adrien Leblanc
25 rue Saint-Abri
92220 Bagneux
Cher Monsieur Leblanc,
Votre lettre m’a particulièrement touché, et je dois vous avouer que je loue le ciel que le sort m’ait désignée à vous. Vous semblez être un homme particulièrement équilibré, sain dans ses lectures, et d’une morale personnelle très stricte. Je ne savais pas que notre voisinage possédait des hommes d’une trempe telle que la votre. J’accepte donc avec une joie certaine votre émouvante déclaration d’homicide. Mais laissez moi vous parler un peu de moi à présent.
Je suis belle. Je suis aussi belle que vous êtes paresseux. Il est dommage que votre choix se soit porté sur moi. Je suppose que vous avez ouvert le botin et cherché un nom au hasard. Joël Moche, est un nom qui sonne plutôt bien vous ne trouvez pas ? C’est sûrement un nom qui a dû vous décider et vous conforter dans votre décision de mettre fin à une vie. Avec un nom pareil, vous êtes vous dit, on ne mérite que de mourir. Le fait que je sois un homme au patronyme si laid a du vous émouvoir, vous désirez me soulager de toute ma misère de Joël Moche. Hélas…C’est une erreur de frappe qu’il faut remercier, et non pas le ciel. Car c’est un vieux pigiste aux yeux fatigués qui vous a guidé vers moi en oubliant deux lettres de mon prénom. Je vous sens fébrile. Et oui, mon nom est Joëlle Moche. Vous redouteriez de tuer une femme ? Ne vous arrêtez pas à un si petit détail. Le fait que je possède 2 chromosomes X ne devrait pas ébranler votre implacable détermination. Si vous avez décidé de me tuer par envie, moi j’ai envie d’être tué. Vous êtes donc fort bien tombé Monsieur Leblanc. Mais oublions cette affaire pour le moment, je désirerai vous donner un peu plus de détail sur ma vie.
Je suis donc incroyablement belle. La vie a un sens de l’humour très particulier. Quand deux êtres aussi laids qu’imbéciles s’unissent et donnent naissance à un poupon exquis et éveillé, c’est que le destin réserve quelque chose de particulier à cet enfant.
J’ai donc passé mon enfance à pousser toujours plus belle et fraîche. Au grand damne de mes parents qui rapetissaient et s’enlaidissaient aux fil des ans. Quand on est un Moche, on a une enfance difficile qui nous forge le caractère me racontai mon père avant que je ne rentre à l’école primaire. Oui, c’est vrai, j’ai eu une enfance particulière. Dans la salle de classe, au premier appel, on m’attendait laide et renfrognée. Mais les rires se turent soudain, quand une main blanche, une présence vaporeuse, une enfant délicieuse, une voix douce et sucrée s’éleva : « Présente ! ». En un mot prononcé, ma venue sur cette Terre avait pris un sens. Les garçons, les filles, les hommes, les femmes. Tous me regardaient comme si j’avais été une apparition. Oui, j’étais présente. Ma seule présence suffisait à justifier mon existence à leurs yeux. Moche devînt soudain le plus beau des noms. Les belles femmes ont un énorme pouvoir sur leur entourage. J’ai pris conscience ce jour là, que j’aurai une emprise sur les gens de mon espèce que personne ne possèderai jamais plus, une fois mon séjour sur cette planète terminé.
Non seulement, j’étais incroyablement belle, mais en plus j’étais doué. Je pouvais donc devenir ce que je souhaitais. Il se trouva que je désirai devenir encore plus influente que je ne l’étais déjà. Je choisis donc de devenir directrice de création en agence de pub. De ce poste, je décide actuellement de ce que les gens voudront acheter demain. Je suis omniprésente, dans les magazines, dans les journaux, à la télévision, dans la rue, dans le métro, dans votre cuisine. Personne ne peut échapper à mon pouvoir. Je suis de plus incroyablement riche. Si l’envie m’en prenait je pourrais acheter n’importe quelle hôtel particulier parisien, pour en faire une résidence secondaire. Il me semble qu’à présent vous avez encore plus envie de me tuer. J’en serai ravie.
Je crois que désormais, je peux vous laisser vous concentrer sur la tache qui vous incombe. Désolé, ce n’est pas une tache, mais une envie. Allez donc jusqu’au bout de votre envie Monsieur Leblanc. Je ne saurai vous retenir. Je dois désormais retourner dominer le monde, et je m’excuse de ne pas pouvoir plus m’attarder dans cette missive.
Au plaisir de notre future rencontre, veuillez agréer, Monsieur Leblanc, mes salutations les plus distinguées.
Joëlle Moche, votre dévouée victime.
25 rue Saint-Abri
92220 Bagneux
Cher Monsieur Leblanc,
Votre lettre m’a particulièrement touché, et je dois vous avouer que je loue le ciel que le sort m’ait désignée à vous. Vous semblez être un homme particulièrement équilibré, sain dans ses lectures, et d’une morale personnelle très stricte. Je ne savais pas que notre voisinage possédait des hommes d’une trempe telle que la votre. J’accepte donc avec une joie certaine votre émouvante déclaration d’homicide. Mais laissez moi vous parler un peu de moi à présent.
Je suis belle. Je suis aussi belle que vous êtes paresseux. Il est dommage que votre choix se soit porté sur moi. Je suppose que vous avez ouvert le botin et cherché un nom au hasard. Joël Moche, est un nom qui sonne plutôt bien vous ne trouvez pas ? C’est sûrement un nom qui a dû vous décider et vous conforter dans votre décision de mettre fin à une vie. Avec un nom pareil, vous êtes vous dit, on ne mérite que de mourir. Le fait que je sois un homme au patronyme si laid a du vous émouvoir, vous désirez me soulager de toute ma misère de Joël Moche. Hélas…C’est une erreur de frappe qu’il faut remercier, et non pas le ciel. Car c’est un vieux pigiste aux yeux fatigués qui vous a guidé vers moi en oubliant deux lettres de mon prénom. Je vous sens fébrile. Et oui, mon nom est Joëlle Moche. Vous redouteriez de tuer une femme ? Ne vous arrêtez pas à un si petit détail. Le fait que je possède 2 chromosomes X ne devrait pas ébranler votre implacable détermination. Si vous avez décidé de me tuer par envie, moi j’ai envie d’être tué. Vous êtes donc fort bien tombé Monsieur Leblanc. Mais oublions cette affaire pour le moment, je désirerai vous donner un peu plus de détail sur ma vie.
Je suis donc incroyablement belle. La vie a un sens de l’humour très particulier. Quand deux êtres aussi laids qu’imbéciles s’unissent et donnent naissance à un poupon exquis et éveillé, c’est que le destin réserve quelque chose de particulier à cet enfant.
J’ai donc passé mon enfance à pousser toujours plus belle et fraîche. Au grand damne de mes parents qui rapetissaient et s’enlaidissaient aux fil des ans. Quand on est un Moche, on a une enfance difficile qui nous forge le caractère me racontai mon père avant que je ne rentre à l’école primaire. Oui, c’est vrai, j’ai eu une enfance particulière. Dans la salle de classe, au premier appel, on m’attendait laide et renfrognée. Mais les rires se turent soudain, quand une main blanche, une présence vaporeuse, une enfant délicieuse, une voix douce et sucrée s’éleva : « Présente ! ». En un mot prononcé, ma venue sur cette Terre avait pris un sens. Les garçons, les filles, les hommes, les femmes. Tous me regardaient comme si j’avais été une apparition. Oui, j’étais présente. Ma seule présence suffisait à justifier mon existence à leurs yeux. Moche devînt soudain le plus beau des noms. Les belles femmes ont un énorme pouvoir sur leur entourage. J’ai pris conscience ce jour là, que j’aurai une emprise sur les gens de mon espèce que personne ne possèderai jamais plus, une fois mon séjour sur cette planète terminé.
Non seulement, j’étais incroyablement belle, mais en plus j’étais doué. Je pouvais donc devenir ce que je souhaitais. Il se trouva que je désirai devenir encore plus influente que je ne l’étais déjà. Je choisis donc de devenir directrice de création en agence de pub. De ce poste, je décide actuellement de ce que les gens voudront acheter demain. Je suis omniprésente, dans les magazines, dans les journaux, à la télévision, dans la rue, dans le métro, dans votre cuisine. Personne ne peut échapper à mon pouvoir. Je suis de plus incroyablement riche. Si l’envie m’en prenait je pourrais acheter n’importe quelle hôtel particulier parisien, pour en faire une résidence secondaire. Il me semble qu’à présent vous avez encore plus envie de me tuer. J’en serai ravie.
Je crois que désormais, je peux vous laisser vous concentrer sur la tache qui vous incombe. Désolé, ce n’est pas une tache, mais une envie. Allez donc jusqu’au bout de votre envie Monsieur Leblanc. Je ne saurai vous retenir. Je dois désormais retourner dominer le monde, et je m’excuse de ne pas pouvoir plus m’attarder dans cette missive.
Au plaisir de notre future rencontre, veuillez agréer, Monsieur Leblanc, mes salutations les plus distinguées.
Joëlle Moche, votre dévouée victime.
mardi 28 avril 2009
Un jour votre voisin vous tuera...Et vous adorerez ça! (1)
A l’intention de Joël Moche.
22 rue Saint-Abri
92220 Bagneux
Bonjour, je suis con.
Enchanté de faire votre connaissance. Vous êtes très jolie, vous savez ?
Qu’est-ce que je fais dans la vie ? Je suis con. C’est ma profession. Ce n’est pas un travail pour vous ? Figurez-vous que ça me demande énormément de temps et d’effort pour rester au top de ma profession. Ce n’est pas donné à tout le monde d’être aussi insouciant et imbécile que moi.
Si j’en suis fier ? Oui, assez. Je crois deviner que ma profession ne vous plaît pas. Vous devez me prendre pour un con, et j’en serai flatté. C’est mon boulot après tout. Revenez mademoiselle, la soirée ne fait que commencer.
Quarante trois. C’est le nombre de gouttes de buée qui perlent le long de ma pinte. Elle doit avoir un goût dégueulasse maintenant…J’aurai du la boire au lieux de compter l’inutile. Mais que voulez-vous, à force de suivre mes envies immédiates je me retrouve souvent à faire des choses inutiles. Perdre mon temps est mon passe-temps favori. Je dirai même que c’est mon style de vie. Les gens qui me connaissent ne font plus attention. C’est dommage, je suis assez incroyable comme mec pourtant. J’aimerai qu’on remarque à quel point je suis différent, mais c’est peut-être parce que nous faisons parti d’une génération d’êtres blasés par la vie. Plus rien ne nous étonne. C’est tellement frustrant d’avoir la certitude que plus rien ne peut nous surprendre, alors on devient aigri et cynique.
Heureusement que j’ai des passions dans la vie. J’aime chier ! J’adore ça. Je passe le plus clair de mon temps le cul posé sur une cuvette. J’aime aussi manger. Une passion bien utile quand on aime chier autant que moi. Ensuite…Et bien c’est à peu près tout. Je sais être plus intéressant que ça d’habitude. Je ne suis pas très en forme en ce moment. J’essayerai de faire mieux la prochaine fois.
Un inconnu vous offre une fleur dans la rue, que faites-vous ? La fille de mes rêves répondra à tous les coups : « Je la mange ! ». Un jour où je ne serai pas occupé à ne rien faire, j’irai offrir des fleurs à des inconnues dans la rue, pour trouver ma future femme. Un être avec qui je pourrai partager des expériences absurdes et dénuées d’utilité. Une vie d’oisiveté nourrie par l’étrange et la paresse dynamique. Oui, dynamique ! Car j’ai beau être flemmard et oisif, je le suis en mouvement. Oui monsieur ! Je vous apprends quelque chose apparemment : on peut glander activement. Saviez-vous que l’on pouvait jouer à la console 12 heures d’affilé sans se rendre compte que l’on est nu comme un ver et que la porte de son appartement est grande ouverte ?
J’aime les femmes. Mais j’aime la flemme. Ce n’est pas très compatible. Pour trouver une compagne, il faut avoir un minimum de combativité. Ce dont je suis totalement exempt. Comment je fais alors pour me dégoter une copine ? Bah, étrangement, je ne fais rien. Ca prend du temps mais ça marche. Je passe mon temps à ne rien tenter. En effet, je suis bien trop maladroit pour réussir quelque chose que je désire volontairement. Je me laisse donc porter par le courant des choses. Une fille me plaît. Je discute avec elle avec l’intention de devenir son ami. Trois mois plus tard je sors avec elle…Ou bien une autre fille m’aura sauté dessus avant ça. Il ne faut pas être pressé, mais ça marche. Ce n’est ni de la désinvolture ni de la pédenterie : c’est de la paresse. Et puis de toute façon, si un jour je me réveillais avec l’irrésistible envie de déborder d’énergie et de bon vouloir, vous pouvez être sûr que ce serait une journée remplie de déceptions.
Bien, maintenant que mon portrait est tracé dans ses grandes lignes, nous pouvons commencer à rentrer dans le vif du sujet : Mon nom est Adrien Leblanc, et dans dix jours je vais vous tuer.
Pourquoi dix jours ? Et bien, parce que ça sonne bien…Et puis d’ici là j’aurai peut-être oublié ce que je viens de décider. Dix est un nombre qui sonne bien. Ca fait penser aux 10 doigts de la main, ou bien aux 10 orteils, ou bien aux 10 balles qui cribleront prochainement votre corps. Et puis en 10 jours, vous aurez pleinement le temps de dire au revoir à vos proches, et de régler vos affaires en cours. Prenez donc le temps de sentir le parfum des roses, avant de les manger par la racine.
Je suis désolé que le sort vous ait désigné. Mais il faut savoir accepter le destin. En tant que procrastinateur professionnel, la fatalité fait parti des choses auxquelles je crois. Oui, j’ai certaines convictions. Le fait d’être une éponge ne m’empêche nullement de penser et de croire à certaines choses. Figurez-vous que je suis très cultivé. Quand je décide de ne pas faire les choses que je dois faire, et bien je lis la plupart du temps. Je lis tout ce qui me passe sous la main. Je lis Tolstoï, je lis Beigbeder, je lis Bukowski je lis Kant, je lis Hugo, je lis Platon, je lis Duras, je lis Louisa May Alcott, je lis Pratchet, je lis Notomb, je lis J.K Rowling…J’aime lire, peut-être autant que j’aime chier.
Ma bêtise est de suivre mes envies. Aujourd’hui j’ai eu envie de vous tuer, et j’en suis désolé. Mais ma ligne de conduite a toujours été de suivre mon instinct. Je me dois donc d’aller jusqu’au bout de cette envie soudaine. Soyez assuré que je m’appliquerai à la tache du mieux que je le pourrai. Je n’ai encore, en effet, jamais tué personne. Vous serez donc une grande première. Mais si je pêche par l’inexpérience, je me rattraperai par le zèle.
Bien, maintenant que les choses sont dites, je peux retourner à mes activités habituelles…
Bien à vous, Adrien Leblanc, votre assassin.
22 rue Saint-Abri
92220 Bagneux
Bonjour, je suis con.
Enchanté de faire votre connaissance. Vous êtes très jolie, vous savez ?
Qu’est-ce que je fais dans la vie ? Je suis con. C’est ma profession. Ce n’est pas un travail pour vous ? Figurez-vous que ça me demande énormément de temps et d’effort pour rester au top de ma profession. Ce n’est pas donné à tout le monde d’être aussi insouciant et imbécile que moi.
Si j’en suis fier ? Oui, assez. Je crois deviner que ma profession ne vous plaît pas. Vous devez me prendre pour un con, et j’en serai flatté. C’est mon boulot après tout. Revenez mademoiselle, la soirée ne fait que commencer.
Quarante trois. C’est le nombre de gouttes de buée qui perlent le long de ma pinte. Elle doit avoir un goût dégueulasse maintenant…J’aurai du la boire au lieux de compter l’inutile. Mais que voulez-vous, à force de suivre mes envies immédiates je me retrouve souvent à faire des choses inutiles. Perdre mon temps est mon passe-temps favori. Je dirai même que c’est mon style de vie. Les gens qui me connaissent ne font plus attention. C’est dommage, je suis assez incroyable comme mec pourtant. J’aimerai qu’on remarque à quel point je suis différent, mais c’est peut-être parce que nous faisons parti d’une génération d’êtres blasés par la vie. Plus rien ne nous étonne. C’est tellement frustrant d’avoir la certitude que plus rien ne peut nous surprendre, alors on devient aigri et cynique.
Heureusement que j’ai des passions dans la vie. J’aime chier ! J’adore ça. Je passe le plus clair de mon temps le cul posé sur une cuvette. J’aime aussi manger. Une passion bien utile quand on aime chier autant que moi. Ensuite…Et bien c’est à peu près tout. Je sais être plus intéressant que ça d’habitude. Je ne suis pas très en forme en ce moment. J’essayerai de faire mieux la prochaine fois.
Un inconnu vous offre une fleur dans la rue, que faites-vous ? La fille de mes rêves répondra à tous les coups : « Je la mange ! ». Un jour où je ne serai pas occupé à ne rien faire, j’irai offrir des fleurs à des inconnues dans la rue, pour trouver ma future femme. Un être avec qui je pourrai partager des expériences absurdes et dénuées d’utilité. Une vie d’oisiveté nourrie par l’étrange et la paresse dynamique. Oui, dynamique ! Car j’ai beau être flemmard et oisif, je le suis en mouvement. Oui monsieur ! Je vous apprends quelque chose apparemment : on peut glander activement. Saviez-vous que l’on pouvait jouer à la console 12 heures d’affilé sans se rendre compte que l’on est nu comme un ver et que la porte de son appartement est grande ouverte ?
J’aime les femmes. Mais j’aime la flemme. Ce n’est pas très compatible. Pour trouver une compagne, il faut avoir un minimum de combativité. Ce dont je suis totalement exempt. Comment je fais alors pour me dégoter une copine ? Bah, étrangement, je ne fais rien. Ca prend du temps mais ça marche. Je passe mon temps à ne rien tenter. En effet, je suis bien trop maladroit pour réussir quelque chose que je désire volontairement. Je me laisse donc porter par le courant des choses. Une fille me plaît. Je discute avec elle avec l’intention de devenir son ami. Trois mois plus tard je sors avec elle…Ou bien une autre fille m’aura sauté dessus avant ça. Il ne faut pas être pressé, mais ça marche. Ce n’est ni de la désinvolture ni de la pédenterie : c’est de la paresse. Et puis de toute façon, si un jour je me réveillais avec l’irrésistible envie de déborder d’énergie et de bon vouloir, vous pouvez être sûr que ce serait une journée remplie de déceptions.
Bien, maintenant que mon portrait est tracé dans ses grandes lignes, nous pouvons commencer à rentrer dans le vif du sujet : Mon nom est Adrien Leblanc, et dans dix jours je vais vous tuer.
Pourquoi dix jours ? Et bien, parce que ça sonne bien…Et puis d’ici là j’aurai peut-être oublié ce que je viens de décider. Dix est un nombre qui sonne bien. Ca fait penser aux 10 doigts de la main, ou bien aux 10 orteils, ou bien aux 10 balles qui cribleront prochainement votre corps. Et puis en 10 jours, vous aurez pleinement le temps de dire au revoir à vos proches, et de régler vos affaires en cours. Prenez donc le temps de sentir le parfum des roses, avant de les manger par la racine.
Je suis désolé que le sort vous ait désigné. Mais il faut savoir accepter le destin. En tant que procrastinateur professionnel, la fatalité fait parti des choses auxquelles je crois. Oui, j’ai certaines convictions. Le fait d’être une éponge ne m’empêche nullement de penser et de croire à certaines choses. Figurez-vous que je suis très cultivé. Quand je décide de ne pas faire les choses que je dois faire, et bien je lis la plupart du temps. Je lis tout ce qui me passe sous la main. Je lis Tolstoï, je lis Beigbeder, je lis Bukowski je lis Kant, je lis Hugo, je lis Platon, je lis Duras, je lis Louisa May Alcott, je lis Pratchet, je lis Notomb, je lis J.K Rowling…J’aime lire, peut-être autant que j’aime chier.
Ma bêtise est de suivre mes envies. Aujourd’hui j’ai eu envie de vous tuer, et j’en suis désolé. Mais ma ligne de conduite a toujours été de suivre mon instinct. Je me dois donc d’aller jusqu’au bout de cette envie soudaine. Soyez assuré que je m’appliquerai à la tache du mieux que je le pourrai. Je n’ai encore, en effet, jamais tué personne. Vous serez donc une grande première. Mais si je pêche par l’inexpérience, je me rattraperai par le zèle.
Bien, maintenant que les choses sont dites, je peux retourner à mes activités habituelles…
Bien à vous, Adrien Leblanc, votre assassin.
vendredi 24 avril 2009
Auto-portrait Biélorusse
Parce que j'ai jamais compris pourquoi ça s'appelait un portrait chinois, j'ai décidé de rebaptiser ça comme ça. Donc je vais essayer de vous faire comprendre qui je suis en vous parlant succinctement de ces oeuvres qui ont fait de moi et de ma plume ce que nous sommes à l'heure actuelle.
En attendant Godot - Samuel Beckett
J'ai 17 ans et je n'ai jamais vraiment aimé lire. Et puis voilà qu'on me fout cette bombe dans les pattes car elle est au programme. Gloire à l'Education Nationale! Stupéfait, je découvre que bien avant moi, des gens ont cultivé et élevé en art le sens de l'absurde qui m'a toujours été si cher. Luttant contre une littérature et un théâtre figé dans des conventions surannées avec pour seule arme un enchevêtrement de mots, de situations, de dialogues complètement absurdes.
Bref, mon premier déclic.
Frédéric Beigbeder - 99F
Je le découvre tardivement avec 99F, alors que les rumeurs et les critiques se sont étouffées. Je lis ce livre avec un sourire aux lèvres en me demandant ce que ce connard pourra bien inventer de pire. Je lis la trilogie des Marc Marronier en entier et bien malgré moi je deviens fan du petit bourgeois décadent à lunettes. Des phrases chocs qui sonnent comme des slogans de pub. Des situations débiles mais vrai. Un sens de l'ironie, du caustique, de l'humour noir. Il joue avec les mots et fait sonner tout ce qu'il peut de façon accrocheuse, voir parfois racoleuse. Je n'y peux rien: j'aime beaucoup.
Charles Bukowski - Contes de la folie ordinaire
Le vieux Hank je l'ai découvert en école d'ingénieur alors que je commençai à peine à vivre de mes propres ailes. Découvrant ce qui est beau et ce qui est moche. Je lis Conte de la folie ordinaire. Une grande baffe dans la gueule. Ce type est sale et alcoolique. Il parle de baise, d'alcool, de courses hypiques. C'est un vieux dégueulasse qui regarde le monde comme si c'était un gros tas de merde qu'il s'apprêtait à envoyer aux égouts en tirant la chasse d'eau. Un sacré misogine aussi. Mais c'est un génie. Il raconte une vie hallucinante dans des nouvelles plus tordues les unes que les autres. Dans ses bouquins il y a des putes robots, des mecs qui se font rapetisser pour servir de godemichet, des singes volant qui font la course jusqu'à Washington, et surtout que de cuites, des road trip, des femmes et du cul... Des concentrés d'une vie alcoolique, désabusée, mais vécue à fond. Je t'aime vieux salaud!!
Henri Miller - Sexus
Je suis au Japon, dans une ville de merde, avec un boulot de merde. Je suis loin de tout, je me fais chier et je me sens seul. Ma copine me manque et ma vie sociale est misérable. Une amie branché littérature m'avait regardé dans les yeux à Paris et m'avait dit: Lis la trilogie 'La crucifixion en rose' de Henri Miller. Je la connaissais pas vraiment cette bonne femme à vrai dire, mais elle m'avait bien cerné la garce. Je sors 'Sexus' de mon sac. C'est le premier Tome et il est énorme. Ca me fait un peu peur. Et puis je me lance. C'est une auto-biographie qui parle de ses amours et d'une certaine époque de sa vie. Justement, sa vie, elle lui sort pas les trous de nez. Il la transpire par chaque pore de sa peau. La vie, la vrai. Il en déborde et il étouffe dans ce monde de merde où on doit se battre jusqu'à en crever pour faire ce qu'on veut vraiment faire dans la vie. 'Sexus' c'est aussi et surtout une ôde fantastique au sexe et à l'amour. Il n'utilise pas de métaphores à la con à base fleurs et d'abeilles qui butinent. Un chat c'est un chat et une chatte c'est une chatte. Grâce à ces mots, il décrit formidablement la beauté du sexe avec la personne qu'on aime. La passion, la sueur, les peaux brûlantes en friction, l'extase des sens. Il a changé ma plume et ma façon de penser de façon indélébile.
Paul Auster - La nuit de l'Oracle
Un auteur qui parle d'un type qui écrit. Un roman dans un roman. Jeux de mirroirs. L'écriture est fluide et envoutante. Une immersion totale pour peu qu'on ai certaine affinité avec l'écriture. Dans les romans de Paul Auster il plane toujours une atmosphère mystérieuse. Tu ne saurai pas dire comment la magie opère, mais quelque chose va se produire, et cette sensation s'épaissit au fur et à mesure du livre puis explose dans une fin étrange, presque fantastique. Mais la vie est étrange, parfois à tel point que ça n'en est plus réel. Les coïncidences...
Bon bah voilà. Ce sont un peu ces types qui ont fait de moi ce que je suis à l'heure actuelle. Merci les mecs!
N'hésitez pas à mettre la main sur un de ces bouquins, ils sont assez courts (sauf Sexus qui est énorme, mais trooop bien!) et se lisent très facilement.
En attendant Godot - Samuel Beckett
J'ai 17 ans et je n'ai jamais vraiment aimé lire. Et puis voilà qu'on me fout cette bombe dans les pattes car elle est au programme. Gloire à l'Education Nationale! Stupéfait, je découvre que bien avant moi, des gens ont cultivé et élevé en art le sens de l'absurde qui m'a toujours été si cher. Luttant contre une littérature et un théâtre figé dans des conventions surannées avec pour seule arme un enchevêtrement de mots, de situations, de dialogues complètement absurdes.
Bref, mon premier déclic.
Frédéric Beigbeder - 99F
Je le découvre tardivement avec 99F, alors que les rumeurs et les critiques se sont étouffées. Je lis ce livre avec un sourire aux lèvres en me demandant ce que ce connard pourra bien inventer de pire. Je lis la trilogie des Marc Marronier en entier et bien malgré moi je deviens fan du petit bourgeois décadent à lunettes. Des phrases chocs qui sonnent comme des slogans de pub. Des situations débiles mais vrai. Un sens de l'ironie, du caustique, de l'humour noir. Il joue avec les mots et fait sonner tout ce qu'il peut de façon accrocheuse, voir parfois racoleuse. Je n'y peux rien: j'aime beaucoup.
Charles Bukowski - Contes de la folie ordinaire
Le vieux Hank je l'ai découvert en école d'ingénieur alors que je commençai à peine à vivre de mes propres ailes. Découvrant ce qui est beau et ce qui est moche. Je lis Conte de la folie ordinaire. Une grande baffe dans la gueule. Ce type est sale et alcoolique. Il parle de baise, d'alcool, de courses hypiques. C'est un vieux dégueulasse qui regarde le monde comme si c'était un gros tas de merde qu'il s'apprêtait à envoyer aux égouts en tirant la chasse d'eau. Un sacré misogine aussi. Mais c'est un génie. Il raconte une vie hallucinante dans des nouvelles plus tordues les unes que les autres. Dans ses bouquins il y a des putes robots, des mecs qui se font rapetisser pour servir de godemichet, des singes volant qui font la course jusqu'à Washington, et surtout que de cuites, des road trip, des femmes et du cul... Des concentrés d'une vie alcoolique, désabusée, mais vécue à fond. Je t'aime vieux salaud!!
Henri Miller - Sexus
Je suis au Japon, dans une ville de merde, avec un boulot de merde. Je suis loin de tout, je me fais chier et je me sens seul. Ma copine me manque et ma vie sociale est misérable. Une amie branché littérature m'avait regardé dans les yeux à Paris et m'avait dit: Lis la trilogie 'La crucifixion en rose' de Henri Miller. Je la connaissais pas vraiment cette bonne femme à vrai dire, mais elle m'avait bien cerné la garce. Je sors 'Sexus' de mon sac. C'est le premier Tome et il est énorme. Ca me fait un peu peur. Et puis je me lance. C'est une auto-biographie qui parle de ses amours et d'une certaine époque de sa vie. Justement, sa vie, elle lui sort pas les trous de nez. Il la transpire par chaque pore de sa peau. La vie, la vrai. Il en déborde et il étouffe dans ce monde de merde où on doit se battre jusqu'à en crever pour faire ce qu'on veut vraiment faire dans la vie. 'Sexus' c'est aussi et surtout une ôde fantastique au sexe et à l'amour. Il n'utilise pas de métaphores à la con à base fleurs et d'abeilles qui butinent. Un chat c'est un chat et une chatte c'est une chatte. Grâce à ces mots, il décrit formidablement la beauté du sexe avec la personne qu'on aime. La passion, la sueur, les peaux brûlantes en friction, l'extase des sens. Il a changé ma plume et ma façon de penser de façon indélébile.
Paul Auster - La nuit de l'Oracle
Un auteur qui parle d'un type qui écrit. Un roman dans un roman. Jeux de mirroirs. L'écriture est fluide et envoutante. Une immersion totale pour peu qu'on ai certaine affinité avec l'écriture. Dans les romans de Paul Auster il plane toujours une atmosphère mystérieuse. Tu ne saurai pas dire comment la magie opère, mais quelque chose va se produire, et cette sensation s'épaissit au fur et à mesure du livre puis explose dans une fin étrange, presque fantastique. Mais la vie est étrange, parfois à tel point que ça n'en est plus réel. Les coïncidences...
Bon bah voilà. Ce sont un peu ces types qui ont fait de moi ce que je suis à l'heure actuelle. Merci les mecs!
N'hésitez pas à mettre la main sur un de ces bouquins, ils sont assez courts (sauf Sexus qui est énorme, mais trooop bien!) et se lisent très facilement.
Le Poulpe et la Pizza
Au début, je voulais écrire un petit texte sur un poulpe qui voulait manger de la pizza. Un conte initiatique animalier. Un truc du genre révolutionnaire. Mais en y réfléchissant j'arrivais à une impasse parce que les poulpes ça parle pas, et du genre pour commander la pizza c'est quand même galère. Ensuite il pourrait peut être parler mon poulpe, mais la pizza elle serait toute molle dans l'eau et puis la garniture elle se ferait la malle. Et je connais pas des masses de livreurs qui fileraient une pizza à un poulpe. Question de déontologie. Le règlement est tout de même assez strict là-desssus. Ensuite, on pourrait imaginer que le poulpe et le livreur deviennent potes. Oui, par exemple, ils pourraient fumer un petit joint ensemble en buvant des bières, parlant de tout et de rien. De leurs relations passées, que c'est tout de même vachement dur de reconnaitre son môme parmi 20 poulpes tout gluant et tous pareil, et de la difficulté d'insertion d'un animal aquatique dans la société actuelle...De la crise peut être aussi...Et du coup ils deviendraient super potes. Comme ça plus de problème pour payer la pizza. Ca se passerait sur une plage de la cote d'azur et ça serait beau. Il y aurait peut être des enfants, riant et courant main dans la main avec leur maman. Un sourire halluciné aux lèvres car le soleil couchant est violet et parce que les champignons de la régina sont pas très catholiques. Le sable entre les orteils (ou les tentacules), ils s'amuseraient bien et le temps passerait si vite qu'ils seraient le lendemain. Le poulpe squatte l'appartement du livreur et ils matent ensemble Discovery Channel. Puis il s'embrassent comme s'il n'y avait aucun lendemain. Parce que la vie est belle et ils savent très bien que cette relation n'a aucun avenir. Ils font l'amour pour la première et dernière fois. Passionnément. Et puis ils se serreraient très fort dans les bras en pleurant bruyamment tandis que le soleil se lève. Ca y est le poulpe doit repartir. Pirate des 7 mers, roi des fonds marins, et grand rêveur devant l'éternel,. Il y aurait une sonate de Beethoven super triste avec un pianiste qui agite la tête. Le livreur agite la main en criant son nom, et puis lui jette une dernière part de pizza...Un cadeau d'adieu. Ce serait si triste et si beau. Ce serait l'histoire de la vie...
Ce message est sponsorisé par une bonne pinte de Leffe, six mois de chômage et un excellent album d'Hocus Pocus( 73 touches).
Ce message est sponsorisé par une bonne pinte de Leffe, six mois de chômage et un excellent album d'Hocus Pocus( 73 touches).
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